AccueilTsonga : "Le moment le plus dur de ma carrière"
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Tsonga : « Le moment le plus dur de ma carrière »

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Jo‐Wilfried Tsonga a offi­cia­lisé son forfait pour la finale de la Coupe Davis. Le Manceau revient sur cette grosse déception.

Aviez‐vous senti cette douleur revenir ?
J’ai fait le maximum pour revenir à temps et être prêt dans trois semaines, j’ai beau­coup travaillé. J’ai pris des risques pour jouer cette Coupe Davis. Je n’ai pas de chance. A Montpellier, je jouais bien, physi­que­ment je me sentais bien. Je ne pouvais rien prévoir, je n’avais aucune douleur, je me sentais vrai­ment bien sur le terrain. 

Vous avez l’air touché…

C’est diffi­cile, ce n’est pas anodin, pas une déci­sion que je prends à la légère. Pour moi c’était un rêve de disputer une finale de Coupe Davis. Mais vu ce qui m’est déjà arrivé, je rela­ti­vise, cela ne tient qu’à moi d’es­sayer de renou­veler ça. J’aurais préféré faire partie de la finale. Je vais soutenir l’équipe… C’est un des moments les plus durs pour moi. Le plus dur de ma carrière profes­sion­nelle pour l’ins­tant. J’avais aussi eu un coup dur avec les JO, j’au­rais voulu faire partie d’une aven­ture comme ça. Ce n’est pas évident mais je n’ai pas le choix. Mais j’ai vécu des choses plus graves. Ce n’est pas non plus quelque chose de vital. Il y a des gens qui souffrent beau­coup plus que moi et il faut les respecter. C’est triste, j’au­rais aimé être avec mes postes, mais ce n’est pas la fin du monde. Il n’y a rien de tragique. J’ai essayé toutes les solu­tions, j’ai demandé si quelque chose pouvait me faire jouer mais le doc’ était assez caté­go­riqu. Et je sais au fond de moi que je ne peux pas prendre de risque. C’est le genre de trucs avec lequel tu ne peux pas tricher. 


Quelle a été votre réac­tion quand vous avez appris la nouvelle ?

Les méde­cins m’ont dit : « Stop, c’est dange­reux ». Il n’y a pas trop de mot, on n’a pas trop le choix, ce n’est pas une mort non plus, ce n’est pas tragique, il faut être optimiste. 

« Maintenant, il y a une place à prendre »

L’equipe de France a‑t‐elle encore une chance de remporter la Coupe ?

Ce n’est pas mort pour le sala­dier, non non. Il y a des joueurs de qualité. J’espère de tout cœur qu’ils y arri­ve­ront. J’ai envie de suivre les copains, qu’ils remportent la Coupe. Maintenant il y a une place à prendre. Cela ne va pas être un cadeau pour celui qui va prendre ma place. Il y aura beau­coup de pres­sion. Mais on joue au tennis pour des moments d’adré­na­line comme ceux‐là.

Et main­te­nant ?

La suite c’est du repos pendant trois semaines, des soins. Je vais prendre le temps de me préparer. Je ne pense pas que tout ça va me gêner. Cette rechute, c’est dû à l’échéance de la Coupe Davis, mais si je ne le tentais pas, il était certain que je le la joue­rais pas. Le médecin m’avait conseillé de refaire une injec­tion avant ma reprise de l’en­traî­ne­ment, courant septembre. Mais dans ce cas‐là, je savais que j’étais out pour la fin de saison. J’aurais à peine repris l’en­traî­ne­ment là. Les trois sets gagnants, je ne les tenais pas… … Pour guérir, le temps suffit, mais il faut prendre le temps, je ne l’avais pas la dernière fois car il y avait la finale de Coupe Davis. Je n’avais pas le temps de guérir complè­te­ment, j’ai pris mon petit risque. Je savais que je pouvais rechuter un petit peu, c’est ce qui s’est passé.

« Si les gars veulent que je sois cuisinier, je le serai »


Qu’allez‐vous faire pendant ces 6 semaines d’arrêt ?

Je ne vais pas m’éloi­gner du tennis, je vais tout faire pour les soutenir, je suis à la dispo­si­tion de Guy et de mes postes. Ils veulent que je sois le cuisi­nier, je le serai. J’ai envie de me sentir utile. En début de saison, on signe un contrat : être au service de l’équipe, j’irai au bout. S’ils veulent que je sois au stage, j’y serai. Si je pense que le moindre truc peut les gêner, je m’ef­face complètement. 


Quel bilan tirez‐vous de votre saison ?

Je vais finir dans les 13 ou 14 premiers en ratant quatre mois sur dix, je n’ai pas grand chose à regretter. J’ai été bon dans les grands chelems, régu­lier dans les Masters Series. J’ai passé un petit cap, et si tout se passe bien, j’en­ta­merai 2011 avec de la fraî­cheur. Je n’ai pas fait une « sur‐saison », au‐dessus de mon niveau. Mais j’ai retrouvé un tennis qui est le mien. Je reste persuadé que dans cette voie là, de belles choses m’at­tendent dans l’avenir. Je vais faire le maximum pour réaliser les rêves.