ATP
Rafael Nadal est-il ennuyeux ?



Dominateur, Rafael Nadal a écrasé la concurrence pour remporter son 11ème trophée à Monte-Carlo. Pourtant ce titre est déjà décrié en coulisses où certains spécialistes considèrent que l'Espagnol n'offre pas assez de spectacle sur le court. Cette analyse méritait d'être mise au placard en quelques points précis pour éviter des approximations. Si Rafael Nadal domine le jeu sur terre, c'est avant tout parce qu'il en fait sa priorité de la saison.

Ils sont où les « terriens » ?
Il fut un temps pas si lointain où quand la saison de terre battue commençait on voyait fleurir dans les derniers carrés des tournois des noms un peu exotiques, des joueurs qui glissaient comme jamais et qui s'arrachaient sur tous les points. On les appelait les « terriens ». Ils étaient là pour quelques mois avant d'hiberner. On pense à Coria et consort, et à une flopée d'autres joueurs sud-américains mais aussi à l'armada espagnole. Qu'en reste-t-il aujourd'hui sur le circuit moderne où le dur règne en maître ? Pas grand-chose ou si peu, quelques surprises qu'il faut compter sur le doigt d'une main.

Les absents pèsent lourd
On est obligé d'en parler car il faut bien reconnaître que Wawrinka, Murray manquent au circuit en ce moment pour que l'Espagnol puisse douter davantage. Si on croit réellement au retour d'un grand Djokovic, il est évident que Rafael Nadal n'a pas beaucoup de joueurs qui peuvent créer chez lui ce petit doute qui lui permet de déjouer un peu. On n'osera pas ici parler de Roger, car on risque de prendre des coups, mais sur deux sets, et avec sa forme actuelle, il est certain qu'un duel Nadal-Federer aurait eu plus de panache que la finale face à Nishikori et ce même sur terre battue. Le constat est donc limpide, la concurrence est plutôt faible en 2018.

Le seul à bosser l'ocre
Cela, il faut le crier haut et fort, Rafael Nadal a toujours bossé et priorisé la terre battue. C'est sa surface, celle où il se sent mieux et celle qu'il travaille le plus. D'ailleurs, avec Thiem, il est le seul à se concocter un programme aussi dense pour arriver à Roland-Garros en grande forme. Pour s'y tenir, il s'y prépare avec une condition physique adaptée et minutieuse car il sait que sur terre il n'y a pas de place pour l'improvisation ou pour le coup de génie. Un match se gagne à l'énergie, point après point, pas au détour d'une série de quatre aces.

La peur de Nadal
On peut aussi considérer que ses adversaires, comme pour Roger Federer sur herbe, font un vrai complexe d'infériorité. Et s'ils rentrent sur le court avec de vraies intentions, rapidement ils oublient leur plan de jeu. Défi ultime, c'est ainsi que les autres stars du circuit évoquent l'idée de battre Rafa sur terre, comme si finalement personne n'y était arrivé. Ils ont peut-être raison car ils ne sont pas nombreux. Toujours est-il que l'on aimerait bien les voir le bousculer, brouiller les cartes, au lieu de rentrer dans la filière de l'Espagnol. On se souvient tous du match d'Isner en 2011 au premier tour à Roland-Garros où Rafa avait du batailler cinq sets pour sortir l'Américain. C'était il y a sept ans, presque un siècle...mais John était resté dans sa ligne de conduite du dernier au premier point jouant comme il sait le faire et sans se soucier de la terre battue et encore moins de son adversaire.
Lire et réagir

Pour ceux qui sont pressés, en cochant la case "I'd rather post as a guest", vous pouvez réagir sans avoir à vous enregistrer.

Pour changer votre pseudo (une fois inscrit), il faut se rendre sur la page de votre profil disqus et changer la case 'Name'.

Pour désactiver la notification par email rendez-vous sur la page Email Notifications.
En décochant "Receive emails from Disqus" vous ne recevrez plus aucun email de disqus.