« On dit de Novak Djokovic qu’il est trop vieux, qu’il est trop fatigué, qu’il est trop clivant. Mais est‐ce qu’on peut être sérieux une seconde ? Est‐ce qu’on peut prendre une minute pour appré­cier sa saison 2026 ? »

« Je constate que beau­coup de gens adorent donner leur avis d’expert en préten­dant savoir exac­te­ment ce qui se passe pour moi, alors qu’ils n’en savent rien », avait lâché Novak Djokovic avant le début du Rolex Paris Masters, puis d’ajouter après sa victoire contre Valentin Vacherot au premier tour : « Pas mal pour un vieux, n’est‐ce pas ? Les gens pensent que je suis trop lent, mais d’une manière ou d’une autre, j’arrive toujours à trouver le moyen de gagner ce genre de matchs. »

Le titu­laire du compte « Service Volée » sur les réseaux sociaux, chro­ni­queur pour Sans Filet, a pris la défense du Serbe de 39 ans, battu par Rinky Hijikata au deuxième tour du Rolex Paris Masters. Et comment ne pas être d’accord avec ses arguments ?

« Les critiques disent de lui qu’il est trop vieux, qu’il est trop fatigué, qu’il est trop clivant. En fait, Novak Djokovic, c’est le Jean‐Luc Mélenchon du tennis, non ? Je viens d’avoir la vision. Bref, on va parler de Novak Djokovic, et je vais vous le dire, je crois que Novak Djokovic vous emmerde. Parce que Novak Djokovic, il n’a pas réussi à se quali­fier aux Masters à 39 ans et tout le monde l’en­voie à la retraite. Mais est‐ce qu’on peut être sérieux une seconde ? Est‐ce qu’on peut prendre une minute, s’il vous plaît, pour appré­cier la saison 2026 de Novak ? Finale à l’Open d’Australie à 38 ans, mais surtout la victoire en demi‐finale contre Jannik Sinner en 5 sets. Une victoire ultra épique, c’est le match de l’année, c’est l’un des matchs de la décennie. Match du tournoi à Roland‐Garros aussi, contre Joao Fonseca. Match du tournoi contre Felix Auger‐Aliassime à Wimbledon. Et là, il y a un mois à peine, il vient de battre Zverev, Medvedev et Alex De Minaur à Pékin, et vous voulez l’en­voyer à la retraite ? J’ai l’im­pres­sion que certains d’entre vous sont en train de confondre la fin de carrière de Venus Williams et celle de Novak Djokovic. Alors oui, honnê­te­ment, je pense qu’il faut juste oublier le 25e grand chelem, et il faut arrêter de lui poser la ques­tion, ça chan­gera rien qu’il ait un 25e grand chelem dans sa carrière, rien. Novak, faut bien garder ça à l’es­prit, il a gagné le droit d’ar­rêter où il veut, quand il veut, et il doit abso­lu­ment rien à personne. Et moi, cette fin de carrière, je trouve qu’elle est touchante, je trouve que c’est une lettre d’amour au tennis, je trouve qu’elle est belle, parce qu’on le voit essayer de résister à l’épreuve du temps. Alors s’il vous plaît, à chaque match qu’il va encore jouer d’ici la fin de sa carrière, arrê­tons de lui parler de retraite, gardons un seul mot en tête, profitez. »

A propos de l’auteur

Baptiste Mulatier

Accro au sport depuis toujours, Baptiste Mulatier s’est natu­rel­le­ment tourné vers le jour­na­lisme pour raconter les histoires qui le font vibrer. Au fil de sa forma­tion, il a colla­boré avec plusieurs médias, parmi lesquels Le 10 Sport, La Provence, Sport Buzz Business ou encore Foot01, avant de rejoindre We Love Tennis en 2020. Cette même année, il couvre son premier Roland‐Garros, une édition très parti­cu­lière disputée à l’automne en raison de la pandémie. Une expé­rience fonda­trice, point de départ d’une belle aven­ture qui se pour­suit désor­mais depuis six ans.