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Robin Söderling, la bonne surprise de l’année 2010

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On lui promettait une année galère… Après avoir éclos au plus haut niveau en 2009, Robin Söderling devait vivre la saison compliquée par excellence. A défendre : une 8ème place mondiale, une finale à Roland Garros, un huitième à Wimbledon, un quart à l’US Open, une demie aux Masters, un titre à Bastad et deux quarts en Masters 1000. De quoi se ronger les ongles…

Pari tenu, pari gagné ! Non seulement Söderling a tenu le choc et son rang, mais il a même fait mieux, clôturant l’exercice 2010 dans le top 5. Le mois de janvier débutait pourtant mal, avec une défaite douloureuse au premier tour de l’Open d’Australie, contre Marcel Granollers, 7-5 6-2 4-6 4-6 2-6. Et puis, la machine se lance dès février et le tournoi de Rotterdam. Robin, solide, domine Davydenko, avant de profiter de l’abandon de Youzhny, pour remporter le plus gros tournoi de sa carrière. Une période faste s’annonce alors : le Suédois atteint, pour la première fois et à deux reprises, les demi-finales en Masters 1000. A Indian Wells, il maîtrise Andy Murray – excusez du peu – et Jo-Wilfried Tsonga, avant d’échouer contre un Roddick en forme. En Floride, à Miami, c’est Tomas Berdych qui le sort juste avant la finale, alors qu’il venait de battre deux tops 15 d’affilée (Gonzalez et Youzhny).

Et deux premières demies en Masters 1000, deux !

Le voici qui attaque la saison sur terre battue et le tournoi de Barcelone gonflé de confiance et d’ambition. Pas d’anicroches en Catalogne, où il traverse un tableau relativement vide pour atteindre la finale – perdue face à un concurrent direct, Fernando Verdasco, 3-6 6-4 3-6. Au moment d’aborder la tournée rouge et les Masters 1000 de Rome, Monte-Carlo et Madrid, il surfe sur une dynamique irrésistible, vainqueur de 20 matches sur ses 24 derniers. Ce moment, c’est celui que choisit son inconstance pour refaire surface – un bien mauvais moment, oh oui… à quelques semaines d’un Roland décisif pour la suite. Défaites aux deuxièmes et premiers tours contre Wawrinka, Almagro et Rochus, à Rome, Madrid et Nice. Ca fait mal. A la veille de la deuxième levée du Grand Chelem, Söderling avance masqué. « Ce n’était bien sûr pas la préparation que nous voulions avant Roland Garros », reconnaît alors Magnus Norman, son entraîneur. «  Mais peut-être que Robin sera moins attendu et pourra jouer relaxé. Je sais qu’il veut vraiment bien faire à Roland Garros, par rapport à son parcours de l’année passée. »

« Relaxé »… Et bien il semble l’avoir été, et contre toute attente. La tornade suédoise récidive et atteint la finale du tournoi parisien, comme en 2009. Deux premiers tours sans problèmes, face à Recouderc et Dent – Taylor balayé sans concessions, 6-0 6-1 6-1, en 1h11 ; un beau troisième contre le terrien Montanes, 6-4 7-5 2-6 6-3 ; pas de gamberge, en huitièmes, devant Marin Cilic, 6-4 6-4 6-2 ; avant un nouveau monument, en quarts. Pour la première fois, en compétition officielle – il l’avait fait en exhib’, à Abu Dhabi –, Robin Söderling domine Roger Federer, numéro un mondial tenant du titre. 3-6 6-3 7-5 6-4. C’est fort, c’est grand, ça l’envoie en demie. En demie, dans un rôle de favori face à Tomas Berdych, surprise et outsider. Un outsider qui le fait souffrir durant trois sets, avant de céder, 6-3 3-6 5-7 6-3 6-3. Là encore, pari tenu, pari gagné : Robin ne perdra pas ses points de l’année précédente. « Je sens que je joue mieux sur terre que la saison passée », expliquait-il, quelques semaines avant. On veut bien le croire après cette nouvelle perf’. En finale, c’est une vieille connaissance en quête de revanche qu’il croise. Rafael Nadal a traversé le tableau en mode Formule 1. Pourtant, les spécialistes sont partagés et, certains, comme Mats Wilander, sur Eurosport, vont loin… « Je pense même que Robin est favori. Je le trouve un tout petit peu meilleur que Nadal en ce moment. Allez, disons 50-50 entre les deux. » Bon, les spécialistes ne sont pas infaillibles. Rafa nettoie l’affaire en trois sets, 4, 2 et 4, circulez, y a rien à voir. Quoi qu’il en soit, ce résultat est clairement exceptionnel pour le Suédois, qui devient le cinquième joueur, en 16 ans, à atteindre la finale deux années d’affilée (avec Nadal, Federer, Ferrero et Kuerten).

