Mansour Bahrami, ancien joueur franco‐iranien : « On m’a dit qu’il fallait que je la ferme, sinon il y aurait des conséquences »

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L’ancien joueur franco‐iranien Mansour Bahrami a accordé une inter­view à L’Equipe dans laquelle il évoque la situa­tion actuelle en Iran et explique pour­quoi il n’y est plus retourné depuis six ans.

Alors que la guerre qui secoue actuel­le­ment le Moyen‐Orient ravive les tensions dans la région, le climat reste parti­cu­liè­re­ment sensible en Iran. 

Installé en France depuis de nombreuses années, Bahrami, devenu une figure popu­laire du circuit à travers ses exhi­bi­tions, confie vivre cette distance comme une douleur intime. 

« C’était le 7 février 2020 et je suis rentré en France la veille du Covid. Depuis, je n’y suis pas retourné malheu­reu­se­ment. Parce qu’à un moment donné, si je retour­nais là‐bas, je pouvais être en diffi­culté. Pendant les mouve­ments ‘Femmes, Vies, Libertés’ (slogan poli­tique repris dans l’en­semble de l’Iran au cours des mani­fes­ta­tions de 2022 qui ont suivi la mort de Mahsa Jîna Amini, une jeune femme kurde de 22 ans assas­sinée par la police des Mollahs), j’ai parlé dans les médias et sur les réseaux. On m’a dit qu’il fallait que je la ferme, sinon il y aurait des consé­quences. Je me suis tu, un peu, mais ma famille me manque, l’Iran me manque. J’y suis allé tous les deux ans, juste 3–4 jours à chaque fois pour voir ma famille, et là ça fait six ans que je n’y suis plus retourné. Parce que si j’y retourne, je peux être arrêté. »

A propos de l’auteur

Baptiste Mulatier

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.