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Tsonga, entre ombre et lumière

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Au terme d’un match étrange, Jo Wilfried Tsonga prend le meilleur sur un Fabio Fognini fantasque. En trois sets, 7–5 6–4 6–4, le Manceau accède aux huitièmes de finale, son objectif.

C’est un premier set quelque peu étrange que nous ont offert Fognini et Tsonga. L’Italien profite des fautes de son adver­saire pour faire le break, après avoir tran­quille­ment validé sa mise en jeu. Mais alors que Fognini sert pour confirmer ce break, Tsonga commence à se réveiller. Sauvant une balle de trois jeux à zéro, le Français commence à mieux sentir ses coups. Plus ancré dans le terrain, variant bien plus que l’Italien, le numéro un fran­çais débreak à sa quatrième occa­sion et appuie sur l’accélérateur. La machine en route, le Manceau break dans la foulée l’Italien et sert pour le set à 5–4. Le deux joueurs se tiennent mieux, et alors que Tsonga domi­nait les jeux précé­dents, il commence à déjouer. Le Français a même la tête ailleurs, ni dans les gradins, ni dans les nuages. Ailleurs. L’Italien n’en demande pas plus et recolle à cinq jeux partout. Mené 40–15, on sent le tie‐break arriver, mais c’est sans compter sur trois grosses erreurs de Fognini, qui se fait breaker au pire moment. L’Italien, coupable de 12 fautes directes pour 14 coups gagnants jette sa raquette de rage. Le numéro cinq mondial, de son côté, s’empare de ce premier set, 7–5, sur son troi­sième ace du match.

Agacé, parlant avec son coach, Fognini n’y est pas. A tel point qu’il laisse Tsonga le breaker tran­quille­ment, puis confirme ce bris. Le Français est bien dans son match, alors que son adver­saire n’est pas concentré sur son match. Mené 2–0, l’Italien parvient enfin à remporter sa mise en jeu et met fin à une période de disette où Tsonga a marqué quatre jeux d’affilés. Malgré quelques situa­tions chaudes, le numéro un fran­çais reste dans son match. Pourtant, à 3–2, le Français a une nouvelle saute de concen­tra­tion, dans laquelle l’Italien s’engouffre pour breaker. Seulement cette fois, le Français panse vite cette plaie et se relance droit en attaque pour breaker dans la foulée Fognini. Ce dernier est complè­te­ment ailleurs, rigo­lant, souriant presque en jouant. Le Français remporte ainsi cette seconde manche, profi­tant des 19 fautes de son adver­saire, mais aussi de ses 22 coups gagnants.

Ce troi­sième et dernier set est à l’image des deux premiers : décousu et tout de même étrange. Entre un Fognini complè­te­ment ailleurs et un Tsonga branché sur alter­natif, les deux joueurs se break et se débreak. Les deux joueurs alternes le moins bon au très beau. A l’image de deux volées amor­ties de Tsonga, à deux jeux partout. Impressionné, l’Italien, hilaire, demande au Français comment il peut faire, puis lui serre la main. Une poignée de main qui aura au moins le mérite de réchauffer un peu ce Central, qui n’y est pas non plus. Mais fina­le­ment, ce sera le Français, plus porté vers l’attaque et moins fantasque qui s’adjugera ce dernier set. Au terme d’un match étrange, sans constance, Tsonga parvient fina­le­ment en deuxième semaine. Il affron­tera le vain­queur du match entre Wawrinka et Simon.