AccueilActuLes 4 avocates de la défense : Le tennis féminin stéréotypé ?

Les 4 avocates de la défense : Le tennis féminin stéréotypé ?

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Hantuchova, Dechy, Dementieva et Chakvetadze répondent à la question :

Le tennis féminin est‐il techniquement stéréotypé ?

Daniela Hantuchova

Cela dépend tout de même des joueuses. Bien sûr il y l’école russe, où l’on apprend aux joueuses à frapper la balle le plus fort possible scot­chéessur la ligne de fond de court. Mais vous avez aussi des joueuses comme Amélie Mauresmo par exemple, qui est l’une de celles qui essayent de faire le plus de choses diffé­rentes sur le court. C’est aussi pour cela que Martina Hingis était une des joueuses les plus douées de sa géné­ra­tion. Il n’était pas du tout ques­tion de puis­sance mais de varia­tions. C’est un jeu bien plus inté­res­sant. D’un point de vue personnel, je suis fan de ce style de jeu et j’ai­me­rais que le tennis féminin soit plus dans cette idées de varia­tions, de chops et de montées au filet.

Nathalie Dechy

Mats Wilander est souvent très critique à l’égard du tennis féminin. Il a un oeil sympa sur pas mal de choses, mais je ne pense pas qu’il faille toujours l’écouter. C’est une personne que j’aime beau­coup mais il tombe dans le travers de comparer tennis masculin et féminin. Il y a beau­coup de filles qui déve­loppent un style de jeu un peu stéréo­typé, assez fixe mais le niveau de jeu a vrai­ment augmenté. Ne serait‐ce qu’au niveau du physique des joueuses, elles sont bien plus prépa­rées qu’a­vant. Mats doit quand même recon­naître que la n°1 mondiale a un tennis excep­tionnel, que lorsqu’Amélie gagne ses Grands Chelems c’est en prati­quant un tennis tout en varia­tion. Après je lui concède le fait que les filles montent moins au filet et sont moins puissantes.

Elena Dementieva

Je pense qu’en effet la plupart du temps il n’y a pas de plan B chez les femmes. Elles aiment jouer à leur manière. Si la joueuse est agres­sive elle va appli­quer un jeu agressif jusqu’à la fin du match. Et d’ailleurs je ne trouve pas cela complè­te­ment illo­gique. Vous jouez votre jeu après tout. Chacune a son style et c’est vrai que souvent cela manque de varia­tion. C’est pour ça que c’est très agréable de voir Justine Hénin ou Amélie Mauresmo qui ont énor­mé­ment de coups dans leur raquette, qui peuvent varier leur jeu à l’in­fini et faire la diffé­rence en un seul instant.

Anna Chakvetadze

Pour les hommes c’est facile à dire, ils n’ont jamais joué sur notre circuit. Mais c’est peut‐être un peu vrai. En fait on ne peut pas changer notre manière de jouer en un clin d’oeil. Ca vient douce­ment. Ca dépend de la person­na­lité de chacune. Tu vois, j’ai discuté avec la WTA et ils veulent plus d’ac­tion sur les courts, plus de passion. Mais d’un autre côté on a besoin d’être concen­trées. Par exemple, je pense que nous sommes plus expres­sives que les hommes sur le court. Parfois ça fait du bien de se lâcher, de laisser parler ses émotions mais à certains moments, ça peut juste te déranger, te détourner du match et te faire jouer moins bien que ce que tu devrais.

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