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Nadal : « C’est très particulier »

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Rafael Nadal garde les pieds sur terre. A l’issue de sa victoire, il parle encore de travail, même si il insiste sur le fait que l’emporter sur dur en Australie est très particulier.

Rafael, vous avez décroché ce soir le 6e Grand Chelem de votre carrière. En quoi ce titre est‐il spécial ?

Il est très parti­cu­lier pour moi. C’était un rêve de gagner ici, à l’Open d’Australie, sur dur. J’ai travaillé très dur toute la vie pour progresser sur les surfaces autres que la terre battue. Je suis très heureux, vrai­ment. Aujourd’hui, il y a eu beau­coup d’émotions sur le court. J’étais là, avec, face à moi, le plus grand joueur que je n’aie jamais vu, Roger. Mon oncle m’a toujours dit que Rod Laver était le meilleur, parce qu’il avait réalisé le Grand Chelem à deux reprises. Le vrai Grand Chelem, les quatre tour­nois majeurs d’affilée… Aujourd’hui, tout était très spécial. Je suis désolé pour Roger, je sais que c’était un moment diffi­cile pour lui. Je sais à quel point il est diffi­cile de vivre une situa­tion comme celle‐ci. Mais, tout le monde le sait, Roger est un grand cham­pion. Il est le meilleur. Et c’est quelqu’un qui compte beau­coup pour notre sport. Donc je suis désolé pour lui, et je tiens sincè­re­ment à le féli­citer pour tout ce qu’il fait.

Vous avez fait appel au soigneur dans la troi­sième manche. Que s’est-il passé ? Et comment vous êtes vous senti après son intervention ?
J’ai terminé le match face à Verdasco avec des douleurs dans la jambe droite, au niveau des quadri­ceps. Au troi­sième set, ça commen­çait à tirer. Ce n’était pas des crampes. J’ai donc tout simple­ment fait appel au soigneur. Merci Paul ! (le soigneur, ndlr) A vrai dire, je ne souhai­tais pas béné­fi­cier des trois minutes, car je me suis dit que si le match durait, j’aurais peut‐être besoin de ces trois minutes plus tard dans la partie. Je voulais être sûr ce pouvoir utiliser ces trois minutes par la suite si besoin. Le soigneur m’a juste mis de la crème, et essayé de détendre un peu tout ça.

La douleur est‐il tota­le­ment partie ?

Non, non.. Elle était toujours présente, mais cela ne m’a pas gêné dans mon jeu.

Pouvez‐vous établir un paral­lèle, une compa­raison, entre ce premier titre à melbourne, et vos premiers titres à Roland Garros et Wimbledon ?

C’est diffé­rent. Je viens de remporter pour la première fois un Grand Chelem sur dur, donc c’est forcé­ment parti­cu­lier. En même temps, je n’ai pas encore eu le temps de profiter de ma victoire, de fêter ça. Je suis trop fatigué. Lorsque je suis rentré au vestiaire, j’avais un peu la tête qui tour­nait. Mon bonheur est immense, c’est certain, mais en même temps, c’est difficile.

Tout le monde parlait du fait que Roger égale ici le record de Pete Sampras. Vous avez pour votre part gagné en Grand Chelem sur toutes les surfaces, à seule­ment 22 ans… Jusqu’où pensez‐vous pouvoir aller, comparé à ces joueurs‐là ?
J’ai gagné 6 tour­nois du Grand Chelem… J’en suis très heureux ! Bien évidem­ment, je vais conti­nuer à travailler du mieux possible, chaque jour, pour essayer de conti­nuer à progresser et gagner d’autres matches, d’autres titres. Ce n’est vrai­ment pas évident. Je sais combien chaque titre est diffi­cile à décro­cher. Je ne sais pas si j’aurai l’opportunité de gagner d’autres Grands Chelems, mais ce qui est certain, c’est que je vais tout faire pour, conti­nuer, essayer. Vous savez, lorsque j’ai gagné mon premier tournoi majeur, je ne savais pas que d’autres titres en Grands Chelems suivraient. Vous ne savez jamais quand cela s’arrête. C’est pour cette raison qu’il faut toujours rester humble, et prudent. Continuer à travailler comme je l’ai toujours fait jusqu’à présent.

Selon vous, qu’est ce qui a fait la diffé­rence ce soir ? La bataille était‐elle plus physique ou psychologique ?
Je ne sais pas trop. Je crois qu’il a fait plus de fautes que moi dans le 5e set. Sur cette dernière manche, j’étais plus solide. C’est pour ça que j’ai gagné ce match, vous ne croyez pas ? (sourire) Lorsque j’ai breaké pour la première fois, il a raté un revers alors que le point était impor­tant. Cela m’a aidé.

En vous impo­sant à Wimbledon la saison dernière, et à Melbourne aujourd’hui, vous prouvez que vous dominez vrai­ment le tennis actuellement.

Oh… Non, non. Vraiment, je ne crois pas. Ce titre est très impor­tant pour ma carrière, c’est certain. Titre ou pas, victoire ou pas, vous devez garder en tête qui vous êtes.

Que vous a dit Rod Laver après votre victoire ?
Il m’a simple­ment dit qu’il avait trouvé les quatre premiers sets incroyables, m’a féli­cité, et dit que ce match avait été une très belle bataille. Il a ajouté que 10 minutes après la fin de la rencontre, personne, sur les 15 000 spec­ta­teurs, n’avait quitté l’enceinte du stade. Je lui ai demandé à ce moment là combien de spec­ta­teurs il y avait à l’époque où il jouait.

Aviez‐vous déjà discuté avec lui auparavant ?
Une ou deux fois peut‐être seulement.

Etiez‐vous en pleine posses­sion de vos moyens physiques aujourd’hui, même après une demi‐finale de 5h14 achevée à 01h07 du matin vendredi soir ?.
J’étais un peu fatigué. J’étais un peu inquiet par rapport à mon physique, car à l’entraînement j’avais beau­coup de mal à garder ma concen­tra­tion. J’ai discuté avec mon coach, Toni, avant le match. Il m’a dit « Peu importe, tu y vas, et tu te bats jusqu’au bout, tu crois à la victoire » C’est ce que je pense avoir fait. C’était la bonne solution. 

Etiez‐vous soucieux de changer d’équipement ? Aviez‐vous peur de ne pas pouvoir gagner sans votre pano­plie habituelle ?
(soupir)… J’étais extrê­me­ment inquiet, c’est vrai… (rires). Je pensais avoir perdu tout mon talent, toute ma force… (rires)..
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Krystel Roche, à Melbourne.

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