Partons à la découverte du Hongrois Marton Fucsovics. Sous ses faux airs de Marat Safin, Marton a déjà marqué l’histoire de son pays et celle de la catégorie Juniors. Une nouvelle carrière plus indécise l’attend, maintenant, sur le circuit professionnel. Entretien découverte.
Question classique mais incontournable : comment as‐tu découvert le tennis ?
J’ai commencé à jouer à l’âge de cinq ans, dans une petite ville de Hongrie, où mes parents vivent toujours. J’ai disputé mes premiers matches aux Championnats hongrois. A 11 ans, j’étais Champion de Hongrie dans la catégorie des 12 ans.
Tu peux nous présenter ton coach et l’endroit où tu t’entraînes ?
Mon coach, c’est Peter Mayer Tischer. Je m’entraîne en Allemagne, à l’Académie First Line Tennis. Mais, quand je suis en Hongrie, je travaille avec l’entraîneur de Coupe Davis de mon pays, Miklos Hornok.
Quand est‐ce que tu t’es dit, pour la première fois, que tu voulais être champion de tennis ? Est‐ce que c’est clairement ton ambition, quelque chose qui t’aide à travailler encore plus dur ?
C’est une question difficile… Je n’arrive pas vraiment à m’en souvenir. Mais, quand je suis fatigué ou de mauvaise humeur, c’est cette ambition qui m’aide à m’en sortir. Je voudrais être un très bon joueur, mais je sais qu’il y a encore beaucoup de travail devant moi pour y arriver.
Tu as vraiment le désir d’être joueur de tennis, d’en faire ton métier ?
Au départ, je voulais être pompier, mais je me suis vite aperçu que c’était plus dangereux que de devenir joueur de tennis professionnel… Plus sérieusement, c’est clair que je veux devenir pro. C’est pour ça que je travaille si dur depuis tout petit. Je n’ai pas le sentiment d’être si loin que ça du très haut niveau, mais je suis aussi conscient qu’il y a encore plein de points dans mon jeu qui doivent être développés et améliorés pour atteindre ce niveau le plus vite possible.
Tu as une idole en‐dehors du tennis ?
Ca va vous faire rire, mais c’est Elvis Presley ! Sinon, un joueur de football du PSV Eindoven, Dzsuzsak. Il a commencé dans la même région que moi. Côté tennis, mes idoles sont évidemment Federer et Nadal. Mais, peut‐être aussi, Safin. Je les apprécie pour plein de raisons différentes.
Tu fais partie du programme Next de Tecnifibre, dont tu es, aujourd’hui, l’un des meilleurs joueurs. Comment sont tes relations avec Tecnifibre ?
Excellentes ! J’en suis très heureux et je travaille dur pour leur donner un maximum d’exposition. Ceci dit, ce n’est pas surprenant dans la mesure où je joue avec leurs raquettes depuis tout petit. Tecnifibre entretient des relations sympathiques et familiales avec ses joueurs, c’est leur marque de fabrique. J’estime avoir vraiment de la chance de pouvoir travailler avec eux dans ces conditions‐là. D’autant que j’aime beaucoup l e design de leurs produits, tous vraiment différents les uns des autres. J’espère les voir un jour en vente, dans un magasin, avec ma tête dessus ! En tous cas, chez Tecnifibre, je ne manque de rien.
Les gens commencent à te connaître un peu, en Hongrie ?
Bien sûr, je suis très connu… Notamment dans ma rue, mes voisins me reconnaissent, c’est dingue ! Plus sérieusement, depuis ma victoire à Wimbledon, j’ai reçu plein de demandes des médias. Lorsque j’ai du temps, je suis plus que ravi de leur répondre.
Tu es le premier joueur hongrois à gagner un tournoi du Grand Chelem. Les gens attendent plus de toi, maintenant ?
Je suis vraiment le premier à gagner un Grand Chelem ? C’est super ! Je ne le savais même pas ! Les Hongrois adorent le sport, donc ils apprécient aussi le tennis. Il y a de grosses attentes autour de moi, je le sens. Je voudrais réussir, pas seulement pour moi, mais également pour tous les jeunes Hongrois fans de tennis, qui commencent à jouer… Ils ne doivent plus être privés d’idoles dans leur pays !
Tu as 18 ans et déjà quelques fans – plus de 1000 sur Facebook ! Qu’est‐ce que ça te fait ? Ca te donne envie de travailler encore plus ?
Je ne me considère pas comme une personne spéciale. J’ai des amis normaux et je ne crois pas que le succès m’ait fait prendre la grosse tête. Mais, c’est vrai : j’aime quand des gens m’apprécient. Quand vous ressentez leur amour et leur respect, c’est une bonne motivation.
J’ai vu certaines de tes photos sur Facebook… Tu te la joues pas un peu mannequin ?
Comme tous les jeunes, j’aime la mode et sur Facebook, c’est plutôt un jeu… Mais j’évite de trop en faire. Et je dois vous avouer que les photos, sur mon Facebook, ont été prises pour des raisons… marketing. Rassurez‐vous, je ne rêve absolument pas de devenir mannequin. Je veux bien défiler sur un podium, mais ce sera sur le Central d’un tournoi du Grand Chelem avec une jolie coupe entre les mains !
Tu es sponsorisé par une marque française. Si tu gagnes un tournoi, tu ouvriras une bouteille de vin français ?
Oui, mais même si d’autres me sponsorisaient, je boirais du vin français ! C’est le meilleur vin au monde… juste derrière le vin hongrois !
Qu’est‐ce qu’on doit te souhaiter pour 2011 ?
De bonnes vendanges en France et beaucoup de points ATP ! (Rires)
Publié le mercredi 9 février 2011 à 21:05



