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La déception Simon

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Gilles Simon s’in­cline au troi­sième tour à Roland Garros. Une défaite en cinq manches contre Stanislas Wawrinka, 7–5, 6–7(5), 6–7(3), 6–3, 6–2, après un combat qui aura duré 4h37 sur le Suzanne Lenglen. Tour à tour, les deux joueurs ont pris l’as­cen­dant dans la rencontre. Mais à ce petit jeu, c’est le Suisse qui se montre plus fort et qui se donne le droit d’af­fronter Tsonga en huitièmes de finales.

« Il faudra que je sorte un grand match », souli­gnait Stanislas Wawrinka en préam­bule de sa rencontre face à Gilles Simon. Après les paroles, les actes sur le terrain. Simon pourra en témoi­gner après 4h37 d’un match âpre et intense, qui se joue en cinq sets, 7–5, 6–7(5), 6–7(3), 6–3, 6–2. Cinq manches en faveur de Wawrinka. Quant au Français, il est cuit, le visage rouge, les traits tirés… Si PHM a parcouru beau­coup de kilo­mètres contre Isner, Simon aura couru aussi, de droite à gauche, tant le Suisse l’aura baladé sur le terrain. Trop souvent atten­tiste, c’est fina­le­ment logique que le plus entre­pre­nant s’im­pose dans ce match. En l’oc­cur­rence Stanislas Wawrinka avec ses 82 points gagnants et son revers de feu à une main. Un coup long de ligne qui aura planté si souvent le Français sur place. Un régal pour le public, un cauchemar pour le Niçois. 

12 et 16. Deux chiffres à surli­gner dans ce premier set. 12, comme 12 revers gagnants de Wawrinka et 16 minutes comme le temps qu’il a fallu à Simon pour conclure le sixième jeu de cette partie. Deux chiffres qui carac­té­risent bien l’en­semble du duel. Long dans la durée. Grande classe dans le revers du Suisse. Un duel qui tourne d’abord à l’avan­tage de Stanislas qui tente plus. Si Simon tient bien, il finit par craquer. Trop atten­tiste, petit bras, la cadence de Wawrinka finit par faire plier Gillou. Même scénario au début de deuxième round jusqu’à ce que le Français se décide enfin à lâcher les coups, à agresser et à mettre plus de poids dans sa balle. Le public atten­dait cette réac­tion. le jeu de contre attaque si cher à Simon ne fonc­tion­nait pas. Une dyna­mique plus agres­sive qui permet au Niçois de passer devant, d’éga­liser à une manche partout, après un Tie Break parfai­te­ment mené.

S’en suit un véri­table mano à mano entre les deux hommes. C’est serré et ça le sera jusqu’au bout. Le match est rythmé par les coups gagnants du Suisse et les réac­tions du Français. Des réac­tions qui suffisent mais trop légères pour prendre le large. Même quand Simon mène 3–0 dans la troi­sième manche, il se voit reprendre, avant de conclure une nouvelle fois au jeu décisif. Le Français s’en sort bien. Et appuie là où ça fait mal dans le quatrième round. Massé à la cuisse dans le troi­sième set, Wawrinka a l’air mort. Le combat s’al­longe toujours un peu plus dans la durée. Et inter­vient le tour­nant du match. L’opportunité qu’il ne fallait pas louper. Gillou a deux balles pour mener 4–1. Deux points loupés et le trico­lore ne touche plus rien pendant quatre jeux d’af­filée et voit le Suisse refaire son retard et égaliser à deux manches partout. Frustration, décep­tion. Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? La chance était trop belle. Gilles ne s’en remettra pas. Touché physi­que­ment et mora­le­ment, le Niçois est dépassé dans le set décisif, lais­sant son adver­saire dérouler et gonfler ses stats en revers. Malgré une belle résis­tance, Gillou s’in­cline 6–2 dans le cinquième.

En huitièmes de finales, on aura le droit à un remake du troi­sième tour Tsonga‐Wawrinka de 2011. Même stade de la compé­ti­tion, même endroit et un Jo qui aura à coeur de se venger, après avoir échoué l’an dernier, en ayant mené deux sets à zéro. Et de venger son pote Simon pour ne pas laisser Stanislas détruire tous les espoirs fran­çais Porte d’Auteuil.