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Papy fait de la résistance !

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A Montpellier, dans l’éton­ne­ment général, Marc Gicquel a fait boire le calice jusqu’à la lie à Gilles Simon. Au deuxième tour, le vétéran de 37 ans crée la surprise en élimi­nant Gilou en deux sets, 7–6[4] 6–3. Une très belle perfor­mance pour un joueur qui se disait sur la fin. Un baroud d’hon­neur en somme.

Quelle surprise ! Gicquel se défait de la tête de série numéro deux de l’Open Sud de France et numéro 20 mondial. Face à un Simon en quête de confiance avant la tournée améri­caine, Marc crée la première sensa­tion du tournoi. Pour l’une de ses dernières années sur le circuit, le Breton s’offre, avec cette victoire, un petit bonheur comme un chocolat avec son café. Lui qui avait déclaré sur notre site en début d’année : « Je recon­nais que je pense de plus en plus la retraite, je vais quand même avoir 37 ans. Du coup, je vais alléger un peu mon calen­drier en dispu­tant presque exclu­si­ve­ment des tour­nois fran­çais. Après, si je fais une excellent début d’année, je pour­rais toujours rajouter quelques semaines de compé­ti­tion. Mais menta­le­ment, je commence vrai­ment à fati­guer. L’objectif pour moi est clair : partir dans le même état d’es­prit qu’en 2013, donner le maximum et prendre du plaisir sur le terrain. » Et avec une victoire comme celle‐ci, c’est sûr que du plaisir il a dû en prendre.

La surprise de ce début de tournoi !

Après être sorti des quali­fi­ca­tions et avoir battu un spécia­liste de l’in­door en la personne de Michael Llodra, Gicquel prouve qu’il a encore le niveau pour jouer les trouble‐fêtes sur le circuit ATP. Tout n’est pas rose cepen­dant, avec une entame de match qui n’est pas une partie de plaisir pour Marc, carac­té­risé par un break d’en­trée. Mais depuis toutes ces années, le Marco on le connaît, c’est un diesel ! Il refait peu à peu surface pour parvenir à débreaker et s’of­frir un tiebreak, qu’il rempor­tera. Ça y’est la machine est lancée ou plutôt c’est la machine Simon qui n’est pas réglé comme une horloge. Ainsi dans le deuxième set, les échanges s’ins­tallent au fond du cours dans le style carac­té­ris­tique de Gilles Simon. Cependant le Breton tient et, surtout, met à mal la défense de son adver­saire. Mieux, Gicquel est réaliste, il concré­tise deux balles de break en cinq oppor­tu­nités. Une par set. Ça suffit ! Le glas a sonné pour Simon qui s’offre une nouvelle désillu­sion. Gicquel continu son chemin, avec le plaisir comme crédo et l’in­sou­ciance d’un joueur qui n’a rien à perdre.

Opportunisme et régularité…

Une énorme perfor­mance pour Marc. C’est, en effet, sa première victoire sur un top 20 depuis 2009 et un succès contre un certain… Richard Gasquet. Qui sait, c’est peut‐être l’heure de Marco… à nouveau ! Il affronte, au prochain tour, un vétéran comme lui, Jarkko Nieminen. Jouable, mais certai­ne­ment pas facile : le Français ne l’a jamais battu en quatre confron­ta­tions. Gicquel s’offre un joli baroud d’hon­neur avec ce tournoi. Il peut désor­mais viser mieux, actuel­le­ment 127ème mondial… Le doux parfum du top 100 vient en effet effleurer ses narines, puis­qu’il devrait se rappro­cher des 110. Avec, en tête, la possi­bi­lité d’une place dans le tableau final à Roland Garros ? Quoi qu’il en soit, les diri­geants de Quimper ont eu du flair, ce tournoi Challenger a affiché en guest de leur affiche… Marc Gicquel. Avant de rentrer sur ses terres tel un messie en terre promise, Marco s’offre un quart de finale et, à son âge, c’est une vraie cure de jouvence.

A propos de l’auteur

Martin Casamatta

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.