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Paul‐Henri Mathieu, la renaissance ?

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A Estoril, Paul‐Henri Mathieu se qualifie pour les quarts de finale en battant l’Allemand Gremelmayr, 6–1 6–4. Une première pour le Français depuis le tournoi de Brisbane, en janvier.

C’est un petit événe­ment sur le circuit ATP, cette saison : Paul‐Henri Mathieu a gagné deux matches de tennis à la suite. La scène se déroule à Munich, ATP 250. Paulo gagne une première fois, contre l’Algérien Ouahab. Mieux, il remporte un deuxième match, contre Gremelmayr, 6–1 6–4, assez faci­le­ment qui plus est. C’est une vraie perfor­mance pour le Français cette saison. En effet, il n’avait plus aligné deux victoires d’af­filée depuis quatre mois et la première semaine de janvier, à Brisbane, où il avait atteint les demi‐finales. Lui qui avait passé un tour à Rome, élimi­nant au passage un David Ferrer en pleine bourre, semble retrouver ses sensa­tions, petit à petit, sur sa surface fétiche, la terre. Il atteint donc les quarts de finale du tournoi, où il retrou­vera une bête noire… Mikhail Youzhny. Le Russe mène 3–0 dans leurs confron­ta­tions directes et l’on se rappelle le trau­ma­tisme de sa défaite en finale de Coupe Davis. Néanmoins, leur dernière rencontre remon­tant à 2003, l’oc­ca­sion est belle de vaincre enfin le signe russe.

Une dégrin­go­lade impressionante

Mais la surprise que provoquent ces deux victoires consé­cu­tives sont signi­fi­ca­tives du malaise que vit Paul‐Henri en ce moment. Depuis plusieurs mois, le Français semble empêtré dans un cercle vicieux. Il y a un an, Mathieu était demi‐finaliste lors de ce même tournoi de Munich et attei­gnait les huitièmes de finale à Roland Garros. Interrogé dans le GrandChelem de mai 2008, il affir­mait, déter­miné : « Mon objectif, c’est de gagner un Grand Chelem. C’est évident. » Un Paulo détendu et sûr de lui, donc, 12ème mondial et qui expli­quait « [avoir] sa chance sur toutes les surfaces. » L’oiseau a déchanté depuis, et s’est même dure­ment écrasé. Mis à part des perfor­mances aux JO et à Metz, l’éternel espoir du tennis fran­çais évolue dans un no‐man’s land effrayant depuis Wimbledon 2008. Des statis­tiques ? Eliminé 6 fois au premier tour, 2 au deuxième, en 11 tour­nois disputés, jusqu’à fin 2008, suivies de 11 défaites pour 11 victoires en 2009. Ce à quoi on peut ajouter une absence notoire de titres depuis Gstaad, en 2007. La sanc­tion a été immé­diate : Paul‐Henri dégrin­gole au clas­se­ment ATP, se situant aujourd’hui à la 39ème place mondiale.

« Il manque une vraie confiance à Paulo »

Le constat et l’im­pres­sion de gâchis qui se dégagent prennent corps dans les sèches mais lucides conclu­sions de son entrai­neur, Loic Courteau, dont vous trou­verez une inter­view exclu­sive dans le prochain numéro de GrandChelem. « Pour aller cher­cher les plus forts, il faut un supplé­ment d’âme, de folie qui fait que l’on passe la barre. Il faut aussi pouvoir accu­muler de la confiance, et la confiance sur le circuit c’est avant tout le fait d’engranger des succès. Aujourd’hui, il n’a jamais pu enchaîner une série. Ca fait toute la diffé­rence. Il manque une vraie confiance à Paulo. » A Estoril, Paul‐Henri a peut‐être l’oc­ca­sion d’emmagasiner cette précieuse confiance, d’au­tant plus s’il venait à battre Mikhail Youzhny. Une situa­tion enfin inté­res­sante, alors que Roland Garros se précise à l’horizon.

A propos de l’auteur

Rémi Cap‐Vert

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.