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Andy Roddick : « Quand Novak Djokovic en parle, ce n’est pas parce qu’il a besoin de plus d’argent. Les gens doivent savoir ce qui se passe »

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La tension est montée d’un cran entre les prin­ci­paux joueurs des circuits ATP et WTA, parmi lesquels Jannik Sinner, Carlos Alcaraz, Alexander Zverev, Aryna Sabalenka, Coco Gauff et Iga Swiatek, et les orga­ni­sa­teurs des tour­nois du Grand Chelem. 

Quelques jours après un commu­niqué commun des joueurs récla­mant une part plus impor­tantes des revenus, notam­ment venant de Roland‐Garros, les numéros 1 mondiaux, Jannik Sinner et Aryna Sabalenka n’ont pas écarté la possi­bi­lité d’un boycott du Grand Chelem pari­sien en cas d’échec des négo­cia­tions.

Impliqué depuis plusieurs années sur ces ques­tions, Novak Djokovic s’est réjoui de voir le sujet revenir au centre des discus­sions„ car selon lui, « le système est conçu de telle manière qu’il ne profite tout simple­ment pas à tous les joueurs de tennis. »

Dans le dernier épisode de son podcast, l’an­cien numéro 1 mondial Andy Roddick a expliqué pour­quoi la situa­tion n’était pas juste selon lui. 

« Si les gains des joueurs ne sont pas calculés au prorata de la crois­sance et comparés à ceux d’autres sports, c’est tout simple­ment embar­ras­sant. Alors oui, les joueurs sont riches et jouent à un jeu. Mais ce n’est pas la réalité pour quelqu’un classé 90e mondial. Il faut voyager, payer ses frais, et on ne touche pas de salaire d’athlète. Pour être clair, les joueurs réclament une part de 22 % des recettes des tour­nois du Grand Chelem. La NBA a fait grève pour un partage de 53–47. Au minimum, les dota­tions doivent augmenter propor­tion­nel­le­ment à cette crois­sance, c’est le strict minimum. De toute façon, les meilleurs joueurs ne tirent pas l’essentiel de leurs revenus des dota­tions. Ce sont les contrats publi­ci­taires. Ça se passe en dehors du court. Quand Novak en parle, ce n’est pas parce qu’il a besoin de plus d’argent. Si Novak en parle, cela fait parler la presse. La presse fait monter la pres­sion. Les gens doivent savoir ce qui se passe. Quand on entend Coco Gauff en parler, ce n’est pas parce qu’elle a besoin d’argent et ce n’est pas parce qu’elle est cupide. C’est la personne la plus mature que j’aie jamais vue à cet âge. »

A propos de l’auteur

Baptiste Mulatier

Accro au sport depuis toujours, Baptiste Mulatier s’est natu­rel­le­ment tourné vers le jour­na­lisme pour raconter les histoires qui le font vibrer. Au fil de sa forma­tion, il a colla­boré avec plusieurs médias, parmi lesquels Le 10 Sport, La Provence, Sport Buzz Business ou encore Foot01, avant de rejoindre We Love Tennis en 2020. Cette même année, il couvre son premier Roland‐Garros, une édition très parti­cu­lière disputée à l’automne en raison de la pandémie. Une expé­rience fonda­trice, point de départ d’une belle aven­ture qui se pour­suit désor­mais depuis six ans.