AccueilATPATP - MarseilleCaujolle : "Ça va être une année intéressante"

Caujolle : « Ça va être une année intéressante »

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Après le titre de Karen Khachanov, Jean‐François Caujolle est venu dresser le bilan de l’édition 2018 de l’Open 13 Provence. Le direc­teur du tournoi marseillais a notam­ment abordé le circuit actuel et s’attend de plus en plus à des surprises. Enfin, il évoque aussi sa succession.

Jean‐François, que pensez‐vous de ce vain­queur, Karen Khachanov ?

C’est un joueur auquel je crois depuis deux ans. Quand je l’ai vu pour la première fois chez Galo Blanco en Espagne, j’avais été réel­le­ment impres­sionné par sa qualité de frappe. En suivant son évolu­tion ces deux dernières années, ça manquait un peu de constance dans les matchs. Il n’était pas assez régu­lier. Il m’a un peu fait penser à Kyrgios il y a deux ans où tout au long de la semaine il a été régu­lier, il a frappé fort. Même quand il loupe la balle de match, il ne doute pas. C’est un joueur qui a un gros poten­tiel et c’est un très beau vainqueur.

Peut‐on dire que c’était une semaine mouvementée ?

La semaine est partie très diffi­ci­le­ment. Il y a eu des ratés, donc des bles­sures, mais c’est l’aléa sportif. Si en tant qu’organisateur on doit se prendre la tête sur l’aléa sportif, on ne dort plus. J’ai décidé de dormir (sourire). On a une finale qui était très inté­res­sante et sans doute la plus belle que l’on pouvait avoir. Le sportif a donc été bon.

Est‐ce qu’elle sauve le tournoi par rapport à la tour­nure qu’il prenait ?

Regardons les tour­nois la même semaine. Il y avait un super tableau à Delray Beach et les demi‐finales se déroulent avec quatre joueurs qui ne sont pas têtes de série. Il y a Tiafoe et Chung, que j’apprécie, mais ce n’est peut‐être pas le cas du grand public. En finale, il y a Gojowczyk qui n’est pas forcé­ment un joueur très charis­ma­tique. Je crois qu’il faut s’attendre à des surprises toutes les semaines. Et sur une semaine, notam­ment avec des tour­nois qui ont des schémas courts comme les ATP 250, 500 voire Masters 1000, il peut arriver n’importe quoi. Sur les Grands Chelems, c’est plus éton­nant et l’Open d’Australie, à ce titre, a été surpre­nant avec des joueurs comme Sandgren, Edmund ou Chung. Mais cela va arriver de plus en plus. Avec le cham­bou­le­ment de la hiérar­chie, on rebat les cartes. Ça va être une année inté­res­sante et moi je me régale quand il y a des choses comme ça. J’ai énor­mé­ment apprécié que Krajinovic soit en finale à Bercy. J’ai regardé alors que s’il y avait eu d’autres joueurs, cela n’aurait pas été le cas. J’apprécie que ces jeunes joueurs appa­raissent et le circuit est fort grâce à ça. Federer et Nadal font l’histoire du tennis et cela va bien au‐delà. 

Comment s’est passé le soir de l’abandon de Stan Wawrinka ?

J’avais de la tris­tesse pour lui et pas pour le tournoi. Je le connais bien depuis quelques années et on a une très bonne rela­tion. J’étais peiné pour la personne. C’était diffi­cile car j’avais un garçon en face de moi qui était terri­ble­ment affecté.

Et le moment où il rend sa garantie ?

C’est d’homme à homme. On a décidé ensemble de donner une partie à des asso­cia­tions (55 000€). Stan en a choisi quelques unes et nous on le fait avec le dépar­te­ment. Personne n’était obligé de le faire.

Dans les colonnes de La Provence, vous expli­quiez réflé­chir à votre succes­sion avec un joueur fran­çais bien connu…

Je ne veux pas que le tournoi ne tourne qu’autour de moi, il y a des équipes derrière. À un moment donné, il faut voir des nouvelles têtes et des gens qui apportent du sang neuf. Depuis très long­temps, j’ai une rela­tion très amicale avec Jo (Tsonga). On a commencé à faire des choses ensemble et dans la période d’après‐tennis, il peut être quelqu’un qui va s’in­té­grer à notre struc­ture. Il y a aussi Sébastien Grosjean, qui est Marseillais et un ami très proche. Je dois me servir de ces ressources, de ce dyna­misme et intel­lec­tuel­le­ment c’est agréable d’avoir des gens plus jeunes qui arrivent avec des idées. Ça me paraît naturel d’y penser.

De votre envoyé spécial à Marseille