… Un exploit. C’est le big match du jour, à Londres. Aux alentours de 15h00, David Ferrer défie Roger Federer, un joueur qu’il n’a jamais battu. Mais l’Espagnol peut nourrir quelques motifs d’espoir. En jeu : la première place du Groupe B.
« Je reste toujours positif. » « Positif ». Dans la bouche de David Ferrer, ce mot résonne comme une profession de foi. Le marathonien des courts est aussi un travailleur acharné. Un garçon qui adore la sueur et l’effort, la poussière comme le bitume. Qui, à 30 ans passés, montre des crocs toujours plus aiguisés. Parce qu’il est ambitieux, parce qu’il aime son sport, parce qu’il aime le sport. « Positif ». Pour supporter la charge de travail qu’il s’impose, il faut bien qu’il le soit. C’est cet élan qui permet de ne pas céder aux sirènes tentantes de l’indolore abandon. Ce serait trop… facile. Et David n’est pas du genre à se la couler douce, à attendre que la gloire le couronne comme la mère nourrit ses oisillons. Pour preuve : il a préparé cette fin de saison aux côtés d’un ami de son coach, un type qui fait de l’Ironman… « Positif ». A l’approche d’un match face à Roger Federer, cet après‐midi, ces trois syllabes se font les trois motifs du panneton d’une clef. Celle qui pourrait ouvrir, à David, les portes d’une qualification pour les demi‐finales du Masters de Londres. Les portes d’une victoire, une première, face au maître des lieux.
Néanmoins, David Ferrer aura besoin d’un peu plus que le simple optimisme pour y parvenir. La raison en est claire : en 13 confrontations, l’Espagnol n’a jamais réussi à battre Roger Federer. Pis, sur dur, il n’est jamais vraiment arrivé à bousculer son aîné de huit mois, hormis à Cincinnati 2009, où il ne s’était incliné qu’en trois manches, 3–6 6–3 6–4. Pour le reste, c’est six défaites assez sèches sur cette surface. Avec, en moyenne, 2,4 jeux, seulement, inscrits par set. Aïe… Non pas que Ferrer ne possède pas des armes pour troubler l’attaque helvète. Il est du genre tique, qui, lorsqu’elle tient sa proie, ne la lâche plus jusqu’à ce qu’elle se couche, sans énergie. Il relance et relance inlassablement, toujours mobile sur les appuis, avec la certitude que, de son coup droit, peut sortir une frappe‐fusil pour conclure un échange. Mais, face à un gars comme Federer, ce n’est pas suffisant. Il faut se montrer intraitable au service et ne surtout pas laisser passer la moindre opportunité. Y aller crânement, sans hésitations, travailler son revers et faire preuve de patience. Le dos rond lorsqu’il balance coups gagnants sur coups gagnants en sachant qu’il aura un temps un peu plus faible – c’est le cas, désormais, dans grand nombre de ses matches – et qu’il faudra jaillir et le mettre sous pression avec l’âme d’un conquérant et non celle du mec qui désire éviter la fessée.
Il le sait, David Ferrer. Il sait ce qui lui reste à faire. Il sait qu’en cas de victoire associée au succès de Del Potro sur Tipsarevic, il validerait sa place pour la suite de la compétition. Il sait que des hommes comme Andy Roddick, Robin Söderling, Lleyton Hewitt, James Blake ou encore Tommy Haas ont tous réussi à mettre fin à des séries de défaites impressionnantes face à leur bourreau préféré. Il sait que lui, David, surfe sur une sacrée dynamique de victoires, avec des titres à Valence et Bercy et une demi‐finale à l’US Open, tandis que Federer, de son côté, semble un peu moins fringant qu’une année auparavant. Il a connaissance de tous ces éléments. Et c’est aussi pour cette raison qu’il reste… « positif ». « Je joue avec beaucoup de confiance et je crois en mon jeu », conclut‐il. « Je n’ai jamais battu Roger. Je sais que je vais devoir jouer avec une grosse agressivité et, ce, de manière constante. J’aurai, alors, une chance de le battre. Je suis certes un peu fatigué. Mais, quand un joueur gagne beaucoup de matches, il gagne également en confiance. » Confiance. Constance. Opportunisme.
En somme, pour Ferrer : battre le Federer quand il est encore chaud.
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Publié le jeudi 8 novembre 2012 à 13:18


