Invité à s’exprimer sur le fameux coup entre les jambes manqué par Corentin Moutet lors de sa défaite face à Collignon à l’occasion du premier match du quart de finale de Coupe Davis face la Belgique, Fabrice Santoro s’est montré indulgent avec le joueur français. Des propos recueillis sur BeinSports.
« Sur le coup, je vais envie de dire à Corentin : ‘Tu n’as pas le droit’. Mais après, Corentin est aujourd’hui 35e mondial par rapport à cette différence, cette particularité et tout ce qu’il représente avec ce tennis différent qui nous fait plaisir à voir, que ce soit à Bercy, Roland‐Garros ou ailleurs. j’aurais préféré qu’il le tente à Tokyo plutôt qu’avec le survêtement de l’équipe de France où il y a une responsabilité différente. Maintenant, ce qui me dérange avec ce coup, c’est qu’il y a un avant et un après. Après ce coup manqué, ça été l’avalanche derrière, avec la double faute, la volée facile. C’est un coup manqué qui l’a déstabilisé parce qu’il y a eu au fond de lui, j’imagine, une culpabilité, il a dû cogiter : ‘mais pourquoi j’ai fait ça, et maintenant c’est un match différent, je n’ai pas le droit de faire ça à mon équipe’. Car c’est un garçon très intelligent. Donc c’est cette culpabilité qui l’a empêché de jouer son meilleur tennis sur la fin de deuxième manche et pendant le troisième set. Quand on a cette audace de tenter dans un moment aussi important un coup, malheureusement on n’a pas le droit de le rater. Zinédine Zidane a réussi sa panenka en finale de Coupe du Monde en 2006, ça tape la barre transversale, ça rebondit 20 centimètres à l’intérieur du but. S’il l’avait raté, c’est 68 millions de français qui l’auraient critiqué. Donc si tu le retentes Corentin, faut le réussir. »
Publié le dimanche 23 novembre 2025 à 15:15