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Gasquet à l’expérience

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Richard Gasquet a battu Benoît Paire au premier tour, à Monte‐Carlo. Une victoire 6–1 3–6 6–1, dans un match irré­gu­lier, au niveau de jeu moyen. Gasquet affron­tera Kevin Anderson, Jerzy Janowicz ou Marin Cilic pour une place en huitièmes de finale.

« Du physique et du mental, c’est encore ce qui me manque pour me rappro­cher des meilleurs. » Oui, Benoît. Et de la constance. Face à Richard Gasquet, Benoît Paire avait la place. La place de battre le premier top 10 de sa carrière ; la place de glaner quelques précieux points pour rentrer dans le top 30. Mais le jeune trico­lore a encore une fois brillé par son irré­gu­la­rité. Face à un Richard Gasquet qui n’a jamais paniqué, ça ne pouvait pas passer – et, pour­tant, le Biterrois n’a pas évolué à son meilleur niveau. Mais voilà… L’un est top 10, l’autre non. L’un se devait de l’emporter, l’autre n’a pas semblé croire jusqu’au bout à une victoire possible.

Dans le premier set, cette diffé­rence se fait clai­re­ment sentir. Paire accu­mule les erreurs, à l’ouest tant dans son tennis que dans sa tête. Sans impli­ca­tion, il traîne sa grande carcasse, bras ballants, comme un boulet sur le court. Gasquet, lui, semble affûté et prêt à faire parler la poudre. Le dépla­ce­ment est précis, les passings saillants et les coups, s’ils pour­raient être plus tran­chants, montrent sa supé­rio­rité. Mais la suite est loin d’être aussi simple. Richard se décon­centre et son jeu se délite – à l’image de son pour­cen­tage de premières balles en chute libre -, quand Benoît se décom­plexe. Opportuniste, le plus jeune des deux prend l’avan­tage dans la deuxième manche, s’ap­puyant sur un revers à deux mains effi­cace pour devancer son vis‐à‐vis. On en est étonné, tant le neuvième joueur mondial semblait tenir la situa­tion en main. Mais voilà. L’inconstance du père Ben’ frappe à nouveau. Benoît Paire concède son service d’en­trée de troi­sième set. Derrière, c’est terminé. Gasquet tient le choc sans briller et conclut, non sans commettre deux doubles fautes sur balles de match, 6–1 3–6 6–1.

Il y a huit ans, Richard Gasquet battait au culot, à la rage et à l’in­so­lence Roger Federer, numéro un mondial, son aîné. Huit ans plus tard, c’est à son tour d’en­dosser le costume du vieux, voyant les plus jeunes émerger. La compa­raison s’ar­rête là… Mais le Biterrois montre la séré­nité d’un joueur d’ex­pé­rience jusque dans l’ad­ver­sité. Le coup droit n’a pas été excellent, le revers n’a pas eu plus que ça l’oc­ca­sion de s’ex­primer, le service s’est un peu enrayé. Pourtant, la victoire est au rendez‐vous. Une victoire sur terre battue, dans le théâtre de ses premières grandes émotions, avec une cheville qui a tenu la route. Et un deuxième tour face à Marin Cilic, Jerzy Janowicz ou Kevin Anderson qui se profile. Oui, c’est dans ce type de matches pièges, au niveau médiocre, qu’il faut savoir être un chouïa meilleur que son adver­saire physi­que­ment et menta­le­ment. Et avoir un peu plus envie. Allez, Benoît, toute leçon est bonne à apprendre !

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