AccueilTsonga : "On a une super génération qui veut aller très haut."
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Tsonga : « On a une super génération qui veut aller très haut. »

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Nous avons rencontré celui que nous avons surnommé la Torche Humaine (voir son portrait à venir) pour les besoin de notre dossier « France qui gagne » de GrandChelem 10. Jo‐Wilfried Tsonga revient sur sa superbe saison, la place de la France et des fran­çais dans le tennis mondial. Apparemment malgré le froid glacial notre Torche Humaine est chaude bouillante !

Et ne manquez pas d’en­cou­rager Tsonga à l’ap­proche de l’open d’Australie sur
welovejo.com

Perdre en finale d’un Grand Chelem ne t’a pas marqué plus que ça ?

Non, ça ne m’a pas marqué plus que ça. Pour moi, ce n’est pas une décep­tion. Parce qu’on peut dire que c’était un peu ines­peré pour moi à ce moment‐là. Je n’avais jamais fait un gros résultat jusque‐là. Je crois que j’ai plutôt bien géré tous les moments,
même celui de la finale. J’ai joué contre un joueur qui était super bon à ce moment‐là. Je n’ai pas de regrets à avoir.


En partant de cet évène­ment, de cette finale‐là, il y a quelque chose qui s’est crée autour de toi. On va appeler ça une Tsongamania. Comment est‐ce que tu vis ça ? Est‐ce que tu en es conscient ?

Je le vis plutôt bien. Je laisse faire les choses. Je ne me pose pas spécia­le­ment de questions. 

Tu es conscient de ton aura auprès du public ? Par exemple il y a quelques jours, on avait assisté au tirage au sort et dans le public il n’y en avait que pour toi. Ils disaient « Tsonga, on veut le voir gagner, jouer ». Maintenant tu es devenu LE joueur français.

Je vais être un peu plus attendu. Je vais avoir un peu plus de poids parce que j’ai prouvé que j’étais un bon joueur de tennis. Maintenant ce succès, je le vis comme avant. Moi j’ai envie de progresser dans mon tennis. Après, tout ce qui est autour, tout ce que les gens disent, tout ce qu’on peut raconter sur moi, je ne m’en occupe pas trop.

Et cette place de n°1 Français que tu as eu il n’y a pas très long­temps, du joueur n°1 de la saison, est‐ce que c’est impor­tant pour toi ?

Oui. En tout cas c’était plutôt une bonne nouvelle : depuis que tu es tout petit, tu passes par les diffé­rents clas­se­ments fran­çais et quand tu te dis que t’es arrivé au plus haut niveau, c’est top. C’est fina­le­ment une petite consé­cra­tion. J’en ai toujours rêvé, tu te dis toujours « Ah n°1 Français, que j’aimerais être n°1 fran­çais ». Et quand tu l’es, forcé­ment, tu es content.

Je ne sais pas si tu avais vu, Henri Leconte, qui avait écrit dans son livre, qu’à son époque, entre les Noah, Forget, Leconte, il y avait une exacer­ba­tion pour cette place de n°1 fran­çais. A cette époque‐là tout le monde se battait, se tirait la bourre pour cette place. Et ces anciens regrettent aujourd’hui qu’il y a moins d’émulation pour cette place de n°1. Tu es d’accord avec ça ?

Non, je ne suis pas d’accord. On se bat tous pour les mêmes choses. Cette saison, on s’est tous bien tirés la bourre. La preuve : on est trois ou quatre joueurs dans le top 20. Tout le monde a envie d’être le n°1 fran­çais, tout le monde a envie de bien jouer. Donc, non, moi je ne suis pas d’accord avec ça. Je crois que juste­ment aujourd’hui, on a vrai­ment une super géné­ra­tion qui a
envie de faire de bons résul­tats, qui veut aller très haut.


Pour toi qui a été en Australie, qui voyage beau­coup, quelle est la place de la France dans le monde du tennis ?

Une grosse place ! On a un Grand Chelem, un Masters Series, trois ou quatre grand prix. On a une grande place dans le tennis mondial. On a une quin­zaine de joueurs dans le top 100, une quin­zaine entre 100 et 200. On fait partie des grosses nation. Moi, je fais partie d’une géné­ra­tion qui joue très bien au tennis, et qui a le poten­tiel pour aller plus haut. On espère bien avoir
plusieurs joueurs dans le top 10 d’ici peu. 

Au niveau fran­çais, est‐ce que ça ne t’agace pas un peu d’entendre toujours parler de Noah, de 1983. Est‐ce que ce n’est pas un peu pesant ?

Non, au contraire, je trouve ça génial. C’est un objectif. Se dire, qu’on peut écrire l’Histoire du tennis, c’est super. On s’attache tous à essayer de le faire. Je crois que notre géné­ra­tion est vrai­ment belle. On a des supers joueurs, avec des carac­tères diffé­rents, des carac­té­ris­tiques tennis­tiques diffé­rentes. Je pense que ça peut être pas mal.


Tu parlais de pleins joueurs diffé­rents. La Coupe Davis, c’est un objectif pour la France maintenant !

Bien sûr, c’est un objectif. Et je pense que c’est un objectif pour tout le monde. En tout cas, pour moi, c’en est un. Que se soit pour Gaël, Gilles ou Richard, je pense que ça nous tient tous à coeur. Maintenant, on arrive tous dans un moment où on va peut‐être pouvoir jouer tous ensemble. Je pense que ça va faire partie de nos objec­tifs, à nous quatre, pour faire quelque chose de bien.

Comment ils sont vus les joueurs fran­çais sur le circuit ?

Les autres joueurs sont quand même étonnés de voir autant de joueurs. C’est à dire qu’ils se disent tous « Encore un fran­çais, encore un fran­çais ! ». Maintenant, je pense que le regard va changer d’ici les prochains mois. Il y a moi, Gaël, Gilles et Richard. On prouve qu’on peut aller jusqu’au bout des tour­nois. Je pense que quelque part on est respecté à ce niveau-là.On ne nous prend plus pour le petit fran­çais qui joue et qui manque un peu de gnac. C’est souvent un peu ce qu’on repro­chait aux Français. Alors que nous, on fait partie des joueurs qui s’accrochent beaucoup.

Dans deux mois, tu vas retourner en Australie. Ca repré­sente quelque chose de parti­cu­lier pour toi de repartir là‐bas ?

Oui, forcé­ment. Quoiqu’il arrive main­te­nant, ca va être un tournoi parti­cu­lier. J’y ai vécu de très bons moments cette année. Maintenant, ça va être un nouveau tournoi et il va falloir repartir à la guerre.

Roland‐Garros va être un objectif particulier ?

Oui, Roland‐Garros va être un objectif parti­cu­lier. Ces dernières années je n’y ai prati­que­ment pas joué. Quand j’y ai joué, je n’étais pas très bien. Ca va être l’objectif n°1 au niveau des Grands Chelems. Je veux y parti­ciper et essayer d’y faire quelque chose.


Et d’avoir aussi une prépa­ra­tion parti­cu­lière ? C’est ce qui est souvent reproché aux joueurs et au calen­drier. Ce manque de prépa­ra­tion spéci­fique à la terre battue.

Oui, mais je vais faire une prépa­ra­tion parti­cu­lière pour Roland‐Garros. 


La Coupe Davis l’année prochaine : République Tchèque au premier tour. C’est jouable ?

Oui. Pour nous, personne est imbat­table. On peut battre tout le monde.