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Djokovic : « Marquer l’Histoire »

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Le tournoi de Cincinnati, qui débute ce soir pour Novak Djokovic, peut faire entrer le Serbe dans la légende de son sport. En quête du neuvième et dernier Masters 1000 qui manque à son palmarès, le numéro un mondial sera une nouvelle fois le joueur à abattre aux États‐Unis. Conscient de l’enjeu, il est revenu en confé­rence de presse sur le contexte parti­cu­lier de cette semaine. Sans oublier d’évo­quer égale­ment deux de ses plus grands rivaux dans la construc­tion de ce « Djoko Slam ».

On connais­sait le « Career Grand Slam » (« Grand Chelem en carrière ») ou bien le « Career Golden Slam » (« Grand Chelem doré en carrière », victoires dans les quatre Majeurs et les Jeux Olympiques, ndlr). Voici main­te­nant venu un nouveau néolo­gisme sur le circuit : le « Career Golden Masters », qui symbo­lise le fait d’avoir remporté tous les Masters Series/1000 dans sa carrière. Et le premier à pouvoir réussir cette perfor­mance n’est autre que le numéro un mondial, Novak Djokovic. De Miami en 2007 à Monte‐Carlo cette année, le Djoker a remporté huit des neufs Masters 1000 que compte le circuit. Seul celui de Cincinnati lui a inexo­ra­ble­ment échappé, après quatre échecs en finale ces cinq dernières années. Cette fois‐ci, Nole ne veut pas laisser passer sa chance et sait qu’il a rendez‐vous avec son destin à Cincinnati. « Le fait que j’ai une oppor­tu­nité incroyable de marquer l’Histoire dans le sport que je pratique et que j’adore est incroyable », a‑t‐il confié dans des propos rapportés par le site de l’ATP. Demi‐finaliste à Montréal la semaine passée, il compte se servir de cette échéance et de cet objectif pour se surpasser dans l’Ohio : « C’est une moti­va­tion supplé­men­taire pour moi de faire du mieux que je peux et d’at­teindre, espérons‐le, les dernières étapes de ce tournoi. Mais c’est une longue semaine et les condi­tions sont bien diffé­rentes de celles que nous avons vécues la semaine dernière. Il faut que je travaille dur à l’en­trai­ne­ment pour être prêt. J’espère que je pourrai tirer le meilleur de ce tournoi. »

Et sa semaine risque de ne pas être de tout repos. Opposé d’en­trée de jeu à Juan Monaco au deuxième tour, il pour­rait rencon­trer les deux Canadiens qui ont brillé chez eux à Montréal : Vasek Pospisil en huitièmes et Milos Raonic (ou Richard Gasquet) en quarts. Avant de faire face à David Ferrer ou Juan Martin Del Potro en demi‐finales. Seul soula­ge­ment, il a évité Rafael Nadal au tirage puisque le Majorquin est placé dans la moitié de tableau opposée. Celui qui l’a battu dans le dernier carré au Québec fait de nouveau figure d’épou­van­tail dans ce tournoi. Le Serbe est revenu sur cette récente défaite et sur son oppo­si­tion face à l’Espagnol sur le circuit. « En regar­dant le match que nous avons joué il y a quelques jours, poursuit‐il, je pense que cela s’est décidé sur un petit nombre de points. Ça n’a pas été diffé­rent des précé­dents matches que l’on a joués ces dernières années. En 2011, j’ai gagné la plupart du temps. Maintenant, c’est lui. C’est un parcours d’une vie. » Un « parcours » semé d’embuches que Djokovic tente de rela­ti­viser et d’ex­pli­quer : « Vous ne pouvez pas toujours gagner des matches. Vous ne pouvez pas toujours être celui qui va l’emporter dans les moments impor­tants. C’est une ques­tion de mental. De confiance aussi. Certaines fois, vous réus­sissez à sortir le coup qui ne passe habi­tuel­le­ment pas ; d’autres fois non. Je suppose que c’est cela qui fait la diffé­rence. »

Pourtant, ques­tion mental, Novak Djokovic en connait un rayon. Au cœur d’une géné­ra­tion marquée par le duel entre Roger Federer et Rafael Nadal, il a su s’im­miscer dans la bataille. Suivi ensuite par Andy Murray… Après Rafa, le Britannique est d’ailleurs l’homme qui est peut‐être le plus redou­table sur la voie du titre à Cincinnati. Battu par deux fois en finale à Cincy (2008 et 11) par le récent vain­queur de Wimbledon, Djoko est conscient qu’il peut égale­ment écrire l’Histoire avec l’Écossais. Mais il reste mesuré. « Ce n’est pas encore la plus grande riva­lité que l’on a en sport. De tous les joueurs en acti­vité, c’est sans aucun doute celle entre Federer et Nadal. Mais Andy et moi avons joué de grands matches. Surtout ces deux ou trois dernières années. Il a gagné certains gros matches, j’en ai gagné d’autres. Donc il est toujours impré­vi­sible de savoir qui prendra le dessus à chaque fois que nous nous jouons. C’est un grand défi pour chacun de nous deux. Espérons que l’on pourra faire pour­suivre cette riva­lité au fil des ans. » Aura‐t‐on droit à un nouveau Djokovic/Murray dimanche prochain à Cincinnati ? Djokovic parviendra‐t‐il à boucler la boucle en Masters 1000 ? Les enjeux et ques­tions sont posés. Au Serbe lui‐même de nous donner les réponses.

La raquette de Novak Djokovic, ici !

A propos de l’auteur

Emile Vaizand

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.