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Malcor : "Dans la défaite, on perçoit le caractère du joueur"



Nathalie Tauziat et Olivier Malcor sont des coaches de joueurs en formation, la défaite n'y a donc pas le même poids. Explications.

Doit-on considérer la défaite comme un échec ?
"C'est presque une question philosophique (sourire). C’est le point de départ. La défaite est très importante, mais n'a pas le même impact en fonction du moment où elle intervient. La défaite d'un joueur abouti de 26-28 ans, qui est déjà sur le circuit et 50ème mondial, n'a rien à voir avec celle d'un jeune de 16-18 ans. Chez ce dernier, la défaite est constitutive de la formation, elle permet d'apprendre. Quand on est plus vieux, elle provoque plutôt une remise en question, qui peut faire du bien ou être délicate à gérer. Quoi qu’il en soit, la défaite se doit d’être appréhendée."

Cela signifie qu'il faut avoir une approche différente pour un jeune ?
"Moi, je pars souvent du postulat suivant : un joueur 50ème mondial perd autant qu’il gagne. Autrement dit, s’il joue une saison entière, c’est du 50-50. C'est une façon d'appréhender la défaite au préalable et de la relativiser. Un jeune joueur s’imagine qu'il doit toujours gagner pour réussir. C’est une grosse erreur ! La victoire amène un côté euphorisant, le joueur en est fier. La défaite provoque une remise en question et indique les points de progression. J’essaie toujours d'orienter l'analyse de la défaite vers les points positifs. « Tu as perdu, mais pourquoi ? Que doit-on mettre en place pour progresser ? » Évidemment, il faut continuer à haïr la défaite ; elle doit faire mal, on doit la détester, mais aussi la comprendre."

Elle doit nous faire mal ?
"Oui, la défaite doit nous toucher au plus profond. Pour moi, il y a les bonnes et les mauvaises défaites. Il y a le match où vous passez complètement à côté en ne répondant pas présent émotionnellement et celui où vous perdez 7-5 au troisième set… Votre discours, en tant que coach, sera totalement différent. C'est dans la défaite qu'on perçoit le caractère du joueur. Pour ma part, j’ai commencé le tennis à 9 ans et, à 14 ans, je prenais encore des 6-0 6-0. Cela ne ma jamais découragé ! Au contraire, c’était une motivation. Chez les joueurs que j’ai entraînés, Llodra, Benneteau ou PHM, j’ai toujours senti cette haine de la défaite avec une incroyable capacité à rebondir. C’est cette qualité de champion qui permet de faire la différence."

Finalement, aborder la notion de défaite est complexe…
"D’autant plus que je ne suis pas sûr que l’on parle de la défaite d'une bonne manière, même chez les coachs. La défaite appartient au processus de formation. Alors, oui, si vous remportez tous vos matchs, vous êtes champion du monde. Mais il ne faut pas oublier que les grands champions ont essuyé des défaites et des grosses désillusions. C’est là qu’ils ont su construire quelque chose de puissant."

Voilà pourquoi la défaite est presque plus importante que la victoire ?
"Il y a des mauvaises victoires. Si vous enchaînez des succès sans bien jouer, sans convaincre, dans des tournois où il n’y a pas d’adversité, vous accumulez de la confiance, certes, mais une confiance éphémère. La véritable progression doit se concentrer sur votre niveau de jeu."

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