L’ancien coach de Stéphane Robert pendant dix ans a un téléphone qui n’arrête pas de sonner en ce moment. Mais comme il a des liens spéciaux avec Welovetennis.fr avec nos célèbres Tennis Box et le E‑Coaching, il a accepté de nous donner en exclusivité un petit entretien. Interview
D’abord est‐ce que tu es surpris de sa performance ?
J’ai travaillé dix ans avec Stéphane, et je sais ce dont il est capable. Il s’est exprimé dernièrement assez longuement dans le journal l’Equipe, cela m’a fait des frissons car au final il utilisait les mots de la méthode Soyez Pro en parlant de détachement, d’estime de soi, d’émotions, et de concentration. Tout cela pour dire que quand Stéphane est dans cet état d’esprit, il est capable de tout. Donc je ne suis pas surpris, on a travaillé pour ça. Je me souviens par exemple de sa victoire face à Ferrer à Johannesbourg, ou encore celle face à Berdych à Roland Garros.
Cela veut dire qu’il a des chances face à Andy Murray..
Là, attention tu me fais une interview en mode l’Equipe (rires). En réalité ce n’est pas cela le plus important parce que oui il a des chances, on a toujours des chances en fait. Ce qu’il y a d’important c’est d’avoir une méthode, de s’y tenir, d’avoir un plan de jeu, de mettre en place une concentration qui permettra de ne pas être polluer par tout ce qui entoure un match et de donner son maximum.
Tu prônes l’autonomie dans le coaching, là tu dois être aux anges ?
Stéphane est un exemple dans ce domaine. Il est autonome, il s’est approprié mon enseignement, il l’a adapté, et surement peaufiné. Chaque fois que l’on se parle c’est d’ailleurs le sujet de notre discussion. Comment encore améliorer sa concentration, et aussi, car c’est le point central surtout à son âge, comment prendre encore énormément de plaisir à faire son « métier » de champion de tennis.
« Savoir dresser son cerveau, c’est maîtriser ses émotions »
Le plaisir, il y a peu de joueurs qui en parlent sur le circuit ?
C’est bien là d’où vient le problème. On nous fait croire qu’il faut bosser comme des chiens pour parvenir à des résultats, qu’il faut absolument souffrir encore et encore, Stéphane prouve le contraire. C’est rassurant, et cela démontre aussi que l’on a pas bossé dix ans dans le « vent » comme certains ont essayé de le faire croire.
On te sens remonté ?
Tu rigoles je pense (rires), je ne suis pas remonté c’est du passé. De toute façon, j’ai toujours cru en ma méthode et cela se confirme à travers mes formations, les rencontres avec les joueurs qui sont à l’écoute de tout ça. Il faut oublier l’idée que pour progresser au tennis, il faut absolument ou tout simplement répéter des heures et des heures de gamme, et que la qualité du travail se mesure au niveau de sa transpiration.
Oui, mais le tennis est un sport répétitif…
Oui c’est vrai, c’est aussi le sport où les temps de repos sont plus importants que les temps de jeu, c’est important d’y penser non ….
Tu as l’air de dire que l’on se consacre trop au temps de jeu…
Tous les efforts sont concentrés sur les temps de jeu, alors qu’il se passe énormément de choses dans le cerveau entre les points, lors d’un changement de côté. Stéphane a donc une approche de ces moments tout à fait optimale, il parvient à rentrer dans un calme qui lui permet d’être à 2000% sur chaque point.
Tous les médias disent que Stéphane est rafraîchissant ?
Mais ca veut dire quoi ? Stéphane a 33 ans, il a été 62e joueur mondial, il était ‑30 à 21 ans, il n’a jamais vraiment été aidé. Son parcours est remarquable, cela devrait être un exemple de professionnalisme, il ne faut pas résumer Stéphane à l’idée qu’il a déjà réservé à chaque tour son billet d’avion pour rentrer chez lui. Je sais que Stéphane s’amuse à faire croire cela. Mais en fait, Stéphane est un requin. S’il est en forme, s’il sent bien les choses, il est capable de tout, vraiment de tout.
Il a dit qu’il avait dressé son cerveau et que cela faisait du bien…
C’est exactement cela. La réflexion amène de la fatigue, une perte d’énergie incroyable. Savoir dresser son cerveau, c’est donc maîtriser ses émotions, prendre du détachement. Après il faut aussi avoir la capacité de sortir de cet état pour aller au combat, car le tennis reste un sport de duel. Tout cela, Stéphane le maitrise parfaitement.
Tu me dis souvent que l’on a résume souvent ta méthode, celle qui a formé Stéphane Robert a un apprentissage du tennis dans les carrés de service..
Oui, j’ai encore quelques fois cette impression, enfin c’était surtout le cas sur le circuit où l’on nous prenait pour des « charlots ». Mais les choses évoluent, le discours du combat permanent et de la fameuse souffrance ne fonctionnent plus car il fait beaucoup de dégâts. Et je sais de quoi je parle car je rencontre beaucoup de joueurs très bien classés qui au final ne savent plus pourquoi ils entrent sur un court ou font encore de la compétition, alors que c’est vraiment le cœur du sujet.
On a bien l’impression que Stéphane Robert sait pourquoi il est parti en Australie..
Ce qu’il y a de paradoxal c’est qu’il ne devait pas jouer, qu’il ne s’était pas qualifié, c’est un signe, presque une récompense. En tout cas, il pourra dire qu’il sait ce que veut dire saisir sa chance.
On suppose que tu seras devant ta télé pour voir son match face à Andy Murray comme un vrai supporter..
Tu as forcément envie que je te dise oui (rires). En fait l’essentiel est ailleurs, après pour être plus pragmatique, je sais que « Steph » ne va pas à l’abattoir, d’ailleurs, il l’a dit, il préfère rencontrer Murray, donc s’il y va c’est pour tout faire pour l’emporter.
La Tennis Box Ronan Lafaix c’est la possibilité de progresser avec sa méthode Soyez Pro, et c’est une exclusivité Kdotennis.com
Publié le dimanche 19 janvier 2014 à 14:49



