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Nadal fait mieux que Borg

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Cette fois, c’est fait ! La finale s’achève entre deux averses pour voir Rafa triom­pher une septième fois à Roland Garros. L’Espagnol s’im­pose face à Djokovic, en quatre manches, 6–4, 6–3, 2–6, 7–5, après 3h49 de jeu. Le deuxième acte de cette finale ne traîne pas en longueur. Nadal, plus fort dans la tête et dans les jambes, domine faci­le­ment les débats, ce lundi.

« Novak est le meilleur joueur du monde, sauf peut‐être sur terre battue, aujourd’hui. » Et oui, sur terre battue, à la fin, c’est toujours Nadal qui gagne. Epilogue annoncé depuis le début de la quin­zaine et septième titre pour Rafa, Porte d’Auteuil. L’Espagnol dépasse Bjorn Borg et ses six victoires sur la terre battue pari­sienne. Une perfor­mance incroyable de la part du Majorquin qui empêche Djokovic de réaliser le Grand Chelem. C’était écrit que l’un des deux doive marquer de leur empreinte l’his­toire du tennis. Nadal a fait de ce 11 juin le sien. Logique au regard de cette quin­zaine maîtrisée d’une main de maître. Trop fort, trop puis­sant, irré­sis­tible sur terre… Rafa survole cette saison sur terre et ce Roland Garros. Il ne manquait plus qu’une étape à fran­chir avant de maté­ria­liser cette domi­na­tion sans partage par un nouveau trophée, à Paris. Le plus beau. celui qui donne aux amou­reux de la terre, une autre dimen­sion. Il fallait d’abord passer l’obs­tacle Djokovic… en deux temps.

Dimanche, Rafa commence d’abord par surclasser son adver­saire. Son niveau de jeu est énorme et lorsque le Serbe imprime sa cadence, Nadal renvoie tout. Monumentale défense espa­gnole ! Mais, surtout, Novak commet trop de fautes directes ‑30 dans les deux premiers rounds‑, son coup droit est aux abonnés absents et son revers ne fait pas mouche long de ligne. Pis, le numéro un mondial se frustre, s’énerve, montre des signes de nervo­sité inha­bi­tuels. Tellement nerveux qu’il en casse sa chaise. La finale prend une drôle de tour­nure. Après un peu plus de deux sets et une inter­rup­tion pour cause de pluie, on ne donne pas cher de la peau de Novak sur le Philippe Chatrier. Ce dernier est mené 6–4, 6–3, 2–0. De la tension, de la nervo­sité ! Si Novak craque, on sent aussi l’Espagnol secoué par l’enjeu. Le ciel est gris, l’am­biance étrange et la pluie redouble d’intensité.

Puis la tendance s’in­verse. On n’y croyait plus. L’interruption en fin de deuxième manche porte enfin ses fruits pour Novak qui inflige huit jeux d’af­filée à Rafa. Incroyable retour­ne­ment de situa­tion ! Le numéro un mondial a retrouvé ses esprits, il ne commet plus de fautes et ses coups font mal, de nouveau .L’Espagnol perd son premier set du tournoi. Le contexte joue son rôle aussi. Le temps est maudit, les gouttes tombent encore et toujours, la terre devient lourde et les balles triplent de volume. Les gifles de Rafa n’ont plus le même effet dévas­ta­teur. Le Serbe en profite pour même mener 2–0 dans la quatrième manche. Rageur, le numéro un mondial serre le point. c’est lui qui remporter les rallyes. Non, sa force mentale n’avait pas disparu. Soudainement, la finale bascule dans un nouveau registre. Le bras de fer est intense et les deux prota­go­nistes se rendent coup pour coup. Pour le spec­tacle, on repas­sera car le super­vi­seur décide de suspendre la rencontre. La pluie s’im­pose dans le premier acte. Les joueurs rentrent au vestiaire trempés. Avec de l’es­poir dans le clan serbe. Mais de l’éner­ve­ment dans les rangs espa­gnols. Rafa déteste cette terre battue mouillée.


Pour ne reprendre que lundi. Score : 6–4, 6–3, 2–6, 1–2 pour Nadal. Voilà plus de trente ans que la finale de Roland ne s’est pas jouée sur deux jours. Le stade est très loin d’avoir atteint sa capa­cité maxi­male. Le temps est toujours aussi frais et les nuages tout autant mena­çants que la veille. C’est dans ce contexte toujours aussi étrange que Djokovic lance les hosti­lités de ce deuxième acte. Le public, resté sur sa faim la veille, n’aura pas le temps de s’en­thou­siasmer, aujourd’hui. Rafa breake d’en­trée, puis passe devant. L’espoir d’un cinquième set paraît tout de suite plus mince. L’Espagnol, frustré de s’être fait balader pendant une heure, dimanche, revient en boxeur sur le central. Pris à la gorge, Novak alterne entre résis­tance et incons­tance. Dès les premiers coups, le Serbe s’énerve au moindre raté. Toutefois, il tient tête. Les deux hommes ne se lâchent plus et le Tie Break pointe le bout de son nez. Mais Novak craque lors­qu’il s’agit d’éga­liser à 6–6. Toujours aussi nerveux, le numéro un mondial est moins puis­sant dans ses coups. La peur de rater ! Cette tension s’ac­centue jusqu’au moment de sauver une balle de match. Double faute. De l’autre côté, Rafa n’en deman­dait pas temps. A genoux sur la terre, c’est bien lui qui rentre dans l’his­toire. Dans l’his­toire de Roland, de la terre battue et du tennis. Clap de fin !