
Après un entraînement disputé sur le central en raison du forfait de Milos Raonic, Andy Murray a tenu sa première conférence de presse en tant que numéro un mondial. Le Britannique a encore beaucoup de mal à réaliser ce qu’il vient d’accomplir.
Andy, ce n’est sans doute pas le scénario auquel vous aviez espéré…
« Je ne m’attendais pas à ça, c’est un peu bizarre ce qu’il s’est produit aujourd’hui (lire ce samedi). On a beaucoup parlé cette semaine : si je gagnais qu’est-ce qui s’est passé… J’ai toujours dit qu’être numéro un mondial ne dépendait pas de cette semaine ni d’une journée mais que cela correspondait à un très long travail sur 12 mois. J’aurais préféré le faire sur le court mais cela reste le fruit de nombreuses années de travail. »
Où étiez‐vous lorsque vous avez appris la nouvelle ?
« J’étais dans les vestiaires. Je regardais les vidéos du match de Milos (Raonic) hier (lire ce vendredi) et Milos est entré dans la salle où nous étions. Alors j’ai vite éteint la tablette (rire) ! Ensuite, il nous a dit qu’il s’était fait mal au quadriceps et qu’il ne pourrait pas jouer. »
Vous parlez de 12 mois de travail, mais c’est aussi 15 ans de travail ?
« Bien évidemment ! C’est quelque chose que je n’avais jamais réalisé et que je ne pensais même pas atteindre. Après Roland Garros et même au début de l’année j’étais tellement loin au niveau des points… Je ne m’attendais pas à réaliser ce que j’ai fait après Roland Garros, où j’étais vraiment triste. Les choses peuvent tourner très rapidement en sport. »
Devenir numéro un mondial est‐il comparable en terme d’émotion que de gagner un Grand Chelem ?
« C’est assez difficile à dire car on se prépare pour les tournois du Grand Chelem où le résultat s’obtient vite, en deux semaines. Pour parvenir à la première place mondiale, il faut beaucoup de temps. D’une certaine manière c’est plus satisfaisant par rapport à l’ensemble de ma carrière. Pour l’instant j’ai du mal à réaliser car c’est arrivé très rapidement. »
Quand vous l’avez entendu, qu’est-ce que vous vous êtes dit ?
« J’ai été assez calme, sans doute à cause de ces conditions assez particulières. Quand un joueur vous dit qu’il abandonne, vous pensez au jour suivant et à ce que vous allez faire. Je n’ai pas vraiment réagi, tout l’inverse de mon équipe. On s’est félicité car on sait à quel point c’était difficile d’arriver jusqu’à cette situation. »
Est‐ce que vous vous rendez compte de ce qui se passe et que le chiffre numéro un sera à côté de votre nom ?
« Je le répète mais c’est difficile à réaliser car la manière a été étrange. Tout ce que j’ai accompli dans ma carrière, les Jeux Olympiques ou les Grands Chelems, n’ont pas été obtenu après un forfait. C’est assez étrange malheureusement. Mais je suis sûr que lundi je me sentirai très bien. Mais je dois faire attention, si jamais j’abandonne je ne suis pas sûr que mes points seront comptabilisés donc je vais garder ma raquette dans mes mains et tout ira bien lundi (rire) ! »
Parfois les joueurs se souviennent de leur enfance, quand ils ont commencé par exemple… Quel a été le déclic pour vous ?
« Quand j’ai débuté le circuit professionnel, je n’imaginais pas devenir numéro un un jour. Je n’y avais jamais pensé. En fait quand je jouais au football avec mon frère ou quand on faisait de la lutte, on imaginait devenir champion du monde mais pas vraiment au tennis (rire). »
Est‐ce que le fait d’avoir engagé Ivan Lendl a été la meilleure décision de votre carrière ?
« Ivan (Lendl) m’a beaucoup aidé, c’est une évidence. Mais Jamie Delgado mérite aussi d’être reconnu car il travaille tout au long de l’année. Il a été là à chaque tournoi. Il est avec moi tous les jours depuis le début de l’année. Il mérite vraiment d’être mis en avant pour le travail magnifique qu’il réalise. Ivan va venir à Londres. Ils se sont parlés avec Jamie. C’est une bonne équipe. »
De votre envoyé spécial à Bercy
Publié le samedi 5 novembre 2016 à 17:41


