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Shapovalov affole Montréal

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Adrian Mannarino n’a rien pu faire face à la fougue de Denis Shapovalov. Pourtant auteur d’un premier set moyen où il a accu­mulé les fautes directs, le Canadien ne s’est pas écroulé, bien au contraire. Il a pris la mesure de son adver­saire pour s’im­poser en trois manches 2–6, 6–3, 6–4 devant un stade en délire. Il devient ainsi le plus jeune joueur a atteindre le dernier carré d’un Masters 1000. Bluffant.

Denis Shapovalov. Beaucoup ne connais­saient pas ce jeune joueur avant cette semaine cana­dienne. En 2017, il a surtout fait parler de lui en Coupe Davis lors­qu’il avait, de rage, envoyé (invo­lon­tai­re­ment) une balle dans l’œil de l’ar­bitre lors de son match face à la Grande‐Bretagne de Kyle Edmund. Disqualifié, le joueur de 18 ans s’était tout de suite excusé pour son geste d’hu­meur. Depuis, il a remporté deux tour­nois chal­lenger au Canada avant d’ob­tenir une wild‐card pour le Masters 1000 de Montréal. En grande diffi­culté face à Rogerio Dutra Silva au premier tour, il a dû sauver quatre balles de matchs avant de fina­le­ment s’en sortir. La suite est tout simple­ment impres­sion­nante. Libéré par ce renver­se­ment de situa­tion, le natif de Tel Aviv a ensuite inscrit sur son tableau de chasse l’an­cien vain­queur de l’US Open, Juan Martin Del Potro et la légende Rafael Nadal. 

Victoire de pres­tige sur Nadal

Il arri­vait en quarts de finale face à un adver­saire moins connu et surtout moins titré, le Français Adrien Mannarino. Il ne fallait cepen­dant pas sous‐estimer le 42ème mondial qui venait de sortir le dixième mondial Milos Raonic. Après un début de partie manqué où il enchaîne les fautes gros­sières, Shapovalov se rassure en rempor­tant son premier jeu de service à 4–0. Il évite une bulle et donne de l’es­poir aux très nombreux spec­ta­teurs présents dans le stade. Le premier set perdu, la Canadien peut passer à autre chose et continue à déve­lopper un tennis offensif où il prend énor­mé­ment de risque sur la longueur de ses balles. Le gaucher sait que c’est en atta­quant qu’il ira cher­cher sa première demi‐finale dans un tel événe­ment. Son service s’amé­liore et il remporte la seconde manche sur sa seule occa­sion de break. Le public se fait entendre et la confiance a changé de camp. Le Tricolore ne prend aucun risque et cette passi­vité va lui faire défaut. Il essaye cepen­dant de trouver des bonnes zones afin de faire courir le local mais ce n’est pas suffi­sant. Malgré une volée assez faible, le 143ème mondial tente, ose et ça marche. Il peut lever les bras au ciel et savourer. Il est en train de réaliser un rêve sur « son » tournoi dans « son » pays.

Plus jeune demi‐finaliste de Masters 1000

Qui va donc bien pouvoir arrêter l’au­dace et la fougue de Denis Shapovalov ? Peut‐être un joueur à peine plus vieux que lui et qui est déjà huitième mondial. Car à seule­ment 20 ans, Alexander Zverev est en train de gravir les éche­lons à une allure folle. Déjà vain­queur de son premier Masters 1000 cette année à Rome, l’Allemand arrive lancé comme un boulet de canon, lui qui vient de remporter l’ATP 500 de Washington et qui dispu­tera sa septième demi‐finale de l’année. La marche semble trop haute pour le jeune cana­dien qui devra faire face à un joueur meilleur que lui dans tous les compar­ti­ments du jeu. Mais l’im­por­tant est peut‐être ailleurs pour Denis qui vient de se faire connaître du grand public et surtout de donner de l’es­poir à tout un pays qui pense tenir la future relève du tennis mondial. Shapovalov ne dira sûre­ment pas que Sascha Zverev est son idole, mais il pourra sans aucun doute s’en servir d’exemple…

A propos de l’auteur

Thomas S

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.