« Je sens que je joue mieux sur terre« 

Sur sa lancée, il enchaine sans faiblir : quart-de-finale à Wimbledon, son meilleur résultat chez nos voisins british, qui lui permet d’intégrer, pour la première fois, le top 5 (5ème) ; et finale, à Bastad, sur ses terres… où il est étonnamment battu par Nicolas Almagro. Une poussière dans sa belle mécanique ? A Toronto et Cincinnati, il perd dès les huitièmes, contre Roddick et Nalbandian. Le retour de son inconstance ? Des problèmes personnels – raison invoquée pour son retrait de Washington ? Ou simplement des adversaires plus forts que lui – on connaît le talent de Nalby et Andy aurait tout aussi bien pu perdre, vainqueur 4-6 7-6(7) 6-7(5) ? On met en cause le jeu kamikaze du Suédois, ses fautes directes, son manque d’intelligence…

Il n’empêche. A l’US Open, il se hisse en quarts-de finale pour la deuxième année consécutive. Evidemment, on se dit qu’il aurait dû fermer sa gueule avant d’affronter Federer. « Je pense que n’importe quel joueur du top 10 peut battre Roger », avait-il lancé la veille de son match. Une affirmation un brin provocatrice, proche de la vérité les semaines d’avant, mais plus vraiment d’actualité depuis que le Suisse travaille avec Annacone… Robin se fait punir, 6-4 6-4 7-5, dans un vent tourbillonnant. De quoi faire profil bas : « Roger a très bien joué malgré le vent. Il bouge très bien, il est toujours au bon endroit. Ses premiers services flirtaient avec les lignes, une vraie performance avec ce vent. »

« N’importe quel joueur du top 10 peut battre Roger« 

On entame la fin de saison. Robin Söderling est à la parade contre Fabio Fognini, en Coupe Davis. 6-1 6-3 6-2 et les louanges de son Capitaine, Tomas Enqvist : « Tu es assis sur le banc et tu observes cette démonstration de pouvoir, de force et de technique. Il n’a quasiment commis aucune erreur. En jouant de cette manière, peu de joueurs peuvent le gagner. » « En jouant de cette manière. » Ce qu’il ne fait pas les semaines d’après, avec, en prime, quelques petites raclées. Golubev lui met 6-3 6-2, Ferrer, 6-2 6-4, et Federer… 6-1 6-1. La fatigue de fin de saison et la pression d’une qualification pour les Masters se font sentir. Sur ses terres, à Stockholm, il est même claqué par Florian Mayer, 7-6 (8) 6-1.

Mais il était dit qu’il ne terminerait pas l’année sur une fausse note. Après ces contre-performances surprenantes, il se relance à Valence et atteint les demi-finales du tournoi, en fessant, notamment, Gaël Monfils, 6-3 6-2. La semaine d’après, à Bercy, il joue le feu et remporte le plus grand titre de sa carrière. Simon, Wawrinka, Roddick, Llodra et de nouveau Monfils ont été ses victimes. Sa place aux Masters est assurée, le voilà même numéro 4 mondial. De quoi nourrir plus d’ambitions… « Je sais maintenant que je peux réussir sur toutes les surfaces », explique-t-il au sortir de Bercy. «  Les meilleurs joueurs, ceux du Top 10, sont capables de bien jouer sur toutes les surfaces. N°5, ce n’est déjà pas mal. Donc n°4 c’est encore mieux. Maintenant mon but est de devenir n°3. » Ce sera pour l’année prochaine. Ses résultats aux Masters souffrent de la fatigue accumulée. Deux défaites contre Murray et Federer, une victoire sur David Ferrer, son meilleur ennemi pour la saison 2010 – six confrontations, quatre victoires de Robin.

Avec 5580 points, Robin Söderling termine cet exercice au 5ème rang mondial. Il devance Tomas Berdych, 6ème, de 1600 points et talonne Murray et Djokovic, 4ème et 3ème avec 5760 et 6240 points. Autant vous dire que l’Open d’Australie pourrait changer des choses… Au moment de faire le bilan de sa saison pour le quotidien As, le Suédois montre toute sa satisfaction : « Je me sens de plus en plus à l’aise sur n’importe quel type de surface. J’ai beaucoup travaillé sur mon service, mon agressivité sur le court… afin de pouvoir rivaliser avec les meilleurs. Je pense avoir fait une belle saison, j’ai atteint pour la seconde fois la finale de Roland Garros, à Barcelone, à Bastad, et les demi-finales à Wimbledon (NDLR : en fait, les quarts à Wimbledon), Indian Wells et Miami. Pour finir, je viens de remporter le Masters de Bercy. Je suis vraiment très heureux. »

Pour la Rédaction de WLT, Robin Söderling est un joueur bluffant. On était loin d’imaginer qu’outre confirmer son statut, il parviendrait à faire mieux qu’en 2009. Avec son coup droit, son revers et son service, il n’est pas loin de posséder ce fameux « base tool kit », ardemment recherché par tous les entraîneurs. Une seule incertitude pour la saison prochaine : son changement de coach et le choix de Claudio Pistolesi pour l’épauler.

En attendant, pour nous, Robin, c’est la bonne surprise de l’année 2010.

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