En conférence de presse à Indian Wells, où il a battu le qualifié Canadien Alexi Galarneau (219e mondial) au premier tour (6−3, 6–4), Gaël Monfils a été interrogé sur la longue disette que traverse la France et les Etats‐Unis en Grand Chelem. Et il a livré une longue réponse.
Q. La France a eu beaucoup de grands joueurs, mais aucun champion du Grand Chelem depuis Yannick Noah. Il en va de même aux États‐Unis. Nous avons eu de grands joueurs, mais aucun champion depuis Roddick. Je me demande si vous pensez que ce n’est pas un critère équitable pour juger des performances d’un pays, et aussi, pourquoi pensez‐vous que le pouvoir semble s’être déplacé vers l’Europe au cours des 20 dernières années ? »
Gaël Monfils : « Oui, je ne pense pas que ce soit équitable. Je peux juste parler un peu de mon expérience sur le circuit. Nous avions trois beautés. Disons trois légendes, pour être juste. Je trouve que Federer, Nadal et Djokovic étaient tout simplement incroyables, ils dominaient le jeu. Ils ne laissaient pas beaucoup de place, et disons que ceux à qui ils laissaient un peu de place étaient trois gars qui étaient vraiment incroyables et qui, pour moi, sont aussi des légendes : Murray (US Open 2012, Wimbledon 2013 et 2016), Wawrinka (Open d’Australie 2014, Roland‐Garros 2015 et US Open 2016), Cilic (US Open 2014), Del Potro (US Open 2009). Ces gars‐là pouvaient ramasser un peu les miettes, si je puis dire. Ensuite, ça a été difficile pour nous. Nous étions juste en dessous, nous ne trouvions pas de solution pour les battre. Nous ne pouvions tout simplement pas être aussi bons que Stan, Andy, Marin et Juan Martin. Eux pouvaient élever leur niveau, s’élever physiquement, s’élever mentalement. Ils étaient juste de meilleurs joueurs. J’ai l’impression que l’Italie attendait depuis longtemps un champion du Grand Chelem, et maintenant ils ont Jannik. Je ne pense pas que le pays ait de l’importance. L’individu a de l’importance. Je pense que vous, aux États‐Unis, vous aurez bientôt une chance, et Fritz n’était pas loin. Il était le dernier, je crois, en finale du Grand Chelem. J’espère qu’en France, nous en aurons bientôt un aussi. Mais ce que je sais, c’est que les grands pays, les pays qui ont un Grand Chelem, espèrent toujours avoir un vainqueur régulier. Cela arrivera peut‐être, mais comme je le dis toujours, vous devez être patients (sourire). »
Publié le jeudi 5 mars 2026 à 08:56



