GrandChelem Melchior Dejouany : "Le padel se développe partout en Europe"



Melchior Dejouany, l’un des fondateurs de Kaktus Padel, leader des constructeurs de courts de padel en France, revient pour GrandChelem sur le rôle d’accompagnement et de conseil que sa société joue auprès des clubs désireux de s’équiper mais plus largement auprès de toutes les initiatives qui veulent faire avancer cette discipline.

Très souvent, quand il y a une manifestation qui vise à populariser le padel, on constate que le court éphémère est signé Kaktus Padel ?
« Vous dites cela parce que vous êtes Lyonnais et que l’on a monté un court à la Foire de Lyon (rires). Plus simplement, Kaktus Padel n’est pas qu’un constructeur de terrains. Depuis le début de cette aventure en 2014, qui est liée à un véritable coup de foudre pour le padel, on a inscrit dans notre stratégie l’idée de promouvoir ce sport. C’est donc naturel de s’impliquer quand on nous propose des manifestations qui donnent du sens, qui permettent au padel de continuer à se faire connaître. En général, sur une année, on pose 6 à 8 courts éphémères. »

Est-ce que cela fonctionne ?
« Si l’on prend l’exemple de celui posé à la Foire de Lyon, cela a été une vraie réussite. D’ailleurs, j’insiste sur un point précis, ce projet a pu voir le jour car il y a eu une véritable entente entre les clubs de tennis convertis au padel et la structure privée Padel Central Lyon. Sur la durée de la Foire de Lyon, nous sommes parvenus à convertir plus de 1 000 adhérents, ce n’est pas un détail. C’est ce type d’événement qui fait du bien au padel et Kaktus Padel se doit de soutenir ces initiatives. »

Pour en revenir aux terrains, qu’avez-vous observé durant cette année 2016 ?
« Une forte accélération des demandes et aussi des constructions. Il y a un vrai engouement, c’est certain. Pour chaque demande, notre devoir est de bien analyser le projet, ses objectifs et ses moyens. Construire des courts de padel est un choix stratégique. C’est à nous d’aiguiller au mieux nos clients en termes de matériaux, de nombre de courts, d’activation à mettre en place pour insérer correctement cette nouvelle discipline avec son cousin le tennis. »

Et vous êtes écoutés ?
« Plus le temps passe et plus l’objet padel est intégré dans la réflexion des clubs de tennis. Après nous sommes également au cœur des grands projets privés. Pour exemple, nous avons été choisis pour la construction du complexe indoor qui va voir le jour dans le 15e arrondissement de Paris et qui est porté par l’UCPA. On est aussi constamment en contact avec la communauté padel via des compétitions comme la « National Padel Cup », où d’autres tournois qui se mettent maintenant en place un peu partout en France. Je dirais que le mouvement padel est en route. Maintenant, c’est à nous, acteurs de cette discipline, de régler le rythme de croisière, d’accompagner efficacement ce développement. »

On vous sent très impliqué...
« Kaktus Padel n’est pas là pour faire des coups. Nous nous inscrivons dans la durée, on croit depuis le début à cette discipline. Aujourd’hui, on constate que partout où l’on a installé des courts, cela fonctionne, que c’est un relai de croissance pour le club, que cela installe une nouvelle dynamique, que beaucoup de femmes y viennent et que le modèle économique est efficace. »

Pour être plus pragmatique si un club vous contacte pour construire un court, que lui répondez-vous ?
« Qu’un seul court limitera l’activité et qu’il ne pourra pas organiser de tournois ou de cours pour apprendre le padel. Pour nous, la clé de la réussite, c’est au minium deux courts. On l’a vérifié partout, il ne faut pas nier cette réalité. »

Mais cela suppose un financement plus important ?
« C’est vrai. C’est pour cela d’ailleurs que Kaktus Padel est en train de finaliser une offre dite de leasing. Nous la proposerons bientôt à nos clients. Le but est de lisser l’investissement car on sait qu’un club de tennis, souvent municipal, a du mal à trouver le budget, que les circuits de décision sont assez longs. »

En 2020, quel sera le parc de courts de padel en France ?
« Je ne suis pas devin, mais fin 2016, on aura plus de 300 courts. Si ce rythme est maintenu, nous passerons vite le cap des 500. Il ne faut surtout pas limiter le padel aux clubs de tennis, les structures privées, notamment indoor, sont celles qui vont aller le plus loin en termes de service. Sur le territoire, on a encore des zones géographiques qui ne possèdent pas ce type de centres. Or, c’est souvent par eux que l’on découvre le padel, que de nouveaux adeptes, qui ne sont pas liés au tennis, goûtent à cette discipline. Il y a donc un véritable enjeu à ce niveau-là aussi car toute l’année ce sont les structures privées indoor qui font vivre la discipline. »

Rêvez-vous à une croissance comme celle de l’Espagne ?
« Je n’aime pas le mot rêver. On travaille, on structure aussi le marché des constructeurs en intervenant auprès de la Fédération Française de Tennis (FFT) pour qu’une le label PQT devienne la référence et que les clubs puissent avoir une vraie assurance en termes de qualité de fabrication. Enfin, Kaktus Padel va aussi au-delà des frontières. Dernièrement, nous avons construit des courts en Norvège. De toute façon, le padel se développe partout en Europe, c’est un fait. Et là aussi, on veut être un acteur de cette croissance. »

La nouveauté maintenant c’est aussi la création de courts couverts...
« Nos premières réalisations sont déjà en service comme dernièrement au TCM 5 à Lyon. Nous garantissons une hauteur minimum de 8,5 mètres et de 9,5 mètres en pointe, c’est le minimum pour pouvoir vraiment jouer au padel, c’est d’ailleurs les normes de la Fédération Internationale. Il ne faudrait pas que le développement effréné amène certains « promoteurs » à proposer des courts de padel couverts avec une hauteur de 6 mètres par exemple car c’est la nature même de ce jeu, où le lob joue un rôle fondamental, qui serait dénaturée. »

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