Accueil Archives

Marton Fucsovics : un cham­pion en herbe

591

Partons à la décou­verte du Hongrois Marton Fucsovics. Sous ses faux airs de Marat Safin, Marton a déjà marqué l’his­toire de son pays et celle de la caté­gorie Juniors. Une nouvelle carrière plus indé­cise l’at­tend, main­te­nant, sur le circuit profes­sionnel. Entretien découverte.


Question clas­sique mais incon­tour­nable : comment as‐tu décou­vert le tennis ?

J’ai commencé à jouer à l’âge de cinq ans, dans une petite ville de Hongrie, où mes parents vivent toujours. J’ai disputé mes premiers matches aux Championnats hongrois. A 11 ans, j’étais Champion de Hongrie dans la caté­gorie des 12 ans.

Tu peux nous présenter ton coach et l’endroit où tu t’entraînes ?

Mon coach, c’est Peter Mayer Tischer. Je m’en­traîne en Allemagne, à l’Académie First Line Tennis. Mais, quand je suis en Hongrie, je travaille avec l’en­traî­neur de Coupe Davis de mon pays, Miklos Hornok.

Quand est‐ce que tu t’es dit, pour la première fois, que tu voulais être cham­pion de tennis ? Est‐ce que c’est clai­re­ment ton ambi­tion, quelque chose qui t’aide à travailler encore plus dur ?

C’est une ques­tion diffi­cile… Je n’ar­rive pas vrai­ment à m’en souvenir. Mais, quand je suis fatigué ou de mauvaise humeur, c’est cette ambi­tion qui m’aide à m’en sortir. Je voudrais être un très bon joueur, mais je sais qu’il y a encore beau­coup de travail devant moi pour y arriver.


Tu as vrai­ment le désir d’être joueur de tennis, d’en faire ton métier ?

Au départ, je voulais être pompier, mais je me suis vite aperçu que c’était plus dange­reux que de devenir joueur de tennis profes­sionnel… Plus sérieu­se­ment, c’est clair que je veux devenir pro. C’est pour ça que je travaille si dur depuis tout petit. Je n’ai pas le senti­ment d’être si loin que ça du très haut niveau, mais je suis aussi conscient qu’il y a encore plein de points dans mon jeu qui doivent être déve­loppés et améliorés pour atteindre ce niveau le plus vite possible.


Tu as une idole en‐dehors du tennis ?

Ca va vous faire rire, mais c’est Elvis Presley ! Sinon, un joueur de foot­ball du PSV Eindoven, Dzsuzsak. Il a commencé dans la même région que moi. Côté tennis, mes idoles sont évidem­ment Federer et Nadal. Mais, peut‐être aussi, Safin. Je les apprécie pour plein de raisons différentes.

Tu fais partie du programme Next de Tecnifibre, dont tu es, aujourd’hui, l’un des meilleurs joueurs. Comment sont tes rela­tions avec Tecnifibre ?

Excellentes ! J’en suis très heureux et je travaille dur pour leur donner un maximum d’exposition. Ceci dit, ce n’est pas surpre­nant dans la mesure où je joue avec leurs raquettes depuis tout petit. Tecnifibre entre­tient des rela­tions sympa­thiques et fami­liales avec ses joueurs, c’est leur marque de fabrique. J’estime avoir vrai­ment de la chance de pouvoir travailler avec eux dans ces conditions‐là. D’autant que j’aime beau­coup l e design de leurs produits, tous vrai­ment diffé­rents les uns des autres. J’espère les voir un jour en vente, dans un magasin, avec ma tête dessus ! En tous cas, chez Tecnifibre, je ne manque de rien.

Les gens commencent à te connaître un peu, en Hongrie ?

Bien sûr, je suis très connu… Notamment dans ma rue, mes voisins me recon­naissent, c’est dingue ! Plus sérieu­se­ment, depuis ma victoire à Wimbledon, j’ai reçu plein de demandes des médias. Lorsque j’ai du temps, je suis plus que ravi de leur répondre.
Tu es le premier joueur hongrois à gagner un tournoi du Grand Chelem. Les gens attendent plus de toi, maintenant ?
Je suis vrai­ment le premier à gagner un Grand Chelem ? C’est super ! Je ne le savais même pas ! Les Hongrois adorent le sport, donc ils appré­cient aussi le tennis. Il y a de grosses attentes autour de moi, je le sens. Je voudrais réussir, pas seule­ment pour moi, mais égale­ment pour tous les jeunes Hongrois fans de tennis, qui commencent à jouer… Ils ne doivent plus être privés d’idoles dans leur pays !

Tu as 18 ans et déjà quelques fans – plus de 1000 sur Facebook ! Qu’est‐ce que ça te fait ? Ca te donne envie de travailler encore plus ?

Je ne me consi­dère pas comme une personne spéciale. J’ai des amis normaux et je ne crois pas que le succès m’ait fait prendre la grosse tête. Mais, c’est vrai : j’aime quand des gens m’ap­pré­cient. Quand vous ressentez leur amour et leur respect, c’est une bonne motivation.

J’ai vu certaines de tes photos sur Facebook… Tu te la joues pas un peu mannequin ?

Comme tous les jeunes, j’aime la mode et sur Facebook, c’est plutôt un jeu… Mais j’évite de trop en faire. Et je dois vous avouer que les photos, sur mon Facebook, ont été prises pour des raisons… marke­ting. Rassurez‐vous, je ne rêve abso­lu­ment pas de devenir manne­quin. Je veux bien défiler sur un podium, mais ce sera sur le Central d’un tournoi du Grand Chelem avec une jolie coupe entre les mains ! 

Tu es spon­so­risé par une marque fran­çaise. Si tu gagnes un tournoi, tu ouvriras une bouteille de vin français ?

Oui, mais même si d’autres me spon­so­ri­saient, je boirais du vin fran­çais ! C’est le meilleur vin au monde… juste derrière le vin hongrois !


Qu’est‐ce qu’on doit te souhaiter pour 2011 ?

De bonnes vendanges en France et beau­coup de points ATP ! (Rires)

A propos de l’auteur

Audrey Riou

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.