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Monfils : « Longtemps que je ne me suis pas aussi bien senti »

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Solide vain­queur de Grigor Dimitrov en quarts de finale à Monte Carlo, Gaël Monfils s’est dit très satis­fait de son match en confé­rence de presse. Qualifié pour le dernier carré, il jouera sa place en finale demain face à Tomas Berdych et se projette d’ores et déjà sur ce choc. Interview.

Vous avez parcouru moins de mètres sur le court que votre adver­saire aujourd’hui. D’habitude avec vous, c’est plutôt l’in­verse. Ça vous surprend ?
Je crois que c’est parce que j’ai fait quelque chose de diffé­rent aujourd’hui. J’ai joué plus long. Aujourd’hui, je voulais le faire courir beau­coup, lui faire faire un maximum de droite‐gauches. Je voulais dicter le jeu avec mon coup droit, le déplacer sur le court, de droite à gauche et d’avant en arrière. Le plan était de jouer très long, très haut et très lourd pour lui faire comprendre : « Grigor, je veux que tu restes au fond ». Et ça, je trouve que je l’ai très bien fait. Tout cela m’a permis de dicter les points.

C’était presque un match trop facile ?
Je ne dirais pas ça. J’ai été très solide c’est vrai. Le score ne le montre pas, mais le match a été diffi­cile. C’était même loin d’être simple. Je me sens même fatigué là, preuve que j’ai mis beau­coup d’in­ten­sité durant toute la rencontre. 

Vous nous avez pour­tant donné l’im­pres­sion que rien ne pouvait arriver aujourd’hui…
Ce que je voulais faire, c’était jouer un vrai bon match de terre battue. Je voulais rester bien derrière et envoyer des grosses frappes, bien lourdes et bien hautes. 

Pouvez‐vous nous parler un peu de l’ap­port de votre coach, après ces trois mois de travail avec lui ?
Il m’aide tacti­que­ment. J’arrive bien à comprendre les messages qu’il veut me faire passer sur mes adver­saires. Il a ses propres idées sur les choses, mais on peut aussi échanger. Je veux dire, un joueur a parfois une diffé­rente opinion de celle de son coach sur un adver­saire. Et c’est ça qui est bien avec lui, on peut vrai­ment échanger sur nos diffé­rents points de vue. Par exemple, s’il me donne une tactique qui ne me convient pas, je peux lui dire librement. 

Vous dit‐il des choses vrai­ment précises ?
Oui. Il réflé­chit vrai­ment pour me donner la bonne tactique, le bon moyen de préparer mes points. (…) Il a vrai­ment une sorte de base de données sur chaque joueur. Il peut par exemple vous dire que sur les balles de break, tel joueur va servir 85% du temps sur telle zone. Je sais qu’il possède un logi­ciel vidéo très perfor­mant qui lui permet de connaitre tout cela. Et je peux vous dire qu’à chaque fois qu’il me dit quelque chose pendant un match, je le prends en compte et j’y réflé­chis. Bien sûr, il n’a pas toujours raison. Mais il a tout de même très souvent raison. 

Qu’est‐ce que cela vous fait d’at­teindre les demi‐finales ?
Je suis juste très content. Je suis aussi un peu surpris parce que ce n’est pas une période où je joue mon meilleur tennis d’ha­bi­tude. Mais je suis juste content. J’espère que demain je serai prêt physi­que­ment car je sens que je suis un peu fatigué là. Mais ça devrait aller.

Pourquoi êtes‐vous surpris de jouer si bien dès maintenant ?
Je trouve que je joue vrai­ment bien en ce moment. Mais j’ai aussi bien commencé l’année. En fait, ça se construit petit à petit. Il y a d’abord eu Montpellier, puis Rotterdam, puis Marseille, puis un bon match de Coupe Davis, puis Miami. A chaque tournoi, j’ai progressé. Ici, ça a bizar­re­ment commencé parce que je m’étais fait mal à la hanche. J’ai donc dû travailler diffé­rem­ment. Mais à l’en­traî­ne­ment, je sentais vrai­ment bien la balle. Ce qui est très impor­tant pour mon jeu, c’est d’être capable de bien bouger. Si je joue bien, cela veut dire que je bouge bien. 

Venons‐en à Tomas Berdych, votre prochain adversaire…
Je dois trouver la bonne tactique pour le neutra­liser parce qu’il me pose vrai­ment de gros problèmes. Je n’ar­rive jamais à le contrôler. Je fais confiance à mon coach pour cela. On doit trouver quelque chose, une solu­tion. A Miami, malgré ma défaite, je me suis senti un peu plus à l’aise contre lui. Il y avait déjà du mieux. J’espère main­te­nant que je vais bien jouer demain. En tout cas, je peux vous dire que ça fait long­temps que je ne me suis pas si bien senti, menta­le­ment aussi. 

Vous l’avez pour­tant battu, à Roland Garros il y a 2 ans !
Oui, c’est la seule fois. Et aussi incroyable que ça puisse paraître, je n’ar­rive pas à trouver la moindre vidéo de ce match sur le net. Je suis super étonné. C’est embê­tant parce que je n’ai pas de souve­nirs précis de ce match. C’est pour ça que je veux trouver une vidéo… Je me souviens juste que j’avais bien servi et qu’à 3–3 ou 4–4 dans le 5e set, il y avait eu 0–40 et j’avais réussi à m’en sortir.

De votre envoyée spéciale à Monte Carlo

A propos de l’auteur

Pauline Dahlem

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.