Rafael Nadal va retrouver Roger Federer en finale de Roland Garros ce dimanche. Pour la 4e fois Porte d’Auteuil, les deux éternels rivaux vont se disputer un titre majeur. Qui ajoutera cette fois une nouvelle réplique de la Coupe des Mousquetaires dans sa collection de trophées du Grand Chelem ?
Comme au bon vieux temps, bon nombre de spécialistes font de Nadal leur favori. Pourquoi ? D’abord parce qu’il a toujours battu le Suisse à Roland, avantage psychologique considérable. « Rafa est plus à l’aise que Roger dans leurs confrontations » rappelle Andre Agassi. Ensuite, par son jeu, sa tactique, son lift et ses défenses incroyables, l’Espagnol a posé, pose, et posera toujours d’énormes problèmes à Federer. Mais attention, le Nadal de cette année n’est plus celui des années 2006–2008. Celui qui découpait ses adversaires jusqu’en finale (seulement 28 jeux perdus dans ses 6 premiers matches en 2008 !) avant de crucifier Roger sur la dernière marche. Et de surcroit, le Federer mode 2011 n’arrive pas non plus dans les mêmes dispositions que lors de ses précédents Porte d’Auteuil.
Alors pourquoi l’issue pourrait‐elle être différente de celle du bon vieux temps ? En clair, pourquoi Roger Federer a‑t‐il cette année plus de chances de battre Rafael Nadal en finale à Roland Garros ? On l’a dit, on le répète, Rafael Nadal semble moins incisif cette saison. Sujet aux déconcentrations en plein match, parfois rattrapé par les fautes et autres erreurs inhabituelles lorsqu’il mène au score, Rafa n’a vraisemblablement plus la même marge de manœuvre qu’auparavant. De son côté, Roger Federer réalise jusqu’ici un parcours exemplaire dans ce Roland 2011. Un seul set de perdu – face à Novak Djokovic -, des matches bouclés en 1h30‐2h jusqu’en demi‐finale et surtout, un tennis retrouvé. « J’ai trouvé Federer éblouissant contre Djokovic » déclare Fabrice Santoro sur RTL. « Il a joué l’un des plus grands matches de sa carrière sur terre battue lors de cette demi‐finale, si ce n’est le plus grand. S’il peut reproduire cette qualité de tennis en finale, je pense réellement qu’il peut battre Rafael Nadal. » Même son de cloche chez Toni, le tonton‐coach, qui se méfie toujours autant du vieux roublard suisse. « Federer a montré vendredi qu’il était un vrai champion sur terre battue. Pour nous, ce n’est pas mieux de jouer Federer que Djokovic car Federer est loin d’être un cadeau. Rafael n’est pas favori. » On n’ira peut‐être pas jusque là. Mais remarquez tout de même que de nombreux éléments plaident en faveur du Suisse. Tenez, le temps par exemple. Il fera gris, pluvieux sur Roland Garros ce dimanche. Comprenez des conditions de jeu humides. Et qui dit terre humide dit lift moins rebondissant. « Dans ces conditions, Federer frappera beaucoup moins de revers au‐dessus de l’épaule mais plutôt à hauteur de hanche » analyse Fabrice Santoro. « Ce qui change beaucoup de choses pour lui. » Un argument à relativiser toutefois, dans la mesure où la terre mouillée reste moins rapide que celle desséchée par le soleil. Et plus c’est lent, plus Rafa défend. Longtemps.
On serait tenté de dire que Roger Federer a son destin en main. Pour ajouter un 17e opus à sa collection de titres du Grand Chelem, le Suisse devra d’abord extrêmement bien servir. Son jeu de jambes comme son implication physique devront être aussi performants qu’en demi‐finale. Il faudra également limiter les fautes tout en attaquant un maximum de balles. Et éviter de se dérégler sur ce revers, si performant en demie. Car en face, Rafa cavalera, sautera, plongera s’il le faut. Sur chaque point, Le Majorquin voudra ramener la balle une fois de plus que son adversaire. Et s’il parvient – en plus – à prendre le jeu à son compte avec son coup droit, l’Espagnol redeviendra très difficile à battre. Comme au bon vieux temps ?
A partir de 15h, suivez la finale en live commenté sur WLT !
Publié le dimanche 5 juin 2011 à 10:45



