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Est‐ce que ça gaze ?

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On ne peut pas décem­ment se plaindre. L’accueil est sympa­thique, le déjeuner est offert, le café est bon, la salle de presse est grise, et l’am­biance est tran­quille. On se croi­re­rait presque dans un sympo­sium sur l’énergie renou­ve­lable, ou un congrès pour les chirur­giens dentistes. Seul souci, on est sur le plus gros tournoi féminin de l’hexa­gone.
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Un tournoi indoor, c’est très souvent une petite catas­trophe, pour les joueuses, les coachs, et aussi les obser­va­teurs. On tourne en rond. On est à la lumière arti­fi­cielle. On manque d’oxy­gène, de sueur, d’émo­tions et surtout de soleil, mais ne parlons pas d’énegie voltaique au pays du gaz naturel, on risque­rait en effet de me « priver » d’ac­cré­di­ta­tion tant ce tournoi est « corporate ». 

Bref, beau­coup de tris­tesse alors que cette semaine devrait être celle d’une grande fête. Fête du tennis féminin, de la grâce, et de quelques autres clichés propres au circuit WTA Tour. En dehors de ce décorum un peu dépassé et presque flip­pant, il vaut mieux donc délaisser le court et aller à la pêche aux infos « off » du circuit. On y apprend par exemple que Verdasco a signé avec Yonex avec à la clé un chèque astro­no­mique, que le Tennis Club de Paris est toujours un lieu où l’on fait des rencontres parti­cu­lières. Que les jour­na­listes améri­cains envoyés par SonyEricsson préfèrent Starbucks à Lavazza, que Donnay est de retour sur les courts avec la cham­pionne Wickmayer. « Oui, j’ai vu ça. D’après nos infor­ma­tions, c’est un belge qui a racheté la marque et qui bricole un peu, il n’y a qu’un Belge pour faire ça » nous glisse un respon­sable d’une marque concur­rente, sourire en coin. 

Denis Naegelen qui vient de reprendre les IS de Strasbourg essaye lui aussi de garder le sien. « Alsacien, il était logique que je m’im­plique dans la reprise de ce tournoi. Je ne pensais pas que cela allait être aussi dur, mais j’ai des idées, et toute mon équipe est motivée, il y a des choses à faire, à inventer. Après, il est vrai que le calen­drier est très sérré ». Amener des cham­pionnes, fran­çaises en plus, à Strasbourg, une semaine avant un tournoi du Grand Chelem n’est évidem­ment pas une mince affaire. « C’est même un vrai exploit » nous confirme un coach renommé. Heureusement, Denis sait ce que se battre signifie. On espère donc vive­ment qu’il parviendra à donner du cachet à cet évène­ment dans une région qui ne parle de sport que pour des affaires sordides.


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A propos de l’auteur

Laurent Trupiano

Laurent Trupiano est jour­na­liste depuis plus de 25 ans, il a travaillé pour divers médias (Le Parisien, Le Point, Radio France), il a été le co‐fondateur de Sport24.com. En 2007, il a créé le maga­zine We Love Tennis et lancé le site Welovetennis.fr en 2013. Aujourd’hui, il est le direc­teur de la rédac­tion des deux supports.