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Gilles Simon : « Ce n’est pas dans le 5e set que j’ai déconné »

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4–6 6–3 2–6 6–2 7–5. 3h16. Gilles Simon était amer, mais lucide, en conférence de presse, après sa défaite face à Milos Raonic…

Qu’est-ce qui a fait la diffé­rence selon vous ?
Ce n’est pas facile à expli­quer. On joue pendant long­temps. Je ne sais pas, c’était telle­ment serré. Je crois qu’il a mieux joué aux moments les plus impor­tants, c’est cela qui a fait la diffé­rence. Sinon, l’écart était vrai­ment minime. 

Après Wawrinka, Federer et main­te­nant Raonic, pour la troi­sième fois de suite, vous sortez au 3e tour battu en cinq sets. C’est une malédiction ?
J’aime bien vos ques­tions… Est‐ce qu’on parle des cinq sets que j’ai gagnés entre‐temps ou pas ? Je ne crois pas avoir perdu plus de matches en cinq sets que j’en ai gagnés ici. Après, c’est vrai que cela fait trois fois que je perds en cinq sets, mais contre trois bons joueurs de tennis, on peut dire : Wawrinka, Federer, Raonic. La défaite est dure, bien évidem­ment. C’est sûr que c’est plus facile de sortir en 2010 contre Soderling quand je prends une valise. C’est plus facile à digérer. Maintenant, pour en revenir à la malé­dic­tion, j’es­time que j’ai gagné suffi­sam­ment de matchs en cinq sets pour ne pas me sentir maudit.

Dans le dernier set, vous revenez au bon moment et vous re‐craquez derrière, c’est là où cela bascule ?
C’est vrai qu’on retient souvent les jeux et les points à la fin du match, mais j’ai vrai­ment l’im­pres­sion que s’il y a un moment où je n’ai pas fait ce qu’il fallait, c’était bien plus tôt dans le match et pas au cinquième. Quand j’étais sur une bonne dyna­mique, deux fois dans le match, je l’ai remis dedans bête­ment. La première fois, je fais vrai­ment un mauvais jeu de service, j’ai la chance de le débreaker. Je me dis que ça va aller et je lui redonne tout de suite au quatrième, alors que je viens de finir en trombe. Je commence fanto­ma­tique en lui donnant un break tout de suite. À chaque fois, je n’ar­rive pas à le faire douter. Après, au cinquième, j’ai l’im­pres­sion que c’est lui qui jouait mieux, simple­ment. Donc si j’ai des regrets, ce n’est pas parti­cu­liè­re­ment sur le cinquième set. J’ai un regret, c’est de finir la nuit. On ne voit plus rien et tu as toujours l’im­pres­sion que tu as un mauvais choix à faire en deman­dant à arrêter le match alors que tu n’as pas envie d’ar­rêter mais que tu ne vois plus rien. Il était 21h30 et c’est injouable à cette heure‐là. C’est sûr, sur la fin c’est devenu dur, mais je le répète : je ne pense pas que ce soit là où j’ai déconné aujourd’hui.

Si vous êtes déçu, c’est aussi parce que vous sentiez que c’était vrai­ment jouable aujourd’hui…

J’ai toujours l’im­pres­sion que c’est jouable (Sourire). Quand tu joues ces mecs‐là, c’est toujours jouable, mais c’est toujours dur aussi. C’est pour cela que c’est toujours des défaites qui sont encore plus dures à digérer. Je ne sais pas combien de points il a gagnés, mais les trois‐quarts c’est un service avec un coup droit à finir derrière. A côté de ça, parfois, il fait des fautes, ça sort de huit mètres. Tu te dis « C’est pas possible, je ne vais pas paumer contre lui ». C’est affreux. Mais bon c’est sa force, il continue de le faire et tout d’un coup il en met trois d’af­filée dans le court et c’est souvent sur des points impor­tants. Il arrive à créer cette espèce de pres­sion latente, que tu sens, et qui fait que toi, tu ne peux pas tenter.