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Les Frenchies au tapis

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Pas de finale pour les Français en Thaïlande. Ni Gaël Monfils, face à Donald Young, ni Gilles Simon, face à Andy Murray, n’ont réussi à l’emporter au terme de très belles demi‐finales, ce samedi. Gilou aura bien bous­culé Murray, mais l’Ecossais ne cède pas faci­le­ment. Quant à Gaël, il peut nourrir des regrets, tant il aura mené à plusieurs reprises au cours de la rencontre.

Le bal des occa­sions manquées pour Gaël Monfils, tel pour­rait être le titre de sa demi‐finale. Le premier set en poche, le Français menait d’un break dans la seconde, d’un break dans la troi­sième, puis 5–3 dans le tie‐break final, avant de s’in­cliner fina­le­ment 4–6 7–6[5] 7–6[5). Ce samedi, le Français est tombé sur un os. En la personne de Donald Young.
Auteur d’un match solide au tour précé­dent face à Nieminen, Monfils débute sa demi‐finale sur la même cadence. Appliqué, concentré, il cade­nace la fougue du jeune améri­cain. Le Français fait le jeu et remporte la première manche, 6–4, sans concéder le moindre break. Même topo au début du second set. Plus puis­sant, le numéro deux fran­çais fait la course en tête pour mener 4–2. A ce moment là, Donald Young ne trouve toujours pas la faille et commence à montrer des signes d’éner­ve­ment sur le court.
Mais l’Américain de 22 ans, plus jeune cham­pion du monde junior de l’his­toire du tennis, ne se laisse pas abattre et continue de prati­quer son jeu offensif. Le gaucher frappe plus fort, ses coups sont mieux placés et ses volées sont bien claquées. La stra­tégie est payante puis­qu’il pousse Gaël vers un premier tie break. Avec son coup droit croisé lifté, le petit améri­cain, 1m75, insiste sur le revers du Français qui finit par céder sept points à cinq au jeu décisif.

Avec l’ex­pé­rience, Gaël se remet dans le sens de la marche pour mener 4–1 dans le troi­sième set. On se dit que cette fois, ce sera la bonne. Mais là encore la Monf retombe dans ses travers. Attentiste, il joue trop court et laisse l’Américain recoller au score. La fin de match est hale­tante, les deux joueurs tournés vers l’at­taque se rendent coup pour coup. Impassible depuis le déut du match, Gaël commence à s’ex­primer sur le court. Les coups gagnants fusent, tandis que Young fait preuve d’une super habi­leté au filet. Les deux hommes ne lâchent rien jusqu’au tie break où le Français sera à deux points du match.
Finalement la fougue du gaucher aura raison de l’ex­pé­rience de Gaël qui s’in­cline une nouvelle fois 7–5 au jeu décisif…sur une double faute. Les 13 aces de Monfils sur l’en­semble du matche n’au­ront pas changé la donne. L’Américain est fou de joie, sa déter­mi­na­tion a payé. Après une demi‐finale à Washington, un huitième de finales à l’US Open, Donald Young confirme sa montée en puis­sance et atteint sa première finale sur le circuit ATP.

Pas de miracle pour Simon

Très bien jouer face à Andy Murray ne suffit pas. C’est ce que doit se dire Gilles Simon après sa défaite en trois sets, 6–2, 3–6, 6–2, face à l’Ecossais. Avant la rencontre, le Niçois visait la 12ème finale de sa carrière.
La première manche est une forma­lité pour Andy Murray qui met son jeu en place jusqu’à 2–2, avant de planter Simon sur place. Très à l’aise au service, 80% de réus­site en première balle, le numéro quatre mondial ne fait pas de détails et empoche la première manche. Résultat : 6–2. Un set de retard contre Andy Murray, cela ne va pas être simple.
Gillou le sait mais trouve les ressources pour se remo­bi­liser. Mieux que ça, il breake le Britannique d’en­trée dans la seconde manche pour mener 3–0. En fond de cours, le Français fait désor­mais jeu égal. Le match est intense, la bataille de fond est impres­sion­nante. Au jeu du chat et de la souris, c’est Gillou qui remporte les échanges importants…et le second round. Un service plus perfor­mant, un bon jeu de retour (78% des points remportés sur le second service de Murray) permettent au Français de prendre par deux fois l’en­ga­ge­ment de son adver­saire. Il s’im­pose fina­le­ment 6–3 dans le second set.
Dans l’ul­time manche, les rallyes derrière la ligne de fond conti­nuent. Les spec­ta­teurs en rede­mandent. Droite, gauche, amor­ties, Andy reprend sa marche en avant. Toute la pano­plie de son jeu y passe. Si Gillou résiste un peu, il se fait vite breaker et n’aura par contre, plus aucune balle de break en sa faveur. Le Niçois est moins bien physi­que­ment quand Murray reprend son travail de sape. Chanceux, qui plus est, l’Ecossais touchera plusieurs fois la bande du filet pour laisser mourrir sa balle dans la partie de terrain de Simon.
Dernière révolte. A 5–2 contre lui, Gillou sauvera cinq balles de match. La sixième sera la bonne pour Murray après un très beau duel de près de deux heures. Simon visait une quatrième victoire sur un joueur du top ten cette année après Ferrer, Fish et Monfils, mais c’est Andy Murray qui fait gonfler ses stats en attei­gnant sa deuxième finale en Thaïlande, après celle perdue de 2005. Sa 28ème dans toute sa carrière. Murray n’a connu qu’une seule fois la défaite face au Français…c’était en 2007. Depuis il reste invaincu en huit confron­ta­tions. Le constat est là.