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Nadal : "La pire heure et demie que j'ai passé sur un court"

Nous l'avions quitté blessé au dos et en larmes à Melbourne aux côtés d'un Stanislas Wawrinka aux anges. Hier, Rafael Nadal était tout sourire. Convié à la 66e édition du Grand Gala de El Mundo Deportivo à Barcelone, Rafa s'est vu décerner le prix du sportif espagnol de l'année 2013. Une récompense venue honorer son retour triomphal l'année dernière après une longue blessure au genou. De nouveau convalescent, le numéro un mondial a accordé une interview à la radio nationale Cope en marge de l'évènement. L'occasion pour lui de faire part, entre autres, de la frustration qu'il a ramené de Melbourne.


"Cette défaite a été un peu plus dure à encaisser que d’habitude. C’était un match très important pour moi et je n’ai pas pu défendre mes chances." C'est avec des termes lourds que Rafael Nadal a qualifié la finale de l'Open d'Australie. Très marqué par la défaite, Rafa s'est surtout lamenté de ne pas avoir pu défendre ses chances à un moment aussi important de sa saison et de sa carrière. Difficile de lui donner tort : quoi de pire qu'une blessure contractée le jour d'une finale de tournoi du Grand Chelem devant 15 000 spectateurs ? Aujourd'hui encore, l'Espagnol n'a toujours pas digéré. "J’avais passé une semaine difficile à cause de ma blessure à la main mais je m’étais préparé pendant des mois en pensant à cet objectif, j’avais tout fait pour arriver dans de bonnes conditions à ce moment dont je rêvais et c’est pour ça que ce qui s’est passé est difficile à vivre mais ça fait partie de la vie des sportifs et il faut l’accepter." Malgré la blessure, Rafa n'a pourtant jamais abdiqué durant cette finale, notamment durant le deuxième set alors qu'il ne pouvait plus servir et se plaignait entre chaque coups. Une force mentale qui lui a permis d'arracher la deuxième manche du match. Un regain de forme qui n'était en fait qu'opportunisme d'après Nadal. "J’ai gagné le troisième set grâce aux erreurs de mon adversaire. Je pense qu’il s’est vu gagner cette finale et est devenu nerveux. Mais à partir du moment où il s’est reconcentré, il n’y avait plus de match. Ça a été la pire heure et demie que j’ai jamais passé sur un court de tennis. Je savais que je n’avais aucune chance de gagner mais je n’ai jamais eu l’intention d’abandonner. J’ai essayé de l’accepter et de faire de mon mieux parce c’était pour moi la seule façon de sortir la tête haute de cette finale et je pense que c’est ce que j’ai fait.""

La tournée sud-américaine menacée ?

Depuis la finale de l'Open d'Australie, Rafael Nadal n'a, de son propre aveux, plus remis les pieds sur un court de tennis. Et ces mêmes pieds n'en peuvent plus d'attendre. "J’ai très envie de rejouer car la meilleure façon d’oublier, c’est de reprendre la compétition. J’essaie de reposer mon dos et de tout faire pour récupérer le plus vite possible." Mais l'heure n'est pas encore à la reprise. Si son porte-parole a assuré, dans un communiqué paru mercredi dernier, que Rafa comptait bien respecter son programme (comprenant Buenos Aires, Rio de Janeiro, Indian Wells et Miami), le Majorquin songe déjà à déclarer forfait pour le tournoi argentin. "J’espère pouvoir rejouer à partir de jeudi et on verra à ce moment-là. Je vais m’entraîner et selon les sensations que j’aurai, et l’avis des médecins, nous déciderons s’il est possible de jouer à Buenos Aires ou si nous devrons attendre le tournoi suivant." Le tournoi suivant en question sera celui de Rio de Janeiro, une semaine seulement après celui de Buenos Aires. S'il venait à renoncer à l'Argentine, Nadal pourrait aussi devoir laisser sa place au Brésil. Si son dos douloureux y est pour beaucoup, il paraît évident que le numéro un mondial souffre encore mentalement de sa débâcle. Mais pas de quoi s'alarmer outre mesure, ce mental étant certainement l'une des plus grandes forces de l'Espagnol. Mais une fois encore, le mystère demeure autour de la durée exacte d'indisponibilité du joueur. En plus de la douleur, Rafael Nadal doit en plus prendre le temps de se remettre d'une défaite que personne n'attendait. Lui le premier.