Accueil Actu Mahut : « J’ai ma place sur le circuit »

Mahut : « J’ai ma place sur le circuit »

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Après une vic­toire trèsn­so­lide face à Mischa Zverev, Nicolas Mahut a enfin gou­té à la vic­toire pari­sienne. Le Français semble avoir fait des choix pour relan­cer. Interview.

J’imagine qu’a­près 7 défaites, ca doit te faire plai­sir. Tu étais vrai­ment ému, non ?

Oui très ému. Je me suis qua­li­fié ici il y a 10 ans et depuis, je cours après ma pre­mière vic­toire. Il y a eu des années de frus­tra­tion, de tris­tesse, de décep­tion, tout un mélange. Déçu pour moi, déçu pour mes amis, ma famille qui y croyait à chaque fois, qui se dépla­çait. Cette année, j’ai gagné. C’est vrai qu’en­fin, déjà mes potes vont arrê­ter de me cham­brer Je n’ai jamais été aus­si près de gagner Roland Garros ! Vous ne direz pas le contraire ! 

Peux‐tu reve­nir briè­ve­ment sur ces 2 der­nières années qui ont été assez dures. J’imagine qu’être en per­ma­nence sur les chal­len­gers ne doit pas être facile tous les jours. Penses‐tu trou­ver la moti­va­tion et reve­nir dans le Top 40 ?

Il y a 6 mois, je n’au­rais cer­tai­ne­ment pas tenu le même dis­cours, je ne savais plus trop où j’en étais. Je me deman­dais s’il ne valait pas mieux arrê­ter, j’a­vais eu des sai­sons de galère avec des bles­sures, le coude, la chute au clas­se­ment, les tour­nois, je ne reve­nais pas. A la fin de la sai­son der­nière, je me suis posé pas mal de ques­tions. Le fait de reve­nir m’en­traî­ner ici, à la fédé­ra­tion, avec de nou­veaux entraî­neurs, un nou­veau dis­cours, j’ai pris le temps de me poser, tout sim­ple­ment. Je me suis deman­dé si j’ar­rê­tais ou si je conti­nuais et, si je conti­nuais, quels étaient mes objec­tifs, de quelle manière. Je me suis ren­du compte que j’a­vais encore de belles choses à vivre, que je n’é­tais pas près d’ar­rê­ter. Je suis convain­cu que je peux reve­nir, dans un pre­mier temps dans les 100 pre­miers, ensuite à mon meilleur niveau, dans les 50. Mais dans les 100 pre­miers, je suis per­sua­dé d’a­voir tout pour revenir.

Tu par­lais du nou­veau dis­cours de tes entraî­neurs. C’est quoi le dis­cours de cet hiver ? Y a‑t‐il eu aus­si de nou­veaux objectifs ?
Cet hiver, j’ai eu une bles­sure au pied, à l’in­ter­sai­son, pen­dant 2 mois. Je n’ai pas pu aller en Australie. C’est un mélange du dis­cours des entraî­neurs et aus­si de pou­voir par­ta­ger. On est un groupe avec 4 joueurs, côtoyer Arnaud CLEMENT à l’en­traî­ne­ment, c’est hyper riche. Son inten­si­té à l’en­traî­ne­ment est vrai­ment un exemple. A force de dis­cu­ter avec lui, de le côtoyer à l’en­traî­ne­ment, de jouer avec Florent aus­si, je me suis remis dans cette spirale‐là et je crois que tout cela réuni m’a mon­tré que ma place était encore sur le circuit.


J’avais enten­du par­ler du fait que pen­dant l’hi­ver, tu vou­lais peut‐être retour­ner à Poitiers pour renouer avec ton ado­les­cence. Cela a été le cas finalement ?

C’était un choix à un moment don­né, quand je me posais plein de ques­tions, j’ai eu envie de retour­ner au CREPS à Poitiers pour res­sen­tir ce que j’a­vais vécu quand j’a­vais 13 ou 14 ans. C’est le point de départ de tout cela. En étant là‐bas, revivre cette envie, cette déter­mi­na­tion, ce pour­quoi je m’en­traî­nais, savoir si j’a­vais tou­jours la flamme. C’était mon che­mi­ne­ment, je ne savais plus trop où j’en étais, je me suis dit : « Je vais pas­ser 2 jours avec les jeunes, voir com­ment je vais réagir et si cela me redonne envie, ravi­ver un peu la flamme. » En allant là‐bas, j’ai répon­du à mes questions.

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