Andy Roddick l’a affirmé, plus que les autres tournois du Grand Chelem, c’est Wimbledon qu’il veut gagner. Quadruple vainqueur au Queen’s, il espérait sans doute faire du tournoi londonien un tremplin avant le Grand Chelem sur herbe. Mais Dudi Sela l’a dominé 6–4 7–6, infligeant à l’Américain une défaite qui interroge quant aux capacités d’A‐Rod de réaliser son rêve à Wimbledon.
Est‐ce trop tard pour Andy Roddick ? L’ancien numéro un est parvenu en finale de Wimbledon 2009, perdant 16–14 au cinquième set d’un match exceptionnel où il a plus que jamais frôlé le succès sur sa bête noire Federer. Cette année, l’Américain a été l’homme du mois de mars, à Indian Wells et surtout Miami, avant sa traditionnelle « pause » sur terre battue. C’est donc relativement frais que Roddick arrivait au Queen’s. Après une victoire sans appel sur Kunitsyn, le n°7 a affiché ses limites face à Dudi Sela, et sort la visière basse, pour la première fois si tôt dans le tournoi depuis une défaite en 2001 au premier tour face à Youzhny.
Une prestation en dedans pour l’Américain. Pas très efficace en retour, inconstant au service, commettant des fautes inhabituelles, Roddick n’était pas au mieux sur le central. Ses montées au filet sur slices de revers ou coups droits croisés manquaient de tranchant pour désarçonner un Dudi Sela très alerte en fond de court, dont le tennis audacieux, la vélocité et la finesse tactique ont eu raison du jeu par trop stéréotypé de Roddick. L’Américain a bien eu quelques balles de set pour revenir à une manche partout, mais Sela a montré suffisamment de volonté pour tirer parti des lacunes de son adversaire, qu’il envoyait au vestiaire sur une belle volée plongeante en réponse à un passing de Roddick. Défaite 6–4 7–6 sans appel pour l’Américain face à un joueur certes huitième de finaliste du dernier Wimbledon, mais qu’un bon Roddick aurait dû dominer.
Certes, la qualité d’une saison de gazon repose encore plus que les autres surfaces sur les résultats obtenus à Wimbledon, mais le tournoi du Queen’s avait toujours été bien maîtrisé par Roddick et cette défaite prématurée fait tâche. A‑Rod aurait sans doute remporté Wimbledon si un Roger Federer toujours au top sur herbe ne lui avait pas barré la route, mais il semble de plus en plus plausible que l’Américain ait abattu sa dernière cartouche l’an dernier. Cette année, il a de fortes chances de tomber sur le Suisse ou sur un Nadal en grande confiance, et malgré toute sa bonne volonté, il lui sera difficile d’accéder au firmament du gazon. Il doit retrouver cette légèreté qui, alliée à sa puissance de feu naturelle, lui avait permis de côtoyer les cieux britanniques en 2009, faute de quoi même une finale à Wimbledon semble difficile.
Publié le jeudi 10 juin 2010 à 18:37



