« J’ai l’impression que dans ce tournoi, le seul endroit privé dont nous disposons est le vestiaire. J’ai essayé d’aller dans un endroit où il n’y avait pas de caméras », a regretté Coco Gauff, filmée en train de briser sa raquette après sa lourde défaite contre Elina Svitolina en quarts de finale de l’Open d’Australie.
Les joueuses et les joueurs semblent unanimes sur la question de leur intimité. Après les gros coups de gueule d’Iga Swiatek et de Jessica Pegula, c’est Novak Djokovic qui s’est exprimé à ce sujet en faisant lui aussi passer un message très clair. Sans doute en vain car le Serbe estime qu’un retour en arrière est impossible.
« J’ai vu ce qui s’est passé avec Coco après son match. Je compatis avec elle. Je sais ce que l’on ressent lorsqu’on casse une raquette. Je l’ai fait à plusieurs reprises au cours de ma carrière. Je sais ce que c’est que d’être frustré, en particulier après un match où l’on n’a pas été à la hauteur. Et je suis d’accord avec elle. C’est vraiment triste de ne plus pouvoir s’isoler, se cacher et évacuer sa frustration ou sa colère sans être filmé, mais on vit dans une société où le contenu est roi. Je pense qu’il est très difficile de voir la tendance s’inverser et que l’on supprime les caméras. Il y en aura même sans doute plus à l’avenir. Franchement, je suis surpris qu’il n’y ait pas de caméras sous la douche. C’est probablement la prochaine étape. Je suis contre cela. Je pense qu’il devrait toujours y avoir une limite et une sorte de frontière où l’on se dit : c’est l’espace des joueurs. Il y a une demande commerciale : comment les joueurs s’échauffent, ce qu’ils disent à leurs entraîneurs, comment se déroule leur récupération. Ils veulent nous voir arriver en voiture, marcher dans les couloirs… On a pris l’habitude d’être observé par un oeil qu’on n’entend pas et qu’on oublie parfois. C’est effrayant mais nous devons l’accepter car je ne vois pas de retour en arrière. »
Publié le jeudi 29 janvier 2026 à 08:52