« Novak Djokovic, c’est un peu comme un amour diffi­cile. Tout le monde aime­rait qu’il soit moins exas­pé­rant, plus euro­péen, qu’il dise moins ce qu’il pense. Mais ce n’est pas un ambas­sa­deur comme Federer, lui veut être Napoléon », explique Mariana Enriquez

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Journaliste et roman­cière à succès en Argentine, Mariana Enriquez a été inter­viewée par nos confrères de Clay en marge de le dernière édition de Open d’Australie, en janvier dernier.

Et après avoir fait part de son manque d’en­thou­siasme pour Roger Federer en décla­rant qu’il était « telle­ment correct, telle­ment studieux, telle­ment prévi­sible », la femme de 52 ans a expliqué tout le bien qu’elle pensait de Novak Djokovic, person­nage beau­coup moins lisse que le Suisse. Extraits. 

– Djokovic incarne‐t‐il cette expé­rience quasi reli­gieuse ?
C’est un peu comme un amour diffi­cile. Tout le monde aime­rait qu’il soit moins exas­pé­rant, plus euro­péen, qu’il dise moins ce qu’il pense. Je pense que cela fait partie du fait d’être le numéro trois (derrière Federer et Nadal) et le meilleur. Il a le senti­ment de ne jamais être plei­ne­ment reconnu, et je pense qu’il a raison.

– Ce récit changera‐t‐il un jour ?
C’est possible, car une fois qu’il aura arrêté de jouer, cela deviendra un récit fasci­nant, tout comme celui de Rafael Nadal. Au final, le récit de Federer est celui d’un manne­quin, d’un homme très élégant. C’est un joueur extra­or­di­naire, mais d’un point de vue narratif, Federer est davan­tage un ambas­sa­deur, et Nole veut être Napoléon, pas l’ambassadeur.

A propos de l’auteur

Thomas S

Préférant sacri­fier des après‐midis dehors avec les copains pour suivre Roland‐Garros à la TV, Thomas a toujours eu le désir de vivre de sa passion. C’est par l’écri­ture et le jour­na­lisme qu’il concré­tise son rêve en inté­grant la rédac­tion de We Love Tennis en avril 2017 en tant que pigiste, avant de devenir rédac­teur en chef en août 2021. Une aven­ture vouée à se pour­suivre aussi long­temps que possible.