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A quoi jouent l’ITF et l’ATP ?

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Alors que l’ITF a annoncé une réforme radi­cale de la Coupe Davis pour 2019, l’ATP se prépare aussi à mettre en place une coupe du monde par équipes à partir de 2020 en Australie. La guerre est totale entre les deux instances. L’occasion de faire le point sur une situa­tion critique.

Et si le tennis vivait un tour­nant de son histoire ? Les coulisses actuelles de la petite balle jaune ne se portent pas forcé­ment au mieux. Revenons au lundi 26 février : l’ITF lâchait une véri­table bombe avec sa réforme radi­cale de la Coupe Davis. Le projet vise à la créa­tion d’un événe­ment sur une semaine fin novembre qui regrou­pe­rait 18 équipes sur un terrain neutre. Le projet est soutenu par un groupe d’investissement, Kosmos, qui appor­te­rait 3 milliards de dollars sur 25 ans. Problème, ce plan ressemble forte­ment à celui qu’envisage l’ATP. Chris Kermode, patron de l’ATP, a confirmé que son instance souhai­tait orga­niser une « World Team Cup » à l’horizon 2020. Cette compé­ti­tion se dérou­le­rait la première semaine de janvier sur dix jours et regrou­pe­rait 24 équipes dans trois villes austra­liennes (Perth, Sydney et Brisbane). Une idée soutenue par Tennis Australia, la puis­sante fédé­ra­tion australienne.

ITF et ATP imaginent une compé­ti­tion identique

« Notre objectif est de ramener la Coupe du monde par équipes de l’ATP dans le calen­drier, un projet passion­nant sur lequel nous travaillons depuis plus de 18 mois. Les derniers détails restent à fina­liser » a expliqué Chris Kermode à la BBC. « Nous croyons que nous avons une solide option avec le parte­na­riat de Tennis Australia pour la première semaine de l’année dans le calen­drier. C’est une option qui pertur­be­rait le moins possible la program­ma­tion des joueurs, étant donné que la majo­rité se trouve déjà dans l’hémisphère sud à cette période. » A la diffé­rence du projet de l’ITF – qui détruit tota­le­ment l’essence même de la Coupe Davis et son histoire -, celui de l’ATP présente l’avantage de la date (début janvier), du lieu (en Australie), d’avoir le soutien du conseil des joueurs et d’attribuer des points ATP (le vain­queur de cette « World Team Cup » devrait remporter 1000 points ainsi qu’un prize money).

Jamie Murray : « Une course contre la montre pour savoir qui l’annoncera offi­ciel­le­ment en premier »

Jamie Murray, membre du conseil des joueurs de l’ATP, explique auprès de la BBC qu’il n’y aura pas la place pour deux événe­ments simi­laires : « C’est une course contre la montre pour savoir qui l’annoncera offi­ciel­le­ment en premier. » Assez logique car, si ces deux événe­ments viennent à voir le jour, ils se dérou­le­raient à un peu plus d’un mois d’intervalle (fin novembre pour l’ITF et début janvier pour l’ATP). La fédé­ra­tion inter­na­tio­nale est confrontée à diffé­rents problèmes (sans parler de la mise à mort de l’his­toire de la Coupe Davis), notam­ment l’obtention de deux tiers des votes lors de son assem­blée géné­rale le 15 août prochain à Orlando afin de valider son projet. Et puis la ques­tion de la date suscite bien des inter­ro­ga­tions comme le rappelle Jamie Murray à la BBC : « Est‐ce que cela va fonc­tionner fin novembre, début décembre ? Je ne suis pas sûr que les meilleurs joueurs s’engageront après une saison déjà très longue. »

À qui va profiter cette guerre ?

L’ITF, consciente de ce que prépa­rait l’ATP, a souhaité la prendre de vitesse. Au‐delà des diffi­cultés liées à la date et au vote, elle est aussi confrontée à la fronde de ceux qui réclament que l’histoire de cette compé­ti­tion, la Coupe Davis, soit respectée et non bafouée. Autrement dit, l’ITF pour­rait bien être la victime dans cette guerre. Les deux instances inter­na­tio­nales ont tout intérêt à commu­ni­quer, car elles sont en train de nous livrer une bataille dont la petite balle jaune se serait bien passée. Et surtout, la Coupe Davis se retrouve prise en otage. Une lutte d’in­fluence qui n’a pas fini de faire des dégâts…