AccueilActuSD- Loit : "Fière de ce que j'ai accompli"

SD‐ Loit : « Fière de ce que j’ai accompli »

-

Emilie, tu avais fait un beau parcours ici l’an passé. Dans quel état d’esprit t’es-tu présentée à Roland cette année ?
Je suis arrivée ici dans un état d’es­prit diffé­rent de l’an passé. Pour tout vous dire, je vais mettre un terme à ma carrière après ce Roland Garros 2009… J’avais fait une bonne prépa­ra­tion, mais j’étais un peu trop juste physi­que­ment. Ce match, j’au­rais pu aller le cher­cher au 2ème set, mais pas mal de choses me sont passées par la tête, et j’ai eu du mal à trouver ma concen­tra­tion. Bien sûr, j’au­rais préféré gagner aujourd’hui, je voulais partir sur une bonne note. Mais arrêter, cela fait long­temps que j’y pense. Cette déci­sion est ferme, défi­ni­tive. Roland, c’est le bon moment pour finir. C’est un tournoi qui me tient à cœur. Sur terre. A Paris. Le tournoi que je préfère, que j’ai toujours préféré. J’ai eu la chance aujourd’hui de jouer sur « mon » court, le court n°2. Merci d’ailleurs aux orga­ni­sa­teurs de m’y avoir programmée (sourire). Merci égale­ment pour la Wildcard qu’ils m’ont attri­buée et qui m’a permis de jouer une dernière fois ici. Ça me fait bizarre, forcément…

Depuis quand as‐tu décidé d’arrêter ?
Cette déci­sion est défi­ni­tive depuis 15 jours. Comme je vous l’ai dit, cela faisait un moment que j’y pensais. Pendant des années, j’ai eu la niaque, la hargne. Ce ne sont pas les voyages ou quoi que ce soit qui ont fait que je voulais arrêter, j’avais simple­ment du mal à retrouver ça : avoir envie de « bouffer » mon adver­saire. Je n’étais plus contente de moi. Et sachant que lorsque je prends une déci­sion, je m’y tiens, même si j’avais gagné un match ou deux, ça n’aurait rien changé. Quelque part, c’est un soula­ge­ment. Mine de rien, je savais qu’il fallait que je prenne cette déci­sion. Même si elle est très dure à prendre. Et il faut l’assumer, l’accepter.

Et main­te­nant ?
Dans un premier temps, je vais prendre du temps pour moi. Réfléchir tout simple­ment à ce que j’ai envie de faire. Trouver de nouveaux objec­tifs. Ces dernières semaines, j’étais vrai­ment concen­trée sur ce moment, ce dernier match à Roland. Mais bon, je joue encore le double dames (avec Kristina Mladenovic (FRA), ndlr), donc il me reste un match ou deux (sourire)…

Tu disais que, pendant ce match, beau­coup de choses t’avaient traversé l’esprit… Peux‐tu nous en parler ?
J’ai repensé à toutes ces années. C’est mon 13ème Roland Garros. Mon premier match ici, je l’ai joué… sur n°2, contre Conchita Martinez. Toutes ces anec­dotes font qu’à un moment donné, on a une petite‐ voir une grosse(!)- boule au ventre… On fait le bilan. Inconsciemment, on a des flash­backs. Ce n’est pas évident, mais en tout cas, je suis fière de ce que j’ai accompli. J’ai le senti­ment d’avoir fait ce que j’avais à faire. Alors ok , ça pouvait etre mieux, c’est clair. Mais me connais­sant, ça aurait pu être bien pire ! (sourire) Je suis fière aussi de terminer ainsi : c’est Ma déci­sion, je n’ai pas de problèmes physiques. C’est moi qui le décide, et non mon corps. Je veux savourer ce moment pleinement.

Quel restera ton plus grand souvenir à Roland ?
Mon 1er match, contre Martinez, en 3 sets. J’étais, en gros, 500ème mondiale. Et puis j’ai loupé de peu un huitième de finale il y a 4 ans. L’année dernière restera égale­ment un bon souvenir : je fais une année pas terrible, et arrive fina­le­ment au 3ème tour, où je perds face à Patty Schnyder. Tous mes Roland ont été magni­fiques. Tous diffé­rents. Mais tous magnifiques.

Et le plus grand souvenir de ta carrière ?
Mon titre à Acapulco. Et la victoire en Fed Cup avec les filles à Moscou.

Des regrets ?
La finale perdue avec Marion Bartoli en Fed Cup. Sinon, dans l’ensemble, je suis très contente de ce que j’ai fait. J’arrête aujourd’hui car cela ne me convient tout simple­ment plus.

Toi qui es sur le circuit depuis plus de dix ans, que penses‐tu du tennis féminin actuel ?
C’est diffé­rent. Je dirais que c’est « chacun pour sa tronche »… Et c’est devenu vrai­ment très physique, peut‐être un peu trop « boum boum ».

Comment s’an­nonce la fin de la quin­zaine pour toi ?
Je vais vrai­ment profiter. Ce sera tota­le­ment diffé­rent des autres Roland.

Plus tard, de quoi pourra être fait ton avenir ? Peut‐tu t’imaginer loin du tennis ?
Non, je suis une vraie spor­tive, et je resterai proche du sport, quoi qu’il en soit.

En direct de Roland Garros

Instagram
Twitter