Ljubicic compare ses affron­te­ments face à Federer, Nadal et Djokovic : « Contre Rafa, je me sentais plutôt à l’aise. Contre Roger, c’était compliqué car il faisait toujours quelque chose de diffé­rent. Et quand Novak était en forme, c’était peut‐être le plus diffi­cile pour moi »

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Récemment invité sur le podcast de Greg Rusedski (ex‐4e mondial et fina­liste de l’US Open), Off Court with Greg, l’an­cien 3e joueur mondial et actuel direc­teur du haut niveau à la Fédération Française de Tennis, Ivan Ljubicic, a évoqué ses nombreux affron­te­ments face aux membres du Big 3.

Invité à les comparer, le Croate, qui les a d’ailleurs tous battus (2 victoires pour 7 défaites contre Nadal, 3 victoires pour 13 défaites contre Federer et 2 victoires pour 7 défaites contre Djokovic), a pris le temps d’ana­lyser chacune des confron­ta­tions. Et c’est forcé­ment très intéressant. 

« J’avais l’im­pres­sion que contre Rafa, on avait le temps. Il reste loin en arrière sur les retours, donc il vous laisse en quelque sorte faire votre jeu, surtout sur mes services. Je me sentais plutôt à l’aise. Évidemment, j’ai perdu beau­coup plus souvent que je n’ai gagné, mais je l’ai battu deux fois, et j’ai toujours pensé que si je jouais bien, j’au­rais une chance de gagner. Il ne sert pas très fort, donc on était toujours dans les échanges. Je n’ai jamais pensé que c’était impossible. »

« Contre Roger, c’était compliqué, car il faisait toujours quelque chose de diffé­rent. Je me souviens avoir joué contre lui quatre fois en trois mois au début de l’année 2005, lors de la finale à Doha, de la finale à Rotterdam et de la finale à Miami, et chaque match était diffé­rent. Après avoir perdu contre lui, je me suis dit : « OK, main­te­nant je sais ce qu’il faut faire ». Et je me souviens avoir pensé que Rotterdam avait été une grande bataille. À Dubaï, il servait et volleyait plus souvent qu’à son tour. Puis à Miami, il recu­lait et faisait des boucles. C’était toujours un match diffé­rent, il fallait donc s’adapter à lui, et il était toujours meilleur que vous dans ce qu’il faisait. Dans ce sens, c’était vrai­ment très diffi­cile pour moi de jouer contre lui. »

« J’ai joué contre Novak pour la dernière fois en 2010 ou 2011. Il était déjà numéro un ou deux mondial, et quand Novak était en forme, c’était peut‐être le plus diffi­cile pour moi, car j’ai un service puis­sant et je compte beau­coup sur les points gratuits sur mon service, mais avec lui, ce n’était tout simple­ment pas possible. Ce n’était pas seule­ment que je gagnais des points gratuits, mais il reve­nait plus vite que mon service. On avait donc l’im­pres­sion d’être étranglé, car il ne frappe pas de coups gagnants, il vous pousse simple­ment à gauche et à droite, et vous n’avez jamais de coup net. Vous ne vous retrouvez même pas dans une situa­tion où vous pouvez prendre un risque. »