Accueil10 moments inscrits pour l'éternité, de McEnroe à Federer... (2/2)
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10 moments inscrits pour l’éternité, de McEnroe à Federer… (2/2)

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A l’approche de Roland Garros, retour sur dix moments très forts dont le Grand Chelem parisien fut le théâtre. De McEnroe à Federer en passant par les incontournables que sont Noah ou Graf, tous auront marqué de leur empreinte ce tournoi mythique.

5. Steffi Graf, une dernière magistrale

En 1999, Steffi Graf a déjà tout gagné. 21 titres du Grand Chelem au comp­teur, numéro un mondiale pendant 377 semaines et surtout déten­trice du fameux Grand Chelem en 1988 (rempor­tant l’Open d’Australie, Roland Garros, Wimbledon et l’US Open), tous ces éléments font de l’Allemande l’une des meilleures joueuses de l’his­toire du tennis. En 1999, Graf est sur le déclin. Voici deux ans et demi qu’elle enchaîne les bles­sures et les titres se font plus rares. Ce Roland Garros, qui fut son dernier, sera une quin­zaine de résur­rec­tion. Alors que le tennis mondial est désor­mais dominé par Lindsay Davenport et Monica Seles, elle bat succes­si­ve­ment ces joueuses en quarts et en demi‐finales Pour s’of­frir une 30e finale de Grand Chelem, un sommet qu’elle n’avait pas connu depuis sa victoire à l’US Open 1996. Et ce n’est autre que Martina Hingis, numéro un mondiale, qui l’at­tend pour s’ad­juger la victoire. Tout d’abord large­ment dominée, Steffi Graf va parvenir à renverser la situa­tion. Notamment grâce au soutien du public, qui aura joué un rôle très impor­tant dans cette finale. Martina Hingis, qui finira en pleurs, sera même sifflée, à l’issue du match. Roland Garros, le seul tournoi majeur qui manque à la Suissesse, lui échap­pera encore. Menée 4–6 à l’issue du premier set, Steffi Graf remporte donc Porte d’Auteuil son 22e (et dernier) titre du Grand Chelem, sur le score de 4–6, 7–5, 6–2. Pour l’anec­dote, elle annonce à l’issue du tournoi sa liaison avec André Agassi… le vain­queur du tableau masculin. Un couple au sommet ! 

4. Federer, enfin !

Roland Garros, cette plaie ouverte au palmarès de sa Majesté Roger Federer. Rien ne lui résiste, si ce n’est la Porte d’Auteuil. Rafael Nadal est son pire ennemi. 2009, cela fait quatre ans que l’Espagnol le croise sur sa route, et ne lui laisse que des miettes. En 2006, 2007 et 2008, les deux joueurs s’af­frontent en finale. Pour trois sacres du Majorquin. Des défaites qui font d’au­tant plus mal que le Suisse aurait remporté le fameux Grand Chelem sur une année s’il était victo­rieux à Roland. Mais 2009 est l’année de Roger. O miracle, Nadal n’est plus là, éliminé à la surprise géné­rale par Robin Soderling. Enfin, la voie du Suisse est libre. Mais il était écrit que jamais le chemin vers la victoire ne serait dégagé. Premier accroc face à Tommy Haas où, mené deux sets à rien, Roger l’emporte au forceps. Après un combat dantesque en demi‐finales et une victoire 3–6, 7–6(2), 2–6, 6–1, 6–4 sur Del Potro, l’Helvète retrouve le Philippe Chatrier pour une quatrième finale pari­sienne. Le fameux Soderling l’y retrouve. La finale sera sans suspense, tant le Suisse sort le grand jeu pour s’of­frir enfin ce titre si impor­tant à ses yeux. Un ultime coup, la victoire acquise, et Federer fond en larmes sur le court. 6–1, 7–6(1), 6–4. L’Helvète remporte son 14e majeur, un des plus forts émotion­nel­le­ment. Pour l’his­toire, il devient le sixième joueur à remporter au moins une fois chacun des tour­nois du Grand Chelem. Enfin, Roland Garros est dans sa poche. Enfin ! 

3. Noah, du soleil comme s’il en pleuvait

En 1983, Yannick Noah arrive à Roland Garros avec un statut de bon joueur de terre battue. Le Français reste en effet sur deux quarts de finale consé­cu­tifs Porte d’Auteuil. Tête de série numéro six du tournoi, « Titi » ne part pas en gran­dis­sime favori, même s’il arrive le moral gonflé à bloc grâce à deux victoires en tournoi, à Hambourg et Madrid. Mais Noah va tout renverser son passage. Effet de surprise, il jouera sur le fait de ne pas être attendu au tour­nant. Lors de ses premiers tours, il prend notam­ment sa revanche sur le Paraguayen Victor Pecci, qui l’avait éliminé deux ans plus tôt. Le grand spec­tacle commence en quarts de finale. Jouant le tennis de sa vie, dans un match d’une inten­sité rare où chaque point est joué comme une balle de match, Yannick Noah résiste à Ivan Lendl, ne lui concède qu’un set et file vers le dernier carré. Un des plus grands matchs dans la carrière de l’ex‐tennisman désor­mais chan­teur. Dans un duel 100% Tricolore, Roland s’en­flamme pour les demi‐finales, qui ne seront cepen­dant d’aucun suspense. Un Noah impé­rial ne laisse que trois jeux (!) à Christophe Roger‐Vasselin. Arrive alors la finale tant attendue. Aucun Frenchie n’a remporté Roland depuis 1946, une éter­nité ! Mats Wilander, tenant du titre et adver­saire de Yannick, aime­rait bien que cette série perdure. Mais il n’en sera rien. Toute la France, les « 50 millions de Noah » comme le titrait L’Equipe, espère un titre du Tricolore. Dans une ambiance survoltée, Noah impose son jeu d’at­taque, basé sur de nombreuses montées au filet. Wilander ne peut contrer. 6–2, 7–5, 7–6(3). Une fois la balle de match remportée, Noah se jette, en larmes, dans les bras de son père et de ses proches. L’une des plus belles images du sport fran­çais. Une étoile était née… mais qui attend toujours son successeur. 

2. Kuerten s’en donne à coeur joie

« Gu‐ga, Gu‐ga, Gu‐ga ! » Des ovations à Roland Garros, Gustavo Kuerten en a connu beau­coup. Lorsqu’il arrive Porte d’Auteuil en 2001, le Brésilien est tenant du titre, dans un tournoi qu’il avait déjà remporté par le passé. Le numéro un mondial se présente donc comme le grand favori à sa propre succes­sion. Son premier fait d’armes se déroule en huitièmes de finale, alors qu’il est opposé au modeste améri­cain Michael Russell, quasi‐inconnu qui dispute là son premier Roland Garros. A la surprise géné­rale, Kuerten est à côté de la plaque. Empilant les fautes directes, il se retrouve mené deux sets à rien. Et doit même sauver une balle de match. Mais un cham­pion ne meurt jamais, et c’est dans ce genre de moments qu’il se réveille. Revenu dans le match après un troi­sième set splen­dide d’in­ten­sité, le Sud‐Américain sonne la révolte et s’im­pose après un combat mémo­rable. C’est alors qu’il dessine un coeur sur le central avec sa raquette. Une image qui fera le tour du monde. « Ce jour là, j’ai éprouvé quelque chose d’in­croyable. Je suis entré en fusion avec le public. C’était magique. » Porté par sa réus­site, Kuerten se peut s’ar­rêter en si bon chemin. Kafelnikov et Ferrero ne le stop­pe­ront pas. Se dresse alors Alex Corretja, un adver­saire qui l’a déjà battu deux fois en cinq rencontres. Montées rava­geuses au filet, présence de tous les instants, lifts agres­sifs… Kuerten produit un tennis de rêve et crucifie l’Espagnol pour s’of­frir un troi­sième Roland, 6–7, 7–5, 6–2, 6–0. Il dessine alors un nouveau coeur sur la terre du Philippe Chatrier. Pour cette fois‐ci s’y allonger, exulter et savourer. Guga, un amou­reux de Roland Garros.

1.McEnroe, le rêve brisé 

1984 est l’année de John McEnroe, numéro un mondial. 82 victoires pour trois défaites en fin de saison, un bilan quasi­ment parfait. Et pour­tant, une de ses défaites restera dans toutes les mémoires. La finale de Roland Garros Lendl‐McEnroe reste en effet l’une des plus légen­daires du tournoi, de par son niveau de jeu mais aussi à cause d’un scénario fou. L’Américain atteint cette année‐là la finale de Roland, un tournoi du Grand Chelem qu’il n’a jamais remporté. Face à lui, Ivan Lendl dit « Le Terrible », numéro deux mondial. Numéro un – Numéro deux. Un duel qui promet, déjà mythique à l’époque. Les deux joueurs se sont affrontés 18 fois, pour dix victoires de McEnroe contre huit pour le Tchécoslovaque. L’avantage psycho­lo­gique est égale­ment pour l’Américain, qui vient de battre Lendl à quatre reprises en 1984 ! De plus, le numéro deux mondial n’a jamais remporté de titre en Grand Chelem, malgré quatre finales, toutes perdues… John McEnroe va donc faire fruc­ti­fier cet avan­tage deux sets durant. Aérien, impé­rial au filet, McEnroe réalise des merveilles sur le court. Il s’en­vole rapi­de­ment au score et mène 6–3, 6–2. C’est alors que la finale s’emballe. Dans une chaleur étouf­fante, alors que le central bouillonne, McEnroe fatigue peu à peu. L’espoir va changer de camp. Moins précis, faisant plus de fautes, le numéro un mondial s’ef­fondre. Le public prend le parti de Lendl, qui effectue un retour au score incroyable. Celui que Jimmy Connors appelle « Chicken » prend alors la direc­tion des opéra­tions et ne la lâchera plus. 3–6, 2–6, 6–4, 7–5, 7–5. Lendl remporte (enfin) son premier titre du Grand Chelem, aux dépends de l’Américain, qui n’aura jamais été aussi proche de le conquérir. Un rêve brisé. 

Ce clas­se­ment reste subjectif. Nous l’avons établi en essayant de tenir compte tant de la portée de l’évé­ne­ment, ce qu’il en reste dans les mémoires natio­nale, mais aussi et surtout inter­na­tio­nale, et l’émo­tion qu’il a généré..