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Juan Martin Del Potro, l’homme invisible

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« J’ai décidé de mettre un terme à mon année 2010 pour m’entraîner ces deux prochains mois et commencer 2011 en pleine forme. Je veux revenir à mon meilleur niveau et je vais continuer à bosser dur pour retrouver ce niveau le plus tôt possible. » C’est en ces mots que Juan Martin Del Potro annonçait le terme de sa saison, le 22 octobre dernier.

Une saison qui n’a jamais vraiment débuté. L’Argentin a traversé 2010 comme un fantôme, trainant, en guise de boulet, un poignet douloureux. C’est ce poignet, touché à Shanghai, en 2009, puis Kooyong, lors dune exhibition de pré-saison, qui le pousse aux forfaits successifs après un Open d’Australie décevant. « Ce n’est rien de grave », explique son entraîneur, Franco Davin, juste avant Indian Wells. « Nous attendons le meilleur moment pour recommencer à jouer », continue Diego Rivas, quelques semaines plus tard. « Cette blessure au poignet ne nécessite pas d’opération. »

Les meilleurs peuvent se tromper… Le 9 mai 2009, la nouvelle tombe : « Aujourd’hui, je me fais opérer du poignet droit dans une clinique de Rochester, dans le Minnesota. La période de récupération sera longue et dépendra de beaucoup de facteurs qu’on ne peut pas mesurer pour l’instant. C’est un moment difficile de ma vie. Mais je suis habitué à combattre l’adversité et j’ai la force pour aller de l’avant. »

On se dit « c’était à faire, il l’a fait, tournons-nous vers l’avant ». Et bien non… De retour sur les courts d’entraînement mi-août, un temps en ballotage pour revenir à l’US Open ou pour la Coupe Davis – une performance ! –, il renonce finalement à défendre le plus beau titre de sa carrière. « Je suis extrêmement triste d’annoncer que je ne pourrai pas défendre mon titre à l’US Open. Gagner à New York l’an passé a été mon plus grand accomplissement et le meilleur souvenir de ma carrière. Je suis vraiment désolé pour mes fans, mes sponsors et tous les gens qui me suivent. […] J’ai hâte de revenir à New York en 2011 et je souhaite le meilleur aux organisateurs et aux autres joueurs. »

Une opération et pas d’US Open

Nous voilà fin septembre. Enfin, enfin, enfin ! Il foule à nouveau un court de tennis en compétition officielle, à Bangkok, huit mois après son dernier match. Manque de rythme et pas de miracle, Juan Martin s’incline 7-6(7) 6-4 contre Olivier Rochus. Mais positive : « Le plus important, aujourd’hui, c’est l’état de mon poignet. Et il va parfaitement bien. J’espère jouer cinq ou six tournois d’ici la fin de saison. » Et il est bien présent, la semaine d’après, au tournoi de Tokyo. Où il prend… 3 et 0 face à Feliciano Lopez. Le compte n’y est pas, c’était, en 2010, son sixième match et sa troisième défaite.

Deux semaines de compétition et puis… Rien. Nada. Terminé. C’est d’abord un forfait pour le Masters 1000 de Shanghai. Ugo Colombini, son agent, esquive : «  Le poignet est parfait. Mais Juan Martin a quelques petits problèmes physiques. Il manque un peu de rythme du fait de sa très longue absence. Il y a beaucoup de pression et son corps n’y est plus habitué. » Avant son ultime décision : « J’ai décidé de mettre un terme à ma saison 2010. »

Un calvaire. L’Argentin, 5ème joueur mondial début 2009, termine l’année à la 257ème place. Heureusement, il devrait profiter d’un classement protégé – du moins, s’il a fait les démarches nécessaires –les neuf premiers tournois de l’année – en fait, 10, puisqu’il vient de recevoir une wildcard pour Sydney, ces dernières étant exclues du calcul. Néanmoins, ce classement, correspondant à la moyenne de ses classements les trois premiers mois de sa blessure, il ne lui permettra pas de bénéficier du statut de tête de série. Del Po-Federer ou Nadal, c’est donc possible au premier tour de l’Open d’Australie… Un obstacle, mais finalement minime au regard du bénéfice potentiellement offert par cet « entry protection » : Juan Martin devrait pouvoir disputer tous les tournois qu’il souhaite. S’il s’est bien préparé, si son poignet tient le choc, un bon pactole de points lui est promis avec, en ligne de mire, le retour au plus haut niveau.


Un classement protégé pour 2011

Deux interrogations : on a parlé de problèmes personnels sur la fin de saison – sont-ils réglés, les a-t-il oubliés ? Après une aussi longue blessure, une telle opération sur l’une des zones les plus sensibles et délicates – parviendra-t-il à retrouver son niveau, son physique, ses repères, sa cadence, sa gestuelle si singulière ? Pas de réponse à la première question, attendons 2011. De l’optimisme pour la deuxième, Franco Davin l’affirme : « Je suis confiant sur le fait qu’il rejouera aussi bien qu’avant sa blessure. » Des objectifs ? « On s’en fixe, mais il a passé un an sans jouer et tout est plus difficile maintenant. Mais il est très probable que tous ses rivaux regarderont avec attention leurs tirages, parce que personne ne veut affronter Del Potro. » On veut bien le croire, jusqu’aux tous premiers matches, tant l’incertitude règne sur ses performances à venir. Pourvu que ses conversations avec Martin Palermo portent leurs fruits… Juan Martin avait consulté la légende vivante de Boca Juniors, « car personne ne sait mieux que lui comment revenir meilleur après une blessure » – lui, fracture de la jambe et rupture des ligaments ne l’ont toujours pas poussé à la retraite. « Il est le mieux placé pour expliquer ce que l’on ressent après une opération comme celle-ci, comment récupérer et revenir meilleur. »

Espoirs, espoirs pour Juan Martin Del Potro. En 2009, il avait reçu les clefs de la ville de Tandil après sa victoire à l’US Open ; il a, cet été, racheté la rue dans laquelle il habite ; alors, pour 2011… Une statue sur la Plaza Independencia ? C’est tout le mal qu’on lui souhaite, si ça couronne un retour réussi !

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