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Monfils, le conte d’une folie (pas) ordinaire…

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Que dire ? Que dire ? Que dire ? Rien, pas grand chose. Gaël Monfils nous a vidés. Littéralement séchés. Vampirisés.

Lui même ne doit plus avoir une once d’énergie après ce match face à Andy Murray. Pas plus que les 15 000 spec­ta­teurs du Central, à Roland Garros. Pas plus que les centaines de milliers de télé­spec­ta­teurs, devant leur télé, scot­chés à leur écran… à penser, inté­rieu­re­ment, qu’elle est plus belle la vie sans « Plus belle la vie ».

Gaël, il nous fait « chialer » dans les deux premiers sets. Imprécis, rien dans les jambes, rien dans les bras… face à un Murray et ses revers qui giclent comme une douche écos­sais. Le fiston de Judy est trop intel­li­gent, trop bien dans ses pompes, indé­bor­dable. Juste trop fort. 13 points gagnants pour 32 fautes directes dans ces deux premières manches… Un service inof­fensif, une deuxième balle perdante dans 70% des cas… La copie est indi­geste. Et l’am­biance tourne à la nausée.

Et le « raclé » devient « racleur »…

Mais la Monf’, c’est aussi une certaine idée du panache. Celui du déses­poir, de la folie quand on ne peut plus y croire, ce soupçon de génie qui magnifie des matches et les emmène sur le terrain instable du hasard. Alors Gaël prend ses tripes dans ses immenses paluches à la Ray Charles et décide de se faire mal. Très mal. Il frappe dans tout ce qui bouge, en coup droit, en revers. Il s’ac­croche, pousse Murray à la faute. Au service, il balance des scuds, des parpaings des obus, c’que vous voulez, mais des trucs qui font saigner les oreilles. Et des coups droits, oui. A 170km/h. 26 points gagnants, des trous dans le court – et Andy qui donne beau­coup, qui se frustre et qui ne comprend pas. Cela fait balle au centre, 6–4 6–1 4–6 1–6, et une ambiance de folie sur le Central. 

Des larmes, aux rires, aux larmes…

Mais avec la nuit qui tombe, le crépus­cule qui caresse l’ocre pour lui donner une teinte sombre un peu mysté­rieuse, et très inquié­tante, les sourires s’ef­facent progres­si­ve­ment. Le jeu conti­nuera, c’est décidé. Et l’un des deux n’aura que ses yeux crispés par l’obs­cu­rité pour lâcher ses dernières larmes. Ce mec‐là, c’est Monfils. Il commence mal, pour­suit mal, termine mal. Que dire ? Que dire ? Que dire ? Rien. Une bulle, nada, le néant. Et une partie douce‐amère‐dingue‐ahurie qui se conclut sur une dernière faute du Français. 6–4 6–1 4–6 1–6 6–0 pour Andy le Scot’, en 3h15. Gaël a dégou­pillé. Il n’a pas su rebondir après le gain du cinquième set. Comme un symbole, il a servi en deuxième dans cette dernière manche – c’était déjà le cas dans les deux premières, tandis qu’il avait fait la course en tête dans la troi­sième et la quatrième. Celles qu’il a remportées 

En cinq sets, on a eu tout Gaël Monfils. Ce mec qui nous ôte les mots de la bouche, capable de dessé­cher nos bouches, faire trem­bler nos chicots, comme gueuler nos mirettes – et nous émer­veiller. Ce mec qu’on ne comprendra jamais vrai­ment. Et qui ne doit pas bien se comprendre non plus ce soir.

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