AccueilATPATP - MarseilleWawrinka : "Le plus dur pour moi est d’accepter où j’en sui"

Wawrinka : « Le plus dur pour moi est d’accepter où j’en sui »

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Revenu à la compé­ti­tion à l’Open d’Australie après avoir été opéré du genou, Stan Wawrinka enchaîne trois semaines de compé­ti­tion : Sofia, Rotterdam et l’Open 13 Provence. A la veille de son entrée en lice, le Vaudois s’est longue­ment confié sur son état de forme.

Stan, comment allez‐vous ?

Ça avance à son rythme. J’ai réen­chaîné deux tour­nois de suite pour la première fois avec le troi­sième cette semaine. Après l’opération que j’ai eue cela prend énor­mé­ment de temps. Il y a beau­coup de choses qu’il faut remettre en place. Je suis encore loin du niveau que j’aimerais atteindre physi­que­ment ou tennis­ti­que­ment. Il y a encore énor­mé­ment de travail et il faudra prendre le temps néces­saire pour le faire. J’en suis conscient et je suis prêt. Je suis déjà très content de rejouer en compé­ti­tion comme cela a été le cas à Sofia, Rotterdam et main­te­nant ici, à Marseille. Quand je viens jouer un tournoi, c’est pour aller le plus loin possible. À Sofia, c’était la première fois que j’enchaînais trois matchs de suite et je voyais que mon corps n’était plus habitué. Plus je vais en jouer et mieux ça ira.

Où ressentez‐vous des améliorations ?

Au niveau du genou, des dépla­ce­ments, de la poussée et de la douleur, tout a monté d’un cran. Dès le premier jour de mon retour de Melbourne, j’ai commencé à reprendre la condi­tion physique pendant plus de dix jours. J’ai plus de force et moins de douleurs. Je commence à mieux ressentir le jeu, à retrouver des repères et des réflexes. Je ne suis pas encore où j’aimerais être, mais c’était prévu depuis le début. Je savais que ça pren­drait du temps. Malheureusement, il n’y a pas de recette miracle pour gagner du temps. Il n’y a pas seule­ment l’entraînement qui compte, il y a aussi les matchs, les réflexes ou les chan­ge­ments de direc­tion et il faut pouvoir les inté­grer dans le processus de rééducation. 

Ressentez‐vous une certaine frustration ?

En fait, le plus dur pour moi est d’accepter où j’en suis. Quand je me retrouve sur un match comme à Rotterdam où je vois clai­re­ment que je suis loin de ce que j’aimerais faire, c’est très diffi­cile menta­le­ment. On n’a pas envie de se retrouver comme ça sur un terrain. J’essaie de faire le meilleur programme possible pour voir l’évolution. Je rejoue en compé­ti­tion parce que je sais que, dans un bon jour, je peux battre des très bons joueurs comme ce fut le cas à Sofia face à Troicki. Je sais que ça continue à évoluer et je me bats chaque jour pour que ça s’améliore.

Les joueurs sont souvent habi­tués à jouer avec des douleurs, mais comment l’avez‐vous vécu ? Était‐ce plus dur ?

On est tous obligé de jouer avec des douleurs assez élevées. Ces dernières années j’ai eu des grosses douleurs, notam­ment ma bles­sure qui a duré plus de neuf mois. Maintenant, ça n’a rien à voir quand on revient d’une opéra­tion car on part un peu à zéro. J’ai fait huit semaines avec des béquilles, donc j’avais perdu ma muscu­la­ture. La douleur n’est plus vrai­ment le problème mais c’est plus d’avoir ce frein à main à ne pas pouvoir faire plus et prendre le temps de tout remettre en place. C’est ça le plus dur.

Avez‐vous fixé votre programmation ?

Elle est fixée jusqu’à demain (lire ce jeudi) et on verra petit à petit (rire). J’y vais tran­quille­ment, j’ai mis une base de program­ma­tion, donc Indian Wells – Miami, mais je me laisse le choix de changer beau­coup de choses.

Revenir à Marseille était un choix logique dans votre calendrier ?

Nous avons discuté entre Roland Garros et Wimbledon. J’avais prévu de faire Rotterdam – Marseille en février. L’année dernière j’avais dû me retirer à cause de mes problèmes au genou après l’Open d’Australie. Je suis double­ment content d’être ici, par rapport à mon genou et au fait que j’étais absent ici l’année dernière. J’ai une très bonne entente avec Jean‐François (Caujolle) et il a toujours été très correct dans notre rela­tion. J’étais très déçu de mes deux dernières appa­ri­tions ici par rapport à mes attentes et à ce que j’espérais. À chaque fois que je suis venu, j’ai fait ce que je pouvais et le maximum pour remporter ces matchs. Il y a des semaines où la décep­tion est plus impor­tante et cela avait été le cas ici.

De votre envoyé spécial à Marseille