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7. LA REINE, C’EST BARTOLI !

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We Love Tennis, c’est comme un super­marché. On y trouve de tout et de toutes les qualités. Si l’on n’hé­site pas à rire de nous‐mêmes en publiant chaque jour la sélec­tion des « billets les plus NAZES de l’année », l’on vous propose aussi un autre top 10 : celui des meilleurs articles de ces 12 derniers mois. Les mieux informés, les mieux écrits, les plus inté­res­sants, les plus complets, les plus drôles… A compléter avec votre propre sélection !

LA REINE, C’EST BARTOLI !


Par Simon Alves, samedi 06 juillet 2013 à 16:33

Elle a réalisé son rêve. Elle y est allée avec son coeur, ses tripes, sa hargne et sa rage. Meilleure joueuse française depuis qu’Amélie Mauresmo a quitté le circuit, Marion Bartoli lui succède là où elle est allée chercher son dernier titre : dans le temple du tennis à Wimbledon. La tricolore remporte sa finale contre Sabine Lisicki 6–1 6–4 et rentre dans l’histoire du sport français. C’est mérité. Plus d’infos à suivre…

Incrédulité ou euphorie. Surprise ou joie. On ne sait pas, on ne sait plus, on ne saura jamais. L’instant est peut‐être juste à savourer tel quel, comme une belle bouteille de vin qui s’est boni­fiée avec le temps ‑beau­coup de temps – et dont le parfum vous enivre, enfin. C’était telle­ment inat­tendu. C’est un poncif dont on use et dont on usera certai­ne­ment encore long­temps mais : qui aurait parié là‐dessus ? Qui ? Certainement pas nous ! Personne d’ailleurs. A part peut‐être Marion elle‐même. C’est même certain. Mais quand même, après ce début de saison très en dessous de son niveau, sa période de tran­si­tion, son père, Mauresmo, la Fédération… il y avait telle­ment de choses. Et la voilà qui soulève le trophée du plus beau tournoi du monde. Dans le stade consi­déré par beau­coup comme le lieu le plus mythique tous sports confondus. Ca fait beau­coup d’un coup.

A l’expérience

En se quali­fiant pour la finale après un parcours, c’est vrai, que beau­coup estiment simple, Marion Bartoli était entre deux eaux. D’un côté, la Française n’avait pas eu à sortir de tout son tournoi des joueuses mieux clas­sées qu’elle. Mais elle avait déjà l’ex­pé­rience d’une finale jouée ici en 2007. De l’autre côté, Sabine Lisicki a réalisé un Wimbledon de haute facture, sortant tour à tour Stosur, Williams ou encore Radwanska. Un tableau de chasse de qualité. Et un ratio de victoires (3 à 1) favo­rable contre Marion. Quel para­mètre allait rentrer en compte ? Pour le voir, il suffi­sait de regarder les dix premières minutes du match. Malgré un break concédé d’en­trée sur son service, Marion a la main ferme et le regard tout aussi déter­miné qu’en demi‐finale contre Flipkens. Elle reprend direc­te­ment son service derrière pour gagner le suivant. La suite ? Lisicki déjoue complè­te­ment. Surchargée par l’émo­tion de se retrouver en finale d’un tournoi du Grand Chelem, l’Allemande suffoque, ne passe pas ses premières balles – son point fort – et tape la balle à l’emporte pièce. Marion enquille sans sour­ciller les jeux et finit par gagner le premier set faci­le­ment 6–1. L’assistance est abasourdie. Et nous aussi.

Une frayeur pour quelques frissons

Un indi­ca­teur de la diffé­rence d’ap­pré­hen­sion entre les deux joueuses ? Sabine Lisicki profite de la fin du set pour aller au vestiaire. Selon des témoins, elle craque, fond en larmes, se fait violence. Revenue sur le court, elle doit se mettre à servir pour ouvrir le deuxième set. Elle retrouve un peu de couleurs et surtout son sourire pour remporter sa mise en jeu. Mais en face, Marion est toujours aussi accro­cheuse. Dans un jeu où Sabine se procure quatre balles de break, elle tient le coup et égalise. La suite ressemble bizar­re­ment à la première manche. Lisicki déjoue, commence à sangloter de ne pas pouvoir tenir la compa­raison avec son adver­saire qui, elle, semble parfai­te­ment dans son match. Jusqu’à la petite frayeur à 5–2, service à suivre pour Bartoli. La Française commence à voir son bras se tendre. Elle se crispe, sert moins bien et perd son jeu de service. Lisicki n’a plus rien à perdre et pousse pour revenir à 5–4. Les coeurs fran­çais battent à fond. Va‐t‐elle craquer face à l’enjeu ? Marion sautille, se motive et lève sa première balle. Ca passe enfin de nouveau. Enchaînant les bonnes premières, elle se procure trois balles de match. La première suffit. D’un ace sur l’ex­té­rieur du carré adverse, elle chavire et nous avec. Marion Bartoli atteint enfin le but de toute une carrière : remporter un tournoi du Grand Chelem et ainsi succéder à Amélie Mauresmo. 6–1 6–4, pour une finale, c’est expé­ditif. Mais qu’im­porte le score, qu’im­porte la manière – bien qu’elle fut parfaite.

A la fin on ne retiendra que le nom de Miss Marion Bartoli gravé au côté des plus grandes. Et ça restera comme ceci pour l’éternité.

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