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L’année de la reconnaissance ?

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Actuellement inscrite au tournoi WTA de Stanford où, en toute logique, elle devrait atteindre les demi‐finales, Marion Bartoli a clai­re­ment passé un cap en cette année 2011. Toujours aussi comba­tive et déter­minée, la Française semble désor­mais avoir beau­coup plus confiance en elle et en son jeu. Après un Roland Garros et un Wimbledon réussis, elle a peut‐être même vaincu ses pires adver­saires : le public et les médias fran­çais qui, depuis quelques années, ne la consi­dèrent pas à sa juste valeur.

Que ce soit dans les médias, ou dans les forums de sites internet réserves au tennis, Marion Bartoli est une joueuse souvent décriée, voire mal‐aimée. Certains prétendent qu’elle est sous l’emprise du seul entrai­neur de tennis qu’elle n’ait jamais connu, son père Walter, d’autres affirment ne pas aimer son jeu, son compor­te­ment trop expensif sur un terrain, les plus aigris l’attaquent même régu­liè­re­ment sur son physique… Bref, force est de constater que Marion Bartoli ne fait pas l’unanimité en France. Pourtant, elle est de loin la joueuse fran­çaise la plus perfor­mante de ces 5 dernières années. En témoigne son palmarès : depuis 2006, elle a remporté 6 tour­nois (Auckland, Tokyo, Québec en 2006, Monterrey et Stanford en 2010, Eastbourne en 2011) et est parvenue en finale à Wimbledon en 2007 (perdue contre Vénus Williams).

Mais, malgré sa belle carte de visite, la joueuse Française continue de manquer de recon­nais­sance. Le fait qu’elle ne repré­sente pas à la France en Fed Cup, dans une équipe qui aurait bien besoin de ses services, joue forcé­ment en sa défa­veur (la joueuse exige d’avoir son père à ses cotés, chose que la fédé­ra­tion continue de lui refuser). Le fait qu’elle fasse preuve depuis quelques années d’une irré­gu­la­rité chro­nique sur le circuit WTA l’a dessert également.
Si le problème de la Fed Cup n’est toujours pas réglé, celui de l’irrégularité de Marion semble défi­ni­ti­ve­ment l’être. Depuis le mois de mai, la joueuse Française a enchainé une finale à Strasbourg, une demi à Roland Garros, une victoire à Eastbourne et enfin un quart à Wimbledon, après avoir sorti en huitième de finale, Serena Williams ! Rien que ça !

Du coup, les détrac­teurs de la joueuse se font moins présents, des médias commencent à recon­naître son talent et même le public de Roland Garros s’est mis à l’encourager vigou­reu­se­ment lors de sa demi‐finale perdue contre Schiavone ! Radieuse, Marion Bartoli affir­mait d’ailleurs ces derniers jours à TENNIS.com qu’elle appré­ciait sa nouvelle noto­riété en France. 2011 est‐elle l’année de la recon­nais­sance pour Marion Bartoli ? Rien n’est moins sur et la n°9 le sait bien. Elle a sans doute moins le droit à l’erreur que d’autres joueuses. Toutefois, avec un nouvel enchai­ne­ment de victoires à Stanford puis à l’US Open, elle pour­rait défi­ni­ti­ve­ment faire taire les mauvaises langues. C’est à elle de jouer.

A propos de l’auteur

Nicolas Gidaszewski

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.