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La treizième était la bonne

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Pour son trei­zième match face à Roger Federer, Robin Soderling a vain­cu le signe indien, en se mon­trant injouable après un pre­mier set timo­ré. Victoire 3–6 6–3 7–5 6–4 du Suédois, qui gagne défi­ni­ti­ve­ment ses galons de grand du ten­nis. Pour entrer un peu plus dans l’his­toire, il lui fau­dra vaincre un autre grand frap­peur au ten­nis clas­sique et effi­cace, le pro­dige requin­qué Tomas Berdych.

Roger Federer perd gros aujourd’­hui. Son record de demi‐finales en Grand Chelem s’ar­rête à 23. Un détail en com­pa­rai­son avec le risque de perdre son trône de numé­ro un, au pro­fit de Nadal, voire même de Novak Djokovic. Mais Robin Soderling pour­rait bien lui évi­ter cette décon­ve­nue après l’a­voir mys­ti­fié ce mardi.

On pen­sait que Roger Federer n’al­lait pas traî­ner après son suc­cès dans le pre­mier set. Quelques belles amor­ties, des coups droits faciles lâchés après de grosses pre­mières, Federer gagne ses mises en jeu sans sour­ciller, et fait souf­frir Soderling à cha­cune de ses mises en jeu pour brea­ker au meilleur moment et conclure 6–3. Robin Soderling était timo­ré, envoyait beau­coup dans les bâches sans pas­ser par la case court, mais va régler la mire au fur et à mesure d’un match qui va com­plè­te­ment bas­cu­ler. Le ser­vice joue­ra un rôle impor­tant dans le match : celui de Federer se liqué­fie, alors que Soderling va envoyer de plus en plus lourd. Le Suédois breake d’emblée dans la seconde manche, et tient bon tout le second set. Mais c’est sur­tout dans le troi­sième set qu’il va por­ter un coup sévère au Suisse. Intensifiant son emprise sur le match, ren­trant davan­tage dans le court, Soderling sauve une balle de set qui aurait pu être le point de non‐retour à 5–5, d’une belle volée de revers en exten­sion. Il douche Federer après la pluie en brea­kant pour évi­ter de jus­tesse le tie‐break. Soderling tient son exploit, trouve refuge et main­tient son jeu en ébul­li­tion sous sa ser­viette à chaque pause, comme pour mieux lais­ser écla­ter sa rage dans un qua­trième set où il prend défi­ni­ti­ve­ment le dessus.

Le men­tal, la concen­tra­tion et la puis­sance étaient clai­re­ment du côté de Soderling, dont la constance à ser­vir au‐delà des 200 km/h, avec une pointe à 227 km/h, la puis­sance en retour et le coup droit de camion­neur ont écoeu­ré un Federer qui n’a pas trou­vé les armes tac­ti­que­ment pour stop­per l’ou­ra­gan venu du froid, qui ouvre une nou­velle page de son for­mi­dable conte de fées pari­sien. Un livre qui n’est pas près de se fer­mer … à moins qu’un grand tchèque au visage d’elfe et aux frappes robo­tiques, qui se plaît comme lui à détruire ses adver­saires, fasse taire la pou­drière sué­doise. Soderling a gagné une bataille, mais ven­dre­di ce sera la guerre face à Berdych, qui se ver­rait bien en sur­prise de l’é­di­tion 2010 face à la révé­la­tion 2009.

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