Jo‐Wilfried Tsonga peut sourire : il remporte, à Doha, le huitième titre de sa carrière, en dominant Gaël Monfils, 7–5 6–3, au terme d’une finale bien maitrisée.
« Circulez, ‘y a rien à voir ! » Et oui, brouillard et bruine obligent, dans un premier temps. Jo‐Wilfried Tsonga version top 8, dans un deuxième. Face à Gaël Monfils, le Manceau a, en effet, très bien géré une partie qui s’annonçait délicate. Un vieux pote en face, une météo pas vraiment arrangeante, une première interruption… C’aurait pu être de ces traquenards que les débuts de saison offrent régulièrement. « La surface du court était très glissante, c’était dangereux », confirme, d’ailleurs, Jo, à l’issue de la rencontre. Ajoutant : « Je n’avais pas beaucoup joué avant ce tournoi, donc c’était un peu difficile pour moi. » Mais, « difficile » ou non, ce garçon, désormais, donne l’impression d’être un joueur constant, sûr de ses forces, posé, zen et serein. Dans cette quatrième confrontation avec la Monf’, c’est, pourtant, ce dernier qui prend les devants au coup d’envoi. C’est au moment de servir pour le set qu’il voit Tsonga se réveiller – et Tsonga qui se réveille, c’est un peu comme la charge d’un bison dans les prairies américaines, ça déménage, notamment en coup droit. La suite ? Le numéro six mondial n’est pas six pour rien, il sait gérer et appuyer là où ça fait mal quand ça doit faire mal. Une balle de break dans la deuxième manche et c’est une avance convertie qu’il ne lâchera plus. « Gaël a été incroyable au début, il était partout », explique le vainqueur, avec le recul. « Mais ma tactique a été bonne, j’ai bien joué, je l’ai fait beaucoup courir, se déplacer. Après je suis entré dans le court et j’ai mieux réussi à finir les points. » Au final, ça fait 7–5 6–3, un mental impressionnant au moment de conclure, pas de transcendance, mais des fulgurances franchement intéressantes. Ca fait aussi un huitième titre en carrière, soit un de moins que Gilles Simon et Henri Leconte, et à trois pions de Guy Forget – l’ami Noah reste bien loin.
« Ma tactique a été bonne, j’ai bien joué »
Alors, certes, ce n’est qu’un ATP 250 – et l’on aimerait bien voir nos Frenchies s’aiguiser les crocs sur des tournois plus gros. Certes, Gaël Monfils semble être un peu passé à côté, avec 27 fautes directes, contre 15 coups gagnants seulement (18 fautes directes‐23 coups gagnants pour Jo). Certes, Jo‐Wilfried Tsonga n’a disputé que quatre matches, dont trois contre des gars bien loin du top 50. Mais, pour une reprise, c’en est une idéale. Point trop exigeante sur le plan physique, avec un titre au bout et des retrouvailles en toute tranquillité avec l’adrénaline et la compétition. « Gagner la finale ici, c’est vraiment formidable », confirme l’intéressé. Voilà de quoi envisager ce qui devient un véritable objectif : la cinquième place mondiale, à l’issue de l’Open d’Australie.
Un bel os à rogner – et, mieux, la moelle en prime pour une perf’ à Melbourne ? Affaire à suivre !
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Publié le samedi 7 janvier 2012 à 19:00



