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Rafa : « Le Grand Chelem ? c’est quasi impossible… »

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Maintenant qu’il a triomphé sur la terre de Paris, sur le gazon de Wimbledon et le Plexicushion d’Australie, Rafael Nadal pour­rait bien être celui qui imitera Rod Laver, le dernier homme à avoir remporté le Grand Chelem en 1969. « Il est complè­te­ment dérai­son­nable d’y songer main­te­nant » répond Rafa…

Pour remettre le trophée de l’Open d’Australie, Rod Laver était lui‐même bien entouré. Aux côtés de l’Australien, sur le podium installé au centre du court qui porte son nom, figu­raient les quatre fina­listes qu’il a battu en 1969 pour réaliser le Grand Chelem : Andres Gimeno (à l’Open d’Australie), Ken Rosewall (à Roland Garros), John Newcombe (à Wimbledon) et Tony Roche (à l’US Open). Un clin d’œil de l’histoire pour en arriver à la ques­tion qui brûle les lèvres depuis dimanche. Nadal peut‐il réaliser le Grand Chelem ?
« Si un homme peut le réussir, c’est bien Rafael Nadal », répond Mats Wilander. « Réussir le Grand Chelem requiert une bonne dose de réus­site, mais je suis persuadé que Nadal en est capable » explique Jim Courier. Surtout que l’Espagnol a déjà remporté trois des épreuves majeures, qu’il sera dans son jardin à Paris et tenant du titre à Wimbledon.
Mais quand on lui pose la ques­tion, l’intéressé hausse les sour­cils : « Le Grand Chelem ? Pas la même année, non ? La même année, c’est quasi impos­sible. » Le cham­pion olym­pique affirme que cela ne lui vient même pas à l’esprit : « Il est complè­te­ment dérai­son­nable d’y songer main­te­nant. Je ne me concentre même pas sur Roland Garros, mais sur mon prochain tournoi, à Rotterdam. »
« C’est en ogre de la terre battue qu’il a conquis le gazon de Wimbledon, puis le Plexicushion de Melbourne, renchérit Jim Courier. Il a déjà remporté ses titres sur les trois surfaces exis­tantes. Il est donc le plus capable de réussir ce pari fou !». Flushing Meadows reste la dernière haie qui le prive du Graal. A l’US Open, le numéro un mondial n’a jamais fait mieux qu’une demi‐finale. Mais l’évolution des surfaces sonne la fin de l’ère des grands spécia­listes. Pour Martina Navratilova, « les diffé­rences se sont amenui­sées au fil des années. Les meilleurs joueuses et joueurs peuvent briller partout.» « Les surfaces se sont plutôt ralen­ties, expli­quait Roger Federer lors du dernier tournoi de Kooyong. Wimbledon n’est plus si rapide, Roland Garros si lent, Melbourne et l’US Open se ressemblent.» Pourtant, Rafael Nadal estime que les condi­tions de jeu diffèrent sensi­ble­ment entre Melbourne et New York : « La balle rebondit moins qu’ici, elle s’écrase. On ne peut pas utiliser autant le lift. En revanche, les condi­tions sont idéales pour Roger. »

Ce n’est donc pas tant un problème de surface que l’Espagnol devra surmonter, mais plutôt une ques­tion d’agenda et de plani­fi­ca­tion de sa saison. Car l’obstacle de l’US Open est pour Rafa avant tout lié à son calen­drier : « C’est dur d’arriver frais à New York, affirme le Majorquin. L’an dernier, mon niveau de jeu était excellent après mes victoires à Toronto et aux Jeux Olympiques et ma demi‐finale à Cincinnati. Mais, une fois sur place, je me suis rendu compte que gagner le tournoi serait presque impos­sible. Je me sentais trop fatigué. Mentalement et physi­que­ment, je n’étais plus là. ». « Impossible », on se doute bien que le Majorquin n’a qu’une réelle envie, tordre le coup de cet adjectif.