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Nadal : Roger, la retraite, la famille…

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Long entre­tien de John Vause et Rafael Nadal, en marge du Masters 1000 de Shanghaï, diffusé ce mercredi sur CNN à desti­na­tion du conti­nent asia­tique.

Rafael Nadal revient d’abord sur sa riva­lité – un terme qu’il refuse – avec Roger Federer. Sans langue de bois, il explique ce qu’il pense du Suisse, de leur rela­tion sur le court et de la place qu’il lui donne dans l’histoire. 

« Je n’ai pas de riva­lité avec lui [Roger Federer], je ne le vois pas comme un rival. C’est toujours quelque chose de spécial de jouer contre lui. Je le pense meilleur que moi. Je ne sais pas s’il est le meilleur joueur de tous les temps, je n’ai pas vu jouer Laver ou Borg. Mais il est certai­ne­ment le meilleur dans l’his­toire du tennis que je connais. »

« Roger m’a rendu meilleur »

Il affirme égale­ment devoir beau­coup au numéro un mondial et s’être inspiré de son atti­tude, de sa recherche de perfor­mance pour progresser et faire évoluer son jeu.

« Il m’a rendu meilleur. Non en le regar­dant jouer ou gagner, mais par sa capa­cité et sa volonté de s’amé­liorer en perma­nence. En 2004, je pensais qu’il était le joueur parfait. Puis, je l’ai revu peu après et il était encore meilleur. Et encore après, plus meilleur qu’a­vant. Il m’a appris à ne jamais me contenter de mon niveau de jeu. A toujours aller plus loin. »

M’arrêter à 30 ans…

Durant cet entre­tien, Rafael Nadal aborde égale­ment le sujet de la retraite. Le Majorquin ne pense pas pouvoir tenir jusqu’à la tren­taine, être capable de jouer et de gagner un Grand Chelem à cet âge‐là. Or, c’est bien la victoire, et la victoire seule­ment, qui le pousse et le motive.

« Je ne pense pas jouer encore la tren­taine arrivée. Je ne suis pas une machine. Le tennis est un sport diffi­cile d’un point de vue mental, tu dois toujours être prêt toutes les semaines, être à 100% menta­le­ment et physi­que­ment. A un moment donné, tu ressens le besoin de t’ar­rêter. J’ai déjà telle­ment joué… Même si je suis jeune ! Et je commence à avoir quelques petits problèmes physiques. C’est pour cela que je ne pense pas pouvoir jouer encore à 29 ou 30 ans. Evidemment, on ne peut jamais savoir quand se termi­nera notre carrière ou quand on s’ar­rê­tera de gagner. Mais je sais, moi, que quand je ne serai plus en mesure de gagner dans les grands tour­nois, j’aban­don­nerai le tennis. Or, je ne pense pas avoir la possi­bi­lité de gagner Roland Garros dans 7 ou 8 ans… »

« Vivre ma vie d’avant » : une chose essentielle

Rafa ressent donc l’usure de la compé­ti­tion, les sacri­fices tant physiques que mentaux qu’elle néces­site. Il lui est alors essen­tiel de retrouver un équi­libre, une séré­nité, au sein de sa famille, à Majorque. Vivre norma­le­ment, oublier le circuit, passer du temps avec ses amis… Autant de choses qu’il affirme « essen­tielles » a sa réussite.

« Je vis avec ma famille, à Majorque. Nous sommes des personnes normales, atta­chées aux tradi­tions et valeurs de la famille. Je vais au super­marché, au cinéma. Quand je reviens à la maison, je reprends quasi­ment la même vie qu’a­vant. Pour moi, la vraie vie, ma vie normale, ce n’est pas celle des tour­nois. J’ai gardé mes amis d’en­fance, je joue au foot avec mes cousins. C’est essen­tiel, je trouve, de pouvoir rentrer à la maison, après avoir passé des mois de par le monde, et de retrouver ma vie d’avant. C’est fonda­mental. »

Son Aston Martin…

Enfin, anec­dote amusante sur l’une des rares folies qu’il s’est permis : une Aston Martin, après Wimbledon 2008, le tournoi durant lequel, affirme‐t‐il, « [il] a joué le meilleur tennis de [sa] carrière. »

« En général, j’achète peu de choses, vu qu’on m’en offre beau­coup. Mais j’avais vu cette voiture à Roland Garros, au troi­sième ou au quatrième tour, et je m’étais dit : « Si je gagne, je l’achète, ce sera mon cadeau. » J’ai gagné le tournoi, et puis j’ai douté, « je l’achète, je ne l’achète pas… » Mon père m’a dit : « Si tu la veux, prends‐là », mais j’étais indécis et je ne l’ai pas fait. Puis, j’ai atteint le troi­sième tour à Wimbledon et je me suis dit : « Okay, c’est le moment de l’acheter. » »