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Christophe Briez (Dunlop): « Il est de notre respon­sa­bi­lité de ne pas asphyxier nos partenaires »

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Cet entre­tien est tiré du numéro 75 de We Love Tennis Magazine…

Les marques ont été plus que chahu­tées pendant la période du Covid‐19. C’est aussi le cas de la distri­bu­tion avec des enseignes fermées pendant près de deux mois. Il nous est donc apparu utile d’aller à la rencontre de Christophe Briez, le manager commer­cial France de Dunlop. Une marque emblé­ma­tique, dyna­mique et offen­sive, qui lance un nouveau silo et veut s’appuyer sur le réseau des spécia­listes, celui des experts, pour conti­nuer à grandir et se déve­lopper en France. 

Christophe, quel bilan écono­mique pouvez‐vous dresser suite à cette crise du Covid‐19 ?
Nous étions sur une tendance posi­tive, au‐delà même de nos prévi­sions, jusqu’à mi‐mars, puis tout s’est arrêté de manière si brutale que cela semblait surréa­liste. Notre préoc­cu­pa­tion aujourd’hui est avant tout sani­taire. L’attitude de nos repré­sen­tants doit rester exem­plaire, même si le danger semble s’éloigner. Il suffit de voir ce qui est arrivé à Novak Djokovic récem­ment pour s’en convaincre. Cela dit, je suis réso­lu­ment opti­miste, et chez Dunlop, nous conti­nuons à investir. J’ai étoffé la struc­ture humaine pour garantir un suivi adéquat auprès des maga­sins spécia­lisés et des clubs, nous avons lancé un site B2B en juin et nous main­te­nons le lance­ment de toutes nos nouveautés pour cette fin d’année 2020.

Dunlop est une marque inter­na­tio­nale. Cette crise a‑t‐elle touché de façon uniforme tous les pays ? Certains ont‐ils été plus protégés que d’autres ?
Aucun pays ne peut dire qu’il a été épargné. Mais en Allemagne ou en Hollande, le confi­ne­ment a effec­ti­ve­ment été moins strict et l’activité commer­ciale moins dure­ment touchée qu’en Espagne, en Italie où en France.

Dunlop est proche des maga­sins indé­pen­dants et spécia­listes. Pensez‐vous que ce réseau va être très impacté par ces deux mois d’arrêt ?
Tous les acteurs du marché sont dure­ment touchés. C’est parti­cu­liè­re­ment vrai pour les petits indé­pen­dants, dont plus de la moitié ne dispose que d’un mois de tréso­rerie, voire moins, d’après une étude récente que les marques ont pu consulter. Un confi­ne­ment de près de deux mois et une reprise d’activité très progres­sive vont forcé­ment laisser des traces.

Avez‐vous tout de suite pris des mesures pour alléger la pres­sion écono­mique que va subir ce réseau de spécia­listes ? Qu’avez-vous proposé à ces clients ?
Il est de notre respon­sa­bi­lité de ne pas asphyxier nos parte­naires. Aussi des délais de paie­ment ont‐ils été acceptés chaque fois que néces­saire. Pour les clubs, le carnet de commandes a été aménagé en fonc­tion de l’annulation des tour­nois et des besoins réels. Cela reste un arbi­trage complexe, car chacun doit prendre sa part pour faire face à la pres­sion écono­mique. La capa­cité des marques à encaisser le choc n’est pas illimitée.

C’est souvent en période de crise que l’on doit réin­venter son acti­vité. Pensez‐vous que cette pause liée au Covid‐19 permettra au final un « nouveau départ » de l’activité ?
Nous vivrons encore plusieurs mois dans une forme de « nouvelle norma­lité », où la distan­cia­tion et la prudence seront complè­te­ment inté­grées. Personne ne peut dire combien de temps cela va durer, mais je ne vois pas d’incompatibilité avec la pratique du tennis, bien au contraire ! C’est une disci­pline beau­coup plus en phase avec ce « nouveau monde » que n’importe quel sport collectif. J’espère en tout cas que la fédé­ra­tion et les clubs tire­ront leur épingle du jeu à la reprise en septembre.

Dunlop est une marque histo­rique qui a décidé de réin­vestir le marché du tennis, avec le lance­ment régu­lier de produits inno­vants. Après le silo CX, dont l’ambassadeur est Kevin Anderson, SX porté par Patrick Mouratoglou, le mois de juillet sera celui du silo FX, pouvez‐vous nous en dire plus ?
La raquette est puis­sante et facile à jouer du fond du court, cela parle à un public très large. Notre gamme de raquettes touche doré­na­vant tous les types de joueurs : CX pour le contrôle, SX pour le spin, FX pour la force et la puis­sance. Nous avons remarqué lors des tests que l’ADN des raquettes « Powered by Srixon » reste très orienté contrôle afin de permettre au joueur de jouer en confiance. Cela corres­pond aux besoins du joueur moderne.

Quand et où va‐t‐elle être dispo­nible ? Quel est son posi­tion­ne­ment prix ?
Elle sera dispo­nible dès la rentrée de septembre avec un posi­tion­ne­ment prix très abor­dable pour ce type de raquette premium.

Avec trois silos bien distincts, l’offre raquette vient compléter l’offre de balles déjà reconnue comme la plus quali­ta­tive du marché. Prévoyez‐vous d’autres nouveautés pour la reprise ?
Nous abor­dons la reprise avec une grande confiance, car nous pouvons nous appuyer sur une gamme de balles très complète, dont deux modèles vont inté­grer l’offre dédiée aux clubs. La balle Club sera la balle pres­sion la moins chère du marché, parfai­te­ment adaptée aux petites struc­tures qui ont peu de moyens. Nous relan­çons la balle Tour, haut de gamme, mais qui aura un posi­tion­ne­ment prix très attractif. Deux vraies options qui nous permet­tront d’accompagner au mieux la reprise d’activité.

Je suis égale­ment enthou­siaste concer­nant la gamme textile Iconic qui vient de voir le jour malgré les circons­tances diffi­ciles. Le fitting, les maté­riaux utilisés et le look créent une véri­table rupture avec ce que nous connais­sons jusque‐là. J’ai souhaité que tous nos ensei­gnants sous contrat soient habillés avec cette ligne premium, qui est la même que les joueurs sur le circuit professionnel.

L’investissement de Sumitomo Rubber Industries est aussi très visible sur les cordages. La gamme Explosive, qui prendra sa pleine mesure l’année prochaine, nous permettra de proposer des couples raquettes/cordages adaptés à toutes les mains. D’autres projets inno­vants seront dévoilés avant la fin de l’année, dont un en parti­cu­lier devrait faire du bruit, mais il est encore trop tôt pour en parler. Je lais­serai le soin à We Love Tennis Magazine de l’annoncer en avant‐première. Pour l’instant, place au jeu !

A propos de l’auteur

Laurent Trupiano

Laurent Trupiano est jour­na­liste depuis plus de 25 ans, il a travaillé pour divers médias (Le Parisien, Le Point, Radio France), il a été le co‐fondateur de Sport24.com. En 2007, il a créé le maga­zine We Love Tennis et lancé le site Welovetennis.fr en 2013. Aujourd’hui, il est le direc­teur de la rédac­tion des deux supports